Catherine Valenti

  • Avant de devenir un homme de lettres, il était un homme qui voulait se battre.

    Si on connaît Romain Gary comme l'un des plus grands écrivains du XXe siècle, on ignore souvent le rôle important qu'il a joué pendant la Seconde Guerre mondiale. Incorporé dans l'armée de l'air en 1938, Gary se distingue par sa bravoure. En Angleterre, il intègre les Forces aériennes françaises libres pour combattre l'ennemi nazi. Le 25 janvier 1944, il réussit à bombarder des rampes de lancement de V1 allemands au sud de Saint-Omer, et bien que blessé, parvient à ramener son équipage sain et sauf. Ce fait d'armes lui vaut de recevoir le titre de Compagnon de la Libération.

  • L'homme du 17 juin.

    Lorsque le jeune sous-lieutenant Pierre Messmer entend à la radio que le maréchal Pétain a demandé l'armistice aux Allemands, il n'en revient pas. Pour lui, c'est inadmissible, on ne peut pas cesser le combat. L'armistice s'apparente à une trahison. Il ne voit qu'une seule solution : désobéir, car désobéir à un traitre, c'est son devoir de Français. Avec Jean Simon, soldat comme lui, celui qui deviendra ministre des Armées, puis Premier Ministre, prend la route de l'Angleterre, prêt à livrer le combat de sa vie à l'invitation de De Gaulle : celui de la résistance.

  • La pratique de l'avortement s'est très largement répandue au XIXe siècle, en rapport avec les profondes mutations sociales et matérielles de la nouvelle civilisation industrielle. La généralisation des moyens mécaniques a complété voire supplanté les vieilles potions herbacées et les remèdes plus ou moins inefficaces issus de l'Antiquité. Cependant les ressorts moraux viennent justifier la répression : crime contre Dieu, l'avortement devient également et avant tout, de la fin du XIXe siècle jusqu'à 1945, un crime antinational et antipatriotique qui enlève de nouveaux citoyens et de nouveaux soldats à une communauté angoissée par son atonie démographique et par le dynamisme de la natalité allemande. La revendication du droit à l'avortement va néanmoins se faire entendre. D'abord par la reconnaissance thérapeutique, en 1852. Défendu ensuite dans une perspective révolutionnaire par les neo-malthusiens de la Belle Époque, le droit des femmes a disposer de leur corps finit par s'imposer au début des années 1970, entraînant avec lui un débat passionné qui ne cessera pas avec le vote de la loi Veil.

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