Anne Benichou

  • Depuis les années 60, les oeuvres en forme de musées fictifs, de collections et d'archives se multiplient. Les artistes sélectionnent, inventorient, classent, des matériaux déjà constitués. De nombreuses expositions sont régulièrement consacrées à cet art de la collection et de l'archive. Ce livre s'attache à saisir ce que ces oeuvres "font" aux institutions qui les appréhendent. Porteuses d'un imaginaire institutionnel, elles réactivent des formes hétérodoxes de préservation et de diffusion de l'art que les artistes ont inventé dès le XIXe siècle.

  • Le terme reenactment désigne les phénomènes de recréation, de reconstitution, de reprise et d'autres formes de réactivation vivante d'oeuvres performatives du passé, d'événements historiques ou de pratiques culturelles. Son usage s'est récemment étendu aux objets technologiques et médiatiques. Il englobe désormais des phénomènes issus du théâtre, de la danse, des arts visuels, de l'histoire vivante, des expositions muséales, du cinéma, de la télévision, des jeux vidéo, des mondes virtuels, etc. Cette diversité indique l'émergence de nouvelles sensibilités historiques, de relations autres avec le passé. Elle oblige à adopter des approches interdisciplinaires et intermédiales. Comment comprendre les relations entre le reenactment, les médias, les technologies, les archives et les institutions ? De quelle manière aborder le corps qui refait, traversé d'affects et de mémoires kinesthésiques, aux prises avec ces appareils ? Selon quelles modalités les jeux de l'immersion et de la distanciation, de l'assujettissement et de l'agentivité opèrent-ils dans le reenactment en régime intermédial ? Ce sont ces questions que les auteurs explorent pour relever le défi de dire et faire ce qu'est refaire.

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