Jaco Van Dormael

  • Scénario, storyboard, continuité dialoguée, roman ? Mr Nobody est un peu tout cela à la fois. C'est en vérité le premier livre de Jaco Van Dormael, l'histoire du film qu'il a tourné en langue anglaise avec une distribution internationale brillante. Cinéaste de Toto le héros et du Huitième jour, Jaco Van Dormael est, avec les frères Dardenne, le cinéaste de son pays, la Belgique, le plus reconnu dans le monde. On se souvient du succès de Toto et du triomphe du Huitième jour qui valut à ses deux acteurs, Daniel Auteuil et Pascal Duquenne, un double prix d'interprétation au festival de Cannes.
    Mr Nobody reprend les thèmes les plus récurrents de l'oeuvre de Jaco Van Dormael.
    Nemo Nobody, né en 1972, est persuadé d'avoir toujours trente-six ans alors qu'il se réveille sous les traits d'un vieil homme, et que nous sommes en février 2092. À cent vingt ans, Mr Nobody est à la fois l'homme le plus vieux du monde et le dernier mortel d'une humanité nouvelle où plus personne ne meurt. Cela n'a pas l'air de l'intéresser beaucoup, ni même de le troubler. La seule question qui le taraude et l'obsède aujourd'hui est de savoir s'il a vécu la vie qui était la bonne, aimé la femme qu'il devait aimer, eu les enfants qu'il devait avoir. Et pas les autres, toutes les autres vies, toutes les autres femmes possibles.
    Petit garçon, il doit choisir sur un quai de gare dans quelle direction partir, les bras de sa mère ou ceux de son père. À l'instant fatidique ceux-ci se séparent, Nemo Nobody ne connaît toujours pas la bonne réponse. Dès lors toute son histoire et toute l'histoire du film de Jaco Van Dormael repose sur cette indécision terriblement romanesque.
    On suivra Nemo Nobody dans toutes ses aventures, vécues ou rêvées, réelles ou fantasmées, pour découvrir dans les dernières pages et les dernières images une petite fille au bord d'un étang qu'il n'a jamais cessé d'aimer.

  • « Par Horus, demeure ! » Le souvenir de la Grande Pyramide hante à nouveau Mortimer. Ses cauchemars commencent le jour où il étudie d'étranges radiations qui s'échappent du Palais de Justice de Bruxelles : un puissant champ magnétique provoque des aurores boréales, des pannes dans les circuits électroniques et d'épouvantables cauchemars chez ceux qui y sont exposés. La ville est aussitôt évacuée par l'armée et enceinte d'un haut mur.

    Mortimer vit depuis lors une retraite morose à Londres, et Blake a gravi les échelons de l'armée où il occupe d'importantes fonctions. Avec le temps, les deux amis d'hier ne se voient plus guère. Jusqu'au jour où Blake vient retrouver Mortimer. Dans la zone interdite, malgré le confinement de l'édifice dans une cage de Faraday, le rayonnement a soudain repris, menaçant d'effacer le contenu de tous les ordinateurs sur terre, y compris les données des banques et de la bourse.

    Pour venir à bout du rayonnement, l'armée a conçu un plan qui met en péril l'avenir du monde. Pour Blake et Mortimer, malgré leurs vieilles querelles, malgré leur âge, il va s'agir de repartir à l'aventure, vers une Bruxelles abandonnée pour tenter encore une fois de sauver le monde. Et s'apercevoir que la zone interdite n'est pas si abandonnée que cela.

    Ce qu'ils trouveront là est en lien avec leur aventure passée, celle qui les avait menés au temps de leur jeunesse, vers les mystères de la Grande Pyramide.

    Dans Le Dernier Pharaon, les Belges François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux mêlent leurs talents respectifs dans le plus grand respect pour la série originelle. Un album fidèle, mais à la fois très personnel, qui prend ses sources au coeur même des aventures de Blake et Mortimer. Un hors-série d'exception !

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