Khal Torabully

  • Prix du Livre Insulaire 2000, catégorie Poésie
    De l'île Maurice, nous vient, par-delà deux océans, la Mer ténébreuse qu'un jour franchirent Colomb et sa meute puis l'océan Indien et son indicible bléuité, la première poésie de la Créolité. Certes, il y avait eu les délicieux petits poèmes de Patrick Chamoiseau dans Antan d'enfance et surtout l'étonnant Babil du Songer d'Ernest Pépin mais rien qui atteigne la souveraine précision des textes de Khal Torabully. Khal pénètre au coeur des distilleries, dans les allées des plantations, flâne au gré des marchés odorants d'épices pour tenter de découvrir derrière le subtil du rhum, par-delà l'enivrement du clou de girofle ou du bâton de cacao, ce qui fait l'empreinte même, l'empreinte indélébile de notre être-au-monde, de notre existence créole née d'un vaste chahut de toutes les cultures de la terre.
    Il n'est pas non plus indifférent que Khal soit « Coolie » et qu'il assume cette dénomination tentant même d'élaborer une pensée de soi, ce qu'il appelle la coolitude. La Coolitude vient, aux côtés de la Négritude, de la Békénitude,? apporter son indispensable pierre à l'édifice que nous sommes tous en train de construire depuis des siècles : la créolité. Par la force de la créolisation, nos pères ont réussi à devenir des hommes, des hommes vrais, c'est-à-dire des Créoles, et c'est cette force secrète-là que chante si bellement la poésie de Khal Torabully.

  • "Le dialogue impossible et pourtant poignant dit le lien ininterrompu entre ceux qui tombent sous des balles assassines et leurs proches laissés sans voix sous le poids de l'innommable". Ce livre né de la tragédie ivoirienne, dit les crimes de sang impardonnables d'un continent. Le poète du Divers rappelant la rencontre des imaginaires des Indes, des Europes, du monde arabo-musulman et des Afriques, pose ici un acte de foi dans la nécessité de continuer le nomadisme des civilisations.

  • L'Ombre rouge des gazelles s'inspire des faits du drame algérien et l'élargit en méditation universelle sur la foi, l'horreur et la beauté. Construit comme un conte lancinant, ce recueil de textes poétiques est un itinéraire vers l'espoir. Les images les plus simples prennent peu à peu l'épaisseur des voies de force, de sortie. Et si la fragile gazelle, symbole de la liberté dans la pure tradition littéraire arabe, représentait, en fait, le peu de beauté à retrouver au fond de soi, pour éloigner le mauvais oeil du Meurtre ? « Je ne connais chute plus brutale que l'oubli »

  • Ce cahier de voyage poétique est un recueil d'images et de sensations que l'île de Cuba a inspiré au poète Khal Torabully. Il y a découvert un peuple attachant, digne, oscillant entre le rêve brisé et le désarroi d'un réveil au monde...La révolution, après tout, n'était-elle pas la masse de rêves d'un peuple entier, dont les yeux aujourd'hui s'égarent à espérer un nouveau miracle ?

  • Khal Torabully nous revient avec son dernier recueil Arbres et Anabase, un clin d'oeil au texte de Saint-John Perse. Le poète réinvente l'histoire dans le nom d'une plante, autour d'un tronc, d'un fruit, dans l'art d'une cueillette. Les arbres initient une « marche vers le haut ». Ils impriment des marques, des traces de pas, des murmures, une histoire à imaginer avec les frissons de leurs noms... Le poète se laisse guider en « flaireur de signes, de semences », en « suiveur de pistes, de saisons », de « langues et d'histoires au flanc des paysages insulaires ».

    C'est en Guadeloupe, après une visite au Lamentin en 1999, que Khal Torabully, inspiré par l'imaginaire du lieu, a voulu redonner aux végétaux, autant porteurs de sens que porteurs de mondes, leur substance nomade. Il nous invite à explorer une autre facette de notre relation mosaïque avec l'univers qui nous entoure.

  • Dédié au peuple haïtien et à ses écrivains qui sont nombreux (Marie-Célie Agnant, Jacques-Stephen Alexis, Louis-Philippe Dalembert, Georges Anglade, René Depestre, Frankétienne, Dany Laferrière, Jean Métellus, Émile Ollivier, Lyonel Trouillot, Gary Victor...), ce livre témoigne aussi de leur parole vivace, de l'île-fleur, de la parole-jardin, de l'oeuvre d'un peuple à hauteur d'homme. Avec les mots de Khal Torabully, Lélio Brun, André Robèr, Alain Mabanckou, José Le Moigne, Ernest Pepin, Jean-Luc Maxence, Colette Nys-Mazure, Nicole Barrière, Gaëlle Josse, Catherine Boudet, Philippe Tancelin, Eric Dubois, Patricia Laranco, Saint-John Kauss, et de nombreux autres poètes de par le monde, ce livre évoque les secondes de la tragédie, les heures et les jours de l'angoisse, les interstices de l'espoir...

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