FeniXX réédition numérique (Elsevier Masson)

  • Près de dix ans après son émergence, la crise de la dette internationale n'en finit pas de déterminer le devenir latino-américain. Contrainte de transférer aux banques internationales une trop lourde fraction de ses richesses, l'Amérique latine s'est trouvée brutalement confinée au chaos économique et financier. La récession a gagné le continent, l'inflation s'est enracinée et l'insécurité, désormais, règne en maître. Cette décennie de régression sociale et économique a pourtant laissé une véritable révolution de la pensée voir le jour. Traditionnellement protectionniste et repliée sur elle-même, l'Amérique latine a décidé de se libéraliser et de s'ouvrir au monde extérieur, consciente que la sortie de crise passe par une intégration plus poussée dans la sphère internationale. Un rôle de tout premier plan échoit à la communauté des créanciers si la crise de la dette internationale doit être surmontée. Alors que le système bancaire occidental s'est largement prémuni contre le risque de défaut de paiement, un effacement substantiel des obligations de paiement du continent latino-américain s'impose comme le point de passage obligé en vue du redressement économique de la région. Si l'idée n'est plus guère aujourd'hui contestée, son application traîne en longueur. L'équivoque et le flou qui prédominent entretiennent dans les pays endettés une incertitude chronique éminemment nuisible à leur développement. À l'heure où les bouleversements en Europe de l'Est conduisent la communauté internationale à en appeler à une solidarité renouvelée, il serait souhaitable que l'Amérique latine ne soit pas la laissée-pour-compte du remodelage en cours de l'espace mondial.

  • L'importance et le rôle que peuvent jouer les grands pays asiatiques dans les enjeux stratégiques sont souvent sous-estimés. Pourtant, le Japon a le troisième budget militaire de la planète. La Chine, dont la modernisation technologique s'accompagne d'un essor des ventes d'armes sophistiquées, a repris sa liberté stratégique en normalisant successivement ses relations avec les États-Unis et l'Union soviétique. La péninsule coréenne est plus densément armée que toute autre région du monde. Ces trois foyers stratégiques s'imposent de plus en plus sur le plan international. Cet ouvragé a saisi l'occasion de la négociation globale sur les FNI - nos « euromissiles » - pour aborder l'engagement nouveau des grands pays d'Extrême-Orient dans le débat stratégique. C'est en effet à l'occasion de cette négociation pour le désarmement que l'Asie a imposé l'existence de ses points de vue dans un accord global : jusque-là, parfois consultée par Washington, toujours ignorée par Moscou, elle n'avait jamais vraiment eu voix directe au chapitre. Le fil de l'affaire des euromissiles est donc l'occasion de révéler les préoccupations stratégiques des grands acteurs extrême-orientaux : Japon, Chine et Corée. Les implications d'un accord FNI servent de révélateur aux arrière-pensées nationales et parfois, comme au Japon, coïncident avec un aggiornamento de plus en plus net du débat de défense. Ouvrage de référence indispensable pour suivre tous les aspects asiatiques de l'affaire des euromissiles pendant une décennie jusqu'en 1987, Le désarmement nucléaire en Asie permet aussi de comprendre la façon dont les grands pays d'Extrême-Orient réagissent au climat global de détente et de désescalade des armements.

empty