Hachette Littératures

  • Riad Sattouf a passé 15 jours en immersion complète dans un des meilleurs collèges de France. Comme lui signale le proviseur le jour de son arrivée : «Ce n'est pas le genre d'établissement où vous entendrez "Nique ta mère !"». Raté. Complètement intégré par les élèves de la classe de 3ème B, Riad Sattouf a tout vu, tout entendu, et il en est ressorti avec une conviction : les adolescents des quartiers chics sont loin d'être des enfants sages...

    Retour au collège est une plongée aussi drôle que réaliste dans l'intimité des adolescents d'aujourd'hui.

    C'est aussi l'occasion pour Riad Sattouf, qui s'est rendu célèbre pour ses personnages de frustrés sexuels (Le Manuel du puceau, Les Pauvres Aventures de Jérémie), de retourner sur le lieu de ses traumatismes, avec l'espoir, cette fois, d'être regardé par les filles.

  • Ces « je me souviens » ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d'un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine d'être mémorisées, elle ne méritaient pas de faire partie de l'Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d'Etat, des alpinistes et des monstres sacrés.

    Il arrive pourtant qu'elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu'on les a cherchées, un soir, entre amis ; c'était une chose qu'on avait apprise à l'école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de la porter, un geste, ou quelque chose d'encore plus mince, d'inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie.
    G. P.

  • La France, pays de manifs et de contestation, a un savoir-faire inégalé dans le domaine du maintien de l´ordre. Emeutes 2005, fronde anti-CPE 2006, comment le pouvoir a-t-il fait face à ces événements majeurs ? Comment l´Etat use-t-il du monopole de la violence qui lui est accordé ? Comment gérer une violence sociale elle-même plus ou moins acceptée, plus ou moins reconnue ? Comment ne pas provoquer un désordre plus grand quand le droit de manifester est inscrit dans la Constitution ? Quels sont les choix politiques qui vont conduire les forces de l´ordre soit à « encadrer », soit à « repousser », soit à interpeller les contestataires, selon les lieux, les époques, les effets souhaités ? Car, c´est ce que révèle ce livre : derrière chaque coup de matraque se niche une consigne, un ordre, une doctrine. Le maintien de l´ordre, savoir-faire de la police française et instrument politique : c´est tout l´enjeu de cette enquête, qui revient sur plusieurs moments forts de ces dernières années où le pouvoir fut sérieusement contesté et en dévoile les coulisses. C´est aussi, en creux, le portrait d´un certain... Nicolas Sarkozy, qui avait justement fait des forces mobiles d´intervention le pivot de toute sa pensée policière. Fruit de plus d´un an de travail, cette enquête donne la parole à des dizaines de témoins, côté ordre et côté désordres. Du casseur aux plus grands patrons actuels de la Police, du syndicaliste au responsable des RG, des organisateurs de manifestations sauvages à Claude Guéant, l´intime lieutenant du nouveau président de la République.

  • Jusqu'à ce fameux samedi, il ne s'était jamais rien passé d'extraordinaire à Joigny-les-Deux-Bouts, petite bourgade tranquille en fin de ligne du RER. Yéva, minijupe à ras et verbe haut, rêvait toujours d'une vie ailleurs. Jacquot, son mari chômeur, creusait une fosse dans le canapé à force de jeux télévisés. Leur fils Yeznig, déficient mental, recomptait ses dents après chaque repas. Son frère Tanièl, renvoyé du lycée pour avoir abîmé le conseiller d'orientation, peaufinait sa technique pour serrer les blondes. Le jeune Ali, Marseillais au gros nez, essayait de se fondre dans le décor. Et Magalie, la blonde du lycée, suivait à la lettre les conseils de son magazine préféré pour rendre crazy tous les mecs. Bref, la routine pour ces habitués qui, un matin, découvrent le patron de « leur » bar, baignant dans son sang. Un drame ? Pas pour les gens du Balto. Avec ce roman choral, Faïza Guène dévoile de nouvelles facettes de son talent, réussissant à se glisser avec autant d'aisance dans la peau de tous ses personnages. Humour, justesse du trait, Les Gens du Balto confirme que cette jeune romancière n'est pas devenue une figure des lettres par hasard.

  • Peut-on changer de vie sans y laisser sa peau ? Tel est le dilemme de Fight Club.
    Comment gagner en puissance et en joie sans détruire les autres ou le monde ? s'interrogeait Spinoza. Telle est la quête des X-Men. Et si un malin génie nous trompait, si rien n'était réel ? demandait Descartes. C'est l'hypothèse de Matrix. Faut-il craindre la passion ou y plonger corps et âmeoe American Beauty nous éclaire sur le coup de foudre. Ollivier Pourriol propose un voyage à bord de ces films cultes pour explorer les plus belles questions de la philosophie.
    Clair et pédagogique, Cinéphilo se promène entre images et concepts pour nous rendre sensible la philosophie. A partir du débat entre Descartes et Spinoza sur la liberté, c'est toute l'histoire de la philosophie qui prend vie, accessible et passionnante, sous les traits de Brad Pitt, Tom Cruise. Emmanuelle Béart ou Keanu Reeves. Le cinéma peut-il aider la philosophie à tenir ses promesses d'universalitéoe La pensée de masse peut-elle introduire à la pensée tout courtoe C'est le pari de ce livre.
    Grâce aux films, nous faire sentir et expérimenter les idées éternelles...

  • Qu'est-ce qu'être un homme aujourd'hui ? Comment les pères, les fils, les amants, les conjoints se représentent-ils la virilité, l'autorité ou les rapports entre les sexes ? Le monde change et bombarde les hommes de questions auxquelles il leur est souvent difficile de répondre. D'autres s'en chargent pour eux et nous prédisent l'apocalypse : la confusion des genres et la féminisation des mâles seraient sur le point de provoquer l'effondrement du monde occidental ! Dans une société organisée autour de la suprématie des hommes sur les femmes, l'égalité fait peur. Au point, parfois, de provoquer un désir violent de retour en arrière, au temps où les hommes pouvaient exiger et exister sans se poser de questions. Et si nous étions, tout simplement, en train d'avancer ? Si ce malaise qui bouscule les hommes dans leur vie intime était un signe encourageant d'évolution vers une société plus apte à l'échange entre les sexes ? En comprenant comment se construisent les hommes, leurs forces et leurs fragilités, les peurs inconscientes dont ils doivent se libérer, on peut entrevoir déjà l'esquisse de cette société nouvelle, fondée non plus sur les relations de pouvoir entre les hommes et les femmes, mais plutôt sur l'harmonisation des sexes, sur la différence des individus, et sur l'intimité partagée. Rien d'apocalyptique, bien au contraire ! Serge Hefez est psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couple et de famille. Il est également responsable de l'unité de thérapie familiale du service de Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il est l'auteur chez Hachette Littératures de La Danse du couple, avec Danièle Laufer, et de Quand la famille s'emmêle.

  • Qui sont vraiment les altermondialistes ? Des exaltés ? Des révolutionnaires ? Des rêveurs ? Les prochains dirigeants de la planète ? Que se passe-t-il exactement lors de leurs forums mondiaux type Porto Alegre ? Succession de fêtes ou réunions à n'en plus finir ? Ambiance peace and love ou ambiance symposium de chercheurs ? À toutes ces questions et à bien d'autres, Un autre monde est possible va répondre, car cette bande dessinée est le premier grand reportage au coeur du mouvement altermondialiste. Pierre et François (qui se mettent en scène dans le livre) sont partis avec la délégation d'Attac ...l'association à l'origine du mouvement altermondialiste, suivre le forum mondial de 2005 qui, cette année, ne s'est pas tenu à Porto Alegre au Brésil mais à Caracas au Venezuela. Nos deux reporters vont être plongés au coeur du mouvement anticapitaliste avec ses mythologies (la délégation cubaine est acclamée), ses stars (Bernard Cassen, Olivier Besancenot), ses contradictions (tout le monde est logé au Hilton), ses réunions (interminables et incompréhensibles car chacun s'exprime dans sa langue sans système de traduction simultanée) et son folklore (défilés, distributions de cartables aux Vénézuéliens), etc... À la fois lucide et empathique, ce reportage illustré nous fait pénétrer dans les coulisses du dernier grand mouvement politique moderne.

  • Hugo est un homo, il a 20 ans, il habite encore chez ses parents, et il s'ennuie.
    Tout change lorsqu'il débarque à paris où son cousin manu, pilier de la nuit gay, l'accueille dans son studio du marais. drague aux terrasses des cafés, saunas, backrooms, fêtes privées... le petit provincial timide et romantique va-t-il se laisser emporter par la folie du quartier ? le héros de dans la peau d'un jeune homo a grandi. hier, il nous faisait vivre son coming out. aujourd'hui, il nous ouvre les portes du " paradis " homosexuel.

  • Best-seller au Japon, cet essai a le grand mérite de penser - et non de juger - le phénomène Otaku. Les Otakus, ce sont ces jeunes fans de manga, de jeux vidéos ou de dessins animés, ne vivant qu'entre eux et que pour ces produits culturels dont ils ne cessent de créer et de consommer des dérivés: figurines, fanzines, romans tirés d'un dessin animé, dessins animés tirés d'une figurine, etc. Le phénomène, en perpétuelle croissance depuis les années 1980, représente aujourd'hui un marché colossal, et s'étend à l'étranger via le succès mondial du manga. Pourtant, ces adolescents en rupture ont toujours été considérés comme des autistes et personne, jusqu'à Hiroki Azuma, n'avait osé étudier sérieusement leurs oeuvres phares et leurs façons de les consommer. Son ouvrage révèle la troublante adéquation entre culture Otaku et postmodernité. Perte des repères, fin des grands récits, brouillage de la frontière entre auteur et consommateur, entre l'original et sa copie : la culture Otaku est la première culture postmoderne. La réduire au Japon serait donc une erreur, car elle a déjà commencé à séduire les jeunesses du monde.

  • Au coeur du mois d'août 2008, la guerre entre la Russie et la Géorgie projette Mikheil Saakachvili, jeune président de quarante et un ans, au coeur de l'actualité mondiale.L'ennemi public numéro 1 de la Russie s'explique enfin sur sa vie, ses projets, ses rêves et la crise internationale actuelle. Pourquoi a-t-il choisi la confrontation avec la superpuissance russe en attaquant l'Ossétie du Sud? Est-il tombé dans un piège ou n'a-t-il fait que stopper une invasion en cours? Est-il comme le prétend le Kremlin un agent de l'Occident? Que veut-il réellement pour son peuple? Se considère-t-il toujours comme un révolutionnaire? Et qui est vraiment Vladimir Poutine? À toutes ces questions, et à beaucoup d'autres, Mikheil Saakachvili répond sans détour: révélations sur le déroulement de la guerre d'août 2008, clarifications sur ses liens avec Israël, George Bush, George Soros et la CIA, retour sur ses premiers démêlés avec le KGB lorsqu'il était étudiant à Kiev et Tbilissi, décryptage de la Révolution des roses, récit ému et drôle de ses années en France et aux États-Unis. «Pour vous l'Occident est un mot vague. Pour moi, il a toujours eu ce parfum de liberté qui donne sens à une vie», déclare Saakachvili. C'est un homme pétri de nos valeurs et de nos traditions qui s'exprime ici, avec une liberté de ton rarissime chez un chef d'État en exercice.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La première moitié du XIXe siècle voit Paris accéder au rang de capitale de l´art lyrique : compositeurs et chanteurs étrangers affluent vers les grandes scènes de l´Opéra et du Théâtre italien.
    Des tragédies lyriques aux grands drames italiens, des oeuvres de circonstance aux désopilantes parodies de grands opéras, cette vie quotidienne nous fait côtoyer Rossini et Berlioz, le castrat Crescentini et la Malibran.
    Les grands triomphes de la scène et les petites anecdotes des coulisses ; l´émotion du public aux soirs de « premières » et l´organisation méthodique de la « claque » ; les vrais fanatiques de musique italienne et les faux opéras de propagande politique : autant de versants - authentiques et factices - de la vie musicale à ses heures de gloire dans une société élégante que ses divertissements conduisent des Tuileries à l´Opéra et du boulevard des Italiens aux salons aristocratiques.

  • Ce livre est une contribution à l'histoire du rêve en politique. Avant l'invention du 1er mai, seul le calendrier religieux scandait la vie des croyants à travers le monde ; avec le 1er mai, la classe ouvrière célèbre une fête laïque le même jour partout dans le monde ! En s'appuyant sur de nombreuses archives, images et témoignages, Danielle Tartakowsky nous introduit dans l'imaginaire politique construit depuis la fin du XIXe siècle. C'est en effet lors du centenaire de la Révolution française que les organisations ouvrières de vingt-deux pays se réunissent en congrès à Paris pendant l'Exposition universelle. Elles décident d'organiser une grande manifestation internationale, à date fixe et dans tous les pays pour s'affirmer ensemble contre les pouvoirs et obtenir la diminution du temps de travail. Danielle Tartakowsky nous livre l'histoire de ce jour de congé, de ses significations changeantes et imbriquées. Elle montre, par un retour à la chronologie, que le 1er mai a d'abord été un mythe avant d'être une date disputée par les pouvoirs politiques dans l'Europe des années 1930 : les régimes autoritaires s'en emparent et en modifient le sens ; après 1945, c'est une des rares dates à être célébrée à l'Est comme à l'Ouest de l'Europe et devient le symbole d'une adhésion commune à une forme d'État-providence. Plus récemment, ses valeurs ont de nouveau été disputées entre les manifestations des extrêmes droites européennes et des altermondialistes, tous deux contestant le libéralisme. Les cortèges se succèdent, le 1er mai demeure, tout en se transformant profondément. À travers l'analyse de cette journée de mobilisation, c'est toute une histoire politique de la France et de différents États dans le monde qui nous est donnée à comprendre.

  • La semaine, le père de Basile est un ado attardé. Le week-end, un père attentionné. Trouve-t-il son bonheur dans cet équilibre instable, entre virées en boîte et anniversaires déguisés ? Serait-il prêt à repartir dans une vie de couple ? Il faudra qu'il y réfléchisse. Mais pour l'heure, il doit aller chercher Basile à l'école, trouver une baby-sitter et passer chercher Mathilde, une jolie mère célibataire qu' il a invitée à dîner ?

  • L'immigration est devenue en France un objet essentiel de controverse politique. Cet ouvrage, dirigé par Benjamin Stora et Émile Temime, rassemble les contributions de quatorze des meilleurs spécialistes des questions migratoires. Il présente l'état de la recherche aujourd'hui, selon trois grandes parties : les politiques de l'immigration, les problèmes économiques et sociaux rencontrés par les immigrés et enfin les représentations de l'immigration. La succession des statuts, lois et décrets définissant la place des étrangers n'a cessé de scander les politiques suivies, ne permettant pas toujours d'accueillir dignement les immigrés. La place croissante des femmes dans l'immigration, l'accélération des migrations du travail, la mondialisation du marché ont profondément transformé, en France comme en Europe, les flux et les modalités des mouvements migratoires. En ce début du XXIe siècle, les notions comme « intégration » ou « assimilation » sont remises en question. Ces débats révèlent les tensions entre modèle républicain français et dérives communautaires, réelles ou supposées.

  • Pierre Brossolette (1903-1944), dont le nom s'inscrit sur les plaques de tant de rues, domine, avec Jean Moulin, l'histoire de la Résistance. On ne retient pourtant de cet homme exceptionnel que son geste de militant torturé, se donnant volontairement la mort pour échapper aux bourreaux de la Gestapo.
    Pour la première fois, ce livre raconte le parcours de ce brillant journaliste, viscéralement républicain, patriote authentique, profondément laïc, gaulliste convaincu, qui personnifie la lutte pour la liberté jusqu'au sacrifice suprême. Entré dans la Résistance dès le début de 1941, il rejoint Londres en 1942 et devient très vite le conseiller politique écouté du général de Gaulle. De concert avec le colonel Passy, il mène en 1943 la fameuse mission Arquebuse-Brumaire dont le bilan est impressionnant. Il repart aussitôt en France pour y consolider la Résistance intérieure et finit par tomber aux mains des Allemands...
    A l'heure où les projecteurs de l'actualité remettent en perspective les ombres de Vichy et les bassesses de la collaboration et donc, par contraste, les lumières de la Résistance, il n'est que justice de lever le voile sur les missions les plus périlleuses accomplies par Pierre Brossolette, sur le destin exceptionnel du plus gaulliste des socialistes, de ce héros qui restera dans notre histoire comme un pur symbole.
    Guy Perrier est entré dans la Résistance à l'âge de quinze ans, en décembre 1940. Après la guerre, il suit une brillante carrière militaire, puis exerce d'importantes fonctions au sein de groupes industriels, notamment Peugeot. Commandeur de la Légion d'honneur, Médaille de la Résistance, il est actuellement conseiller industriel.

  • "Définir la philosophie de Nietzsche par la liaison étroite qu'elle établit entre la connaissance et l'existence, par la corrélation qu'elle maintient d'un bout à l'autre entre la qualité de la pensée et la qualité de la vie, c'est sans doute l'atteindre

  • "Lire les Pensées de Pascal, c'est faire l'expérience d'un désordre dont nous sommes inconsolables. En détenir deux ou trois exemplaires pour commencer, puis dix, puis vingt, dans un nombre presque aussi grand de versions différentes, est une étrange expérience. L'ordre ? Il n'a pas progressé depuis plus de trois siècles ; il ne s'est pas défait non plus. D'entrée de jeu, il était perdu. Toutes ces variantes semblent autant de manières de l'approcher, mais aussi bien de s'en éloigner. Depuis le déchiffrement des papiers laissés par l'auteur et les embellissements de la première édition, jusqu'aux plus récentes tentatives d'organiser ces fragments, on a choisi de redonner ici les étapes d'une lecture aventureuse. C'est la vie même de Pascal, énigmatique elle aussi, qui apparaît alors par bribes au fil de la lecture : anecdotes, objets, lettres, rares témoignages. Dans ce fouillis prodigieux, le lecteur des Pensées reconnaît son propre trouble. Trois cents ans plus tard, nous sommes toujours dans la chambre d'un mort." Marianne Alphant, philosophe et romancière, dirige les "Revues parlées" au Centre Georges Pompidou. Elle a publié trois romans : Grandes "O" (Gallimard, 1975), Le Ciel à Bezons (Gallimard, 1978), L'Histoire enterrée (POL, 1983) et une biographie de Monet : Claude Monet, une vie dans le paysage (Hazan, 1993).

  • Un essai sur les métamorphoses du conflit social et son évolution depuis le XIXe siècle : comment l'exploitation économique laisse place à la gestion de l'entreprise, les revendications de pouvoir à la question politique de la citoyenneté.
    Le point sur les lieux du conflit (l'usine relayée par l'« étatisation du conflit salarial ») et sur les mobilisations liées à ce dernier (de la « mobilisation générale » aux conflits de règles).
    Une analyse des assises du conflit (les classes moyennes ont remplacé les ouvriers), de sa socialisation (des solidarités de base à l'État-providence) et de ses enjeux (la « privatisation des mouvements sociaux » succède à la révolte du travail).
    Une réflexion sur la nature du conflit les « communautés de luttes » tendent à remplacer les conflits de classes ; et sur la théorie du conflit : la notion de citoyenneté politique tend à accompagner la régulation du système.
    Guy GROUX est sociologue et directeur de recherches au CNRS. Il a publié, avec Catherine Lévy, La Possession ouvrière (Éditions de l'Atelier, 1993) et avec Guillaume La Chaise (pseudonyme collectif), Crise de l'emploi et fractures politiques (Presses de Sciences Po, 1995).

  • Un essai sur les trois principaux courants de la pensée écologique (écologies « profonde », « autoritaire » et « démocratique ») et sur l'idéologie économique qu'ils viennent contredire à des degrés divers. Le point sur cette idéologie (qui prend sa source chez Adam Smith et vise à faire de l'économie un ordre propre et autonome), sa prégnance dans le monde, ses dangers et les signes de son essoufflement. Une critique des thèmes et des présupposés de l'écologie « profonde » ainsi que du scénario fondamentaliste auquel elle conduit : à quelles contradictions peut mener ce rejet global de l'humanisme. Une généalogie de l'écologie « autoritaire » : comment les grands axes de la pensée de Hans Jonas, qui détermine en partie ce courant et confère aux experts un rôle décisif, conduisent à un scénario politique difficile à mettre en place. Une analyse des grands enjeux de l'écologie « démocratique » qui vise, elle, à freiner « de l'intérieur » les excès de la société industrielle, sans toutefois remettre en cause la totalité de ses principes.

  • Petit traité d'imagination politique à l'usage des Européens. « Changer notre économie et notre façon de vivre : la crise nous y pousse, la menace écologique nous l'impose, l'Europe devrait nous le permettre, vous et moi en avons envie ; mettons ensemble l'imagination au pouvoir. »

  • S'il cache son nom, Caton ne cache pas son jeu. C'est avec une verve souvent féroce qu'il dénonce l'"héritage" des vaincus du 10 mai : lâcheté intellectuelle, "affairisme auto-satisfait", et surtout, socialisation et bureaucratisation à outrance, fabrication d'une société d'assistés de l'État providence... L'arrivée de la gauche au pouvoir, où elle se bat désormais le dos au mur, donne à la droite, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, la chance de se transformer. Seule une opposition nouvelle, armée d'idées et de stratégies neuves, pourra mener victorieusement la "reconquête".

  • Claude Dulong nous dresse ici les destins de diverses femmes, connues telles que Ninon de Lenclos, ou restées dans l'ombre comme une sorcière de village, pour apprécier les progrès accomplis en matière de condition de la femme entre la mort d'Henri IV et celle du Roi-Soleil. Ce siècle qui fut surnommé "le Grand siècle", le fut-il vraiment pour les Françaises ?

  • Candidat rebelle

    Bove-J

    José Bové s´invite dans la campagne présidentielle et décrète l´insurrection électorale contre le libéralisme économique. Il ne ressemble guère à tous les autres candidats. N´appartenant à aucun parti mais choisi par les collectifs unitaires antilibéraux et des dizaines de milliers de citoyens, il veut incarner la société civile qui lutte contre un monde injuste et qui invente un monde meilleur. À l´écart d´une classe politique qui, depuis vingt-cinq ans, pratique l´alternance sans changer la vie. Syndicaliste, altermondialiste, José Bové a décidé de passer de la résistance au pouvoir. Résolument contre Sarkozy et Le Pen, il met en cause la pusillanimité de la gauche traditionnelle. Et propose un ensemble de mesures pour une vraie alternative à la précarité et à l´insécurité sociale. Son ambition ? Être utile pour battre la droite. Son credo ? Démontrer qu´un autre avenir est possible.

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