Jean-Sebastien Bordas

  • Fernand Tormes a dû fuir Paris. La capitale recélait tellement de jolies filles, soufflait tant d'idées révolutionnaires, et goûtait tellement la frivolité, qu'il fréquenta à grand peine la fac de médecine, mais souvent couru les nuits parisiennes. Malheureusement pour lui, la femme qui le faisait rêver était mariée, et le mari, jaloux. Dans la bagarre, le mari fit une mauvaise chute, alors Fernand prit peur et rejoignit ses copains communistes sur un quai de gare, pour un train en partance vers l'Espagne en pleine guerre civile...
    À peine arrivé sur les lignes républicaines, le jeune homme confronte son romantisme à la réalité. Ayant un peu exagéré sa formation médicale au moment de l'inscription dans les Brigades Internationales, le voici affecté au service ambulancier avec Pauline, qui y est infirmière. Mais Fernand supporte mal de voir arriver les brancards de loin, en se demandant à chaque fois lequel de ses copains s'y trouve allongé et dans quel état. Il demande alors sa mutation dans l'infanterie...

  • Fernand Tormes est un jeune paysan provençal élevé seul par sa mère. De ses escapades marseillaises, Fernand a appris les codes de la rue, mais c'est aussi en gardant les chèvres qu'il a forgé sa personnalité. Grand lecteur, il s'est bâti une culture d'autodidacte, montre un caractère indépendant et solitaire. Un peu rêveur, sérieusement velléitaire, il monte à Paris pour y poursuivre des études de médecine chèrement réclamées. Il y découvre les filles, les fêtes étudiantines, la France du Front populaire, la crise, la montée pressante du nazisme. Le voisin ibérique est mis à mal et toute une partie de la gauche française vit la guerre civile espagnole de façon très violente ou passionnelle. Fernand se lasse de ses échecs amoureux ; et si, lui aussi, s'engageait dans les Brigades internationales.

  • Le récit croisé d'un naufrage et d'un chef d'oeuvre de la peinture romantique.
    1816, les royalistes viennent de chasser du pouvoir les héritiers de la révolution et de l'Empire. Le commandement de La Méduse est confié à un noble qui n'a pas navigué depuis 25 ans. Incompétence, suffisance, indiscipline se conjuguent pour conduire le navire tout neuf à sa perte. Le 2 juillet, la frégate s'échoue sur un haut fond aux larges du Sénégal. Les canots étant en nombre insuffisants, 170 passagers prennent place sur un radeau de fortune abandonné à la dérive. Lorsqu'il est retrouvé deux semaines plus tard, il ne reste plus que 17 survivants !
    La révélation dans la presse du naufrage et des horreurs commises sur le radeau va frapper l'opinion publique. Géricault s'empare du sujet et y voit l'occasion de faire exploser les carcans classiques de la peinture. Toutefois, la réalisation du tableau se révélera dantesque et manquera d'engloutir l'artiste corps et âme.

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