Daniel Guerin

  • Un des pionniers en France de l'anticolonialisme militant, Daniel Guérin, s'est associé, depuis plus de trente ans, aux luttes libératrices du Maghreb et de l'Algérie en particulier. Il a combattu la dissolution de l'Etoile Nord Africaine en 1937, puis du M.T.L.D. à la fin de 1954. Il a salué, un des premiers, le message de Frantz Fanon, et il a été un des initiateurs du Manifeste des « 121 » contre la guerre d'Algérie. Au cours d'un récent voyage à travers la jeune République indépendante, il vient d'étudier une révolution qui se cherche et notamment l'autogestion, expérience de socialisme à la base. Avec un brio d'écrivain, il la défend à la fois contre ses détracteurs réactionnaires et les immixtions bureaucratiques, tout en prônant un soutien critique à Ben Bella garant de l'autogestion en même temps que champion de l'unité africaine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Publié en 1953, le livre de Daniel Guérin est un réquisitoire contre le colonialisme en Algérie, Tunisie et Maroc (Afrique du Nord de manière générale). Parce qu'il "croit que, pour décider les hommes à changer le monde, il faut d'abord les faire avoir pitié [...] et qu'il faut, aussi, et surtout, tenter de comprendre, afin de pouvoir attaquer le mal à sa racine", Daniel Guérin démontre que l'Afrique du Nord "éveille notre pitié, parce qu'elle est courbée sous le joug d'une des féodalités agraires les plus dures et les plus impitoyables que l'histoire ait connues".

  • Journaliste et écrivain engagé, Daniel Guérin a emprunté son titre à Proudhon, voulant marquer de la sorte qu'une même force vitale anime cet essai d'autobiographie tout à la fois politique et érotique. De savoureux et audacieux contrepoints font alterner dans Le feu du sang petite et grande histoire : à soixante-treize ans, Daniel Guérin demeure l'infatigable pourfendeur de toutes les oppressions. Amours bissexuelles, tragédies ou bonheurs de sa vie d'homme et de militant, se suivent à un rythme fulgurant. L'éternel adolescent rebelle entraîne son lecteur à travers la France défaite, la Norvège sous la botte, l'Occupation et la Libération, cette dernière à la fois belle et laide. Puis c'est un long périple à travers les États-Unis de l'après-guerre, aussi attachants que monstrueux. Viennent enfin la guerre froide, la folie coréenne, la chasse aux sorcières ; retracées ici par un esprit libre qui résiste à toutes les hystéries. Communiste libertaire - ainsi se définit-il aujourd'hui -, Daniel Guérin termine son livre sur une déclaration de tendresse à la jeunesse.

  • Politique et Sociétés célèbre en 2017 ses 35 ans d'existence. D'abord parue sous l'appellation Politique en 1982, puis devenue Revue québécoise de science politique en 1993, la fondation de la revue constitue une étape cruciale dans le développement et la consolidation de la science politique québécoise. C'est dans les années 1970 que les départements de science politique (francophones) essaiment dans la province et que les premières générations de chercheurs, de chercheuses, de professeurs et de professeures développent une appartenance disciplinaire qui s'ancre dans la société québécoise. Comme le mentionne le premier directeur de la revue Denis Monière, dans sa présentation du premier numéro, celle-ci répond à des besoins spécifiques : la volonté de créer un espace pour permettre aux politologues québécois de publier leurs travaux en français (une préoccupation toujours d'actualité) ; diffuser la recherche auprès des collègues francophones et des étudiants afin de créer une communauté académique ; engager un dialogue avec les acteurs sociaux et politiques de la société québécoise et ancrer la recherche universitaire dans son temps. Elle se veut donc au départ un outil de diffusion des connaissances et de débat académique pluraliste et accessible permettant de suivre l'évolution de la science politique, ou « un reflet de la science politique telle qu'elle se développe au Québec » (Monière 1982, 6).

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