FeniXX réédition numérique (Har/Po)

  • À coups de « Lettre d'avertissement aux évêques de France », d'« Adresse aux laïcards enfumés », de « Lettre de rappel aux fondus du pacifisme », de « Mandat d'amener aux maffiosi de la sous-culture », de « Lettre de raison droite aux gens de gauche », de « Billet de congé aux droites parlementaires », de « Lettre Française aux philométèques francophobes ». Jean-Marie Paupert fait entendre les cris d'une intelligence en colère. Voici un livre étonnant, possédant à la fois les qualités de réflexion démonstrative de l'essai et les vertus agressives et provocatrices du pamphlet, avec des réussites admirables de drôlerie et de férocité. Voici un texte qui a des aînés, et des meilleurs : Joseph de Maistre, pour ses fureurs paradoxales et son intransigeant humanisme : Léon Bloy, pour la violence de ses attaques. Ici, l'injure fleurit dans des apostrophes d'une audace singulière et nécessaire, des portraits satiriques dont la méchanceté n'est pas vaine, dont la férocité est finesse, dont la virulence même est le fruit d'une conscience outragée. Jean-Marie Paupert passe en revue notre époque agitée et incertaine, en abordant nombre de questions cruciales, générales ou ponctuelles : Hitler, Greenpeace, le pacifisme, l'euthanasie, l'Église de France à haut risque schismatique, Barbie, la démocratie, l'avortement, Le Pen et le nationalisme, la terreur médiatique, le totalitarisme et la dictature, Harlem Désir, le racisme et la xénophobie... La langue de Jean-Marie Paupert est de celles qu'on lit rarement aujourd'hui : inventive et nourrie aux plus anciennes comme aux meilleures sources, truculente et jouisseuse, ample et fine, elle a tiré de Rabelais une gouaille rajeunie et de nos grands classiques, l'emploi légitimiste d'une langue Française précise et logique. Elle sert admirablement son propos : celui de la pensée tout court et de la liberté de l'esprit, contre les vagues credo et leurs mois discours. Que l'on accepte ou pas ses valeurs, réactionnaires à souhait, il faut en convenir : ce que Jean-Marie Paupert prend à partie, avec une justesse souvent écrasante, ce sont les pensées conformistes et figées de tous bords.

  • En lisant Les Jeux de l'orgueil, on est plus que jamais convaincu que la littérature érotique n'existe pas. Il y a tout simplement de la littérature qui, parfois, nous offre de somptueux moments d'érotisme. Le roman de Claude Sadut (un pseudonyme, évidemment), renouvelle avec intensité et raffinement l'argument classique de la servitude consentie. Thérèse C., belle jeune femme des années trente et de la meilleure société et Pierre F., son amant, montent une troublante supercherie : Thérèse se fait engager par Philippe de B., un ami de Pierre, sur sa recommandation, comme femme de chambre dans un château lointainement provincial. Elle deviendra Marie, restera-t-elle Thérèse ? Car c'est bien là l'enjeu extrême qui se dévoile pour elle peu à peu. Entre le récit de Marie et les lettres de Thérèse à son amant, se dessine une réalité qui dépasse le jeu entrepris, où se révèle le chaos magique de l'être qui s'interroge au plus profond de lui-même. Un livre de trouble qui explore les sources secrètes du plaisir, dans un style à l'élégance raffinée ; un des classiques de l'érotisme moderne, paru en 1968 aux Éditions L'Or du Temps de Régine Deforges, et devenu introuvable.

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