Sebastien Fevry

  • Chaque période historique, même la plus tragique, peut engendrer sa repartie comique. Au cinéma, des films comme Charlot soldat, Le Mur de l'Atlantique ou La vie est belle témoignent de la licence dont dispose le genre comique pour détourner les grands événements du passé. Voici mise en perspective la tension entre le comique et l'Histoire, notamment dans les films burlesques de la Grande Guerre, les comédies françaises de la Résistance, les satires du Vietnam ou les comédies de la Shoah.

  • Les films apocalyptiques soulèvent les questions des fins dernières. Cet imaginaire apocalyptique est ici étudié par des chercheurs de diverses provenances (spécialistes de l'expression artistique et théologiens), offrant une approche plurielle et critique, à la mesure de la richesse et des enjeux de ce type de cinéma. L'oeuvre de réalisateurs marquants (Tarkovski, Herzog, Kieslowski) est entre autres abordée.

  • Le terme reenactment désigne les phénomènes de recréation, de reconstitution, de reprise et d'autres formes de réactivation vivante d'oeuvres performatives du passé, d'événements historiques ou de pratiques culturelles. Son usage s'est récemment étendu aux objets technologiques et médiatiques. Il englobe désormais des phénomènes issus du théâtre, de la danse, des arts visuels, de l'histoire vivante, des expositions muséales, du cinéma, de la télévision, des jeux vidéo, des mondes virtuels, etc. Cette diversité indique l'émergence de nouvelles sensibilités historiques, de relations autres avec le passé. Elle oblige à adopter des approches interdisciplinaires et intermédiales. Comment comprendre les relations entre le reenactment, les médias, les technologies, les archives et les institutions ? De quelle manière aborder le corps qui refait, traversé d'affects et de mémoires kinesthésiques, aux prises avec ces appareils ? Selon quelles modalités les jeux de l'immersion et de la distanciation, de l'assujettissement et de l'agentivité opèrent-ils dans le reenactment en régime intermédial ? Ce sont ces questions que les auteurs explorent pour relever le défi de dire et faire ce qu'est refaire.

  • Depuis plus de 20 ans maintenant, l'intermédialité transforme la façon de penser les textes, tous médias confondus. Elle a provoqué de nouvelles synergies entre les disciplines, induit de nouveaux partages et emprunts méthodologiques, et permis d'établir de nouvelles lignes de démarcation entre les cultures universitaires. Pour souligner ses 15 ans, la revue Intermédialités propose « Cartographier (l'intermédialité) », un numéro qui fait le point sur les différentes conceptions que l'on se fait de l'intermédialité à l'international. Comment l'intermédialité permet-elle de distinguer les cultures universitaires ? Est-il possible d'unifier les conceptions que l'on se fait de l'intermédialité à partir des disciplines où elle apparaît plus ou moins incidemment (comme dans les études littéraires, les études théâtrales, les cultural studies, etc.) ? Ou sont-ce plutôt la langue et la tradition de recherche nationale qui sont déterminantes pour l'unité des conceptions que l'on se fait de l'intermédialité ? Quels sont les concepts communs que les domaines d'études émergents - en particulier celui de l'écologie des médias - doivent à l'intermédialité ?

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