Hazan

  • Ce catalogue accompagne l'exposition « UDERZO. Comme une potion magique »,présentée au musée Maillol de Paris du 17 avril au 30 septembre 2021,sous la direction de la famille Uderzo.COMME UNE POTION MAGIQUE par Ada & Sylvie Uderzo : Nous avions cru que, pour une fois, le destin lui avait joué un mauvais tour. Alors que toute la Gaule était entrée en confinement depuis une semaine à peine, au petit matin du 24 mars 2020, Albert Uderzo s'est endormi pour toujours, nous laissant seules, incapables de saisir la signification de son départ. Car personne n'est jamais vraiment préparé à cette mise en abîme, jamais. Avec le recul, nous avons compris que le destin lui avait offert, en réalité, ce qu'il désirait : s'en aller le plus discrètement possible, comme il avait tenté de vivre toute sa vie. Lui ne percevait pas la réalité de son parcours, l'arc incroyable qui lui avait permis de partir d'un point zéro pour atteindre les étoiles. Nous retrouvant avec ses dessins, avec ses personnages et avec sa célèbre signature, nous nous sommes interrogées sur ce qu'il aurait aimé que nous fassions. Rendre un hommage à sa carrière sans équivalent nous a très vite paru être une obligation, un besoin, une nécessité. Comme une potion magique. Une exposition devait en être le point d'orgue. La bande dessinée, longtemps considérée comme un art mineur, mérite aujourd'hui d'entrer dans les musées. Le musée Maillol, au coeur de Paris, était le parfait écrin pour accueillir ses planches, ses dessins, ses couvertures, qui, pour la plupart, n'étaient jamais sortis de son bureau. Nous souhaitions que, comme nous, les lecteurs des albums découvrent l'envers du décor, les coulisses du travail acharné auquel il s'était astreint toute sa vie. En soixante ans de carrière, de 1945 à 2005, il a tant crayonné, encré, souvent colorisé, que de Zartan à Astérix, en passant par Clopinard, Arys Buck, Jehan Pistolet, Luc Junior, Oumpah-Pah, Tanguy et Laverdure et tant d'autres jusqu'à Astérix, Obélix, Idéfix, nous voulions que le public puisse saisir la vraie dimension de son travail. Offrir à ses lecteurs de six à quatre-vingt-dix ans la possibilité de partager un moment privilégié avec lui. Car il nous répétait qu'il devait tout à son public. De la Vénétie à Lutèce, « Uderzo. Comme une potion magique » vous fera voyager au coeur de ses bulles...

  • Tourbillons impressionnants, flots tumultueux des rivières, torrents bouillonnants, cascades vertigineuses, violentes intempéries, douces pluies poétiques, neige immaculée et silencieuse : l'eau sous ses multiples formes occupe une place essentielle dans les estampes japonaises des XVIIIe et XIXe siècles. La mer surtout, omniprésente dans l'archipel nippon, participant de l'identité des Japonais, est sublimée. Parmi les représentations récurrentes de vagues impétueuses déferlant sur le rivage, menaçant des embarcations, se brisant sur les falaises, les rochers et les récifs, une image aussitôt s'impose : celle de la célèbre Grande Vague de Hokusai. Des artistes tels que Hokusai en effet, mais aussi Hiroshige et Kuniyoshi vont devenir les maîtres incontestés de cette représentation de l'eau, relevant de véritables défis techniques pour saisir à la fois l'instantanéité et la pérennité du mouvement, en exprimer l'éternel recommencement, en traduire l'ampleur et la force. Jeux de lumières, de couleurs et de lignes, stries profondes, traits vifs, courbes ou volutes leur permettent de synthétiser et de schématiser les divers mouvements des eaux, tour à tour dormantes, bouillonnantes ou écumantes. À partir des années 1830, un nouveau pigment, le bleu de Prusse, va leur permettre de rehausser leurs oeuvres d'une teinte intense et profonde, donnant à l'eau toute sa force d'expression, autorisant tous les contrastes et les variations infinis de bleus.Dans un style tout à la fois réaliste, abstrait et innovant, ces maîtres de l'estampe capturent le caractère unique et quasiment sacré de l'eau dans une véritable communion avec la nature, et nous livrent leur vision d'un monde empreint de spiritualité.

  • Ce coffret met à l'honneur le thème des fleurs, et plus généralement de la nature, si importants dans l'art japonais, à travers une sélection des plus célèbres estampes du genre ancestral du kachô-ga, ces « images de fleurs et d'animaux », de l'époque d'Hokusai au début du xxe siècle.
    Dès le début du xixe siècle, face à la politique d'isolationnisme du pays, les Japonais aspirent à plus de liberté, et trouvent dans la nature une échappatoire à la claustration ambiante et à l'asphyxie qui les menace à terme.

    Renouer avec la nature, écouter le rythme des saisons, admirer les fleurs de pruniers ou de cerisiers, goûter la fraîcheur du soir, contempler les premières neiges, ou surprendre l'envol des grues ou des oies sauvages sont autant d'occasions de longs voyages ou de simples promenades.
    Hokusai et Hiroshige saisissent cette évolution de la société japonaise, qu'ils transcendent dans leurs magnifiques estampes de fleurs.

    Conjuguant réalisme et spiritualité, observation directe et interprétation tout empreinte de shintoïsme et de bouddhisme, Hokusai (1760-1849), et Hiroshige (1797-1858) portent à sa perfection la représentation d'une nature magnifiée. Partant tous deux de l'observation de la faune et de la flore, ils en expriment, par des styles différents, la permanence et l'état d'éternel recommencement, en même temps que le caractère fragile et éphémère.

    Aucun grand maître de l'estampe n'a capturé aussi bien l'âme de la nature japonaise qu'Hokusai. Pour Edmond de Goncourt, c'est « le peintre universel qui, avec le dessin le plus vivant, a reproduit l'homme, la femme, l'oiseau, le poisson, l'arbre, la fleur, le brin d'herbe [...] qui a fait entrer, en son oeuvre, l'humanité entière de son pays ».

    Ces deux grands noms de l'estampe vont inspirer nombre d'artistes, ceux notamment du mouvement shin-hanga (« nouvelles gravures »), tels Imao Keinen (1845-1924) ou Ohara Koson (1877-1945), qui vont à leur tour célébrer les fleurs et la nature, et se passionner pour leurs plus infimes variations, puisant dans leurs formes et leurs textures une formidable source d'inspiration graphique Cette sélection des plus belles estampes dédiées aux fleurs ne se veut pas simplement descriptive mais elle révèle comment les artistes les rêvent, les fantasment et leur donnent une force symbolique propre. Les fleurs deviennent ainsi l'expression des émotions, mais aussi celle d'un rapport profond avec la nature, plus que jamais au coeur des questionnements actuels.

  • Véritable célébration des oiseaux, ce coffret, accompagné d'un livret explicatif, déploie en format accordéon plus d'une soixantaine d'oeuvres des plus grands maîtres de l'estampe japonaise. Délicates mésanges sur des cerisiers en fleur, paons majestueux faisant la roue, hirondelles gracieuses en plein vol, chouettes endormies sur fond de ciel de pleine lune ou cacatoès aux ramages chatoyants, tous ces oiseaux révèlent la virtuosité, le raffinement et le don de l'observation de ces artistes intemporels. De Keisai, Keibun et Hokusai à Hiroshige et Koson, ces estampes subliment la beauté de la nature.

  • Grands voyageurs et passionnés de nature, Hokusai (1760-1849) et Hiroshige (1797-1858) ont révolutionné l'art de l'estampe japonaise dès la fin du xviiie siècle, en portant à son apogée le genre du paysage. Peuplant leurs vues de scènes de la vie quotidienne, ils se sont largement appropriés le thème des saisons, au coeur de la pensée japonaise depuis la fin de la période Yamato (250-710). Dès le vie siècle, les poètes s'emparent du sujet en lui associant une iconographie propre : la floraison des cerisiers devient le grand symbole du printemps et le soleil celui de l'été. L'automne appelle à la contemplation des feuilles d'érables et de la lune. L'hiver vient avec les premières neiges... Les artistes, largement influencés par le modèle chinois, s'approprieront ensuite cette vision simplifiée du cycle de la nature. Dès l'époque de Heian (794-1185) émergent de nouveaux genres liés au cycle de la nature, comme les peintures des quatre saisons, des douze mois de l'année et des lieux célèbres. Toutefois, c'est à l'époque d'Edo (1600-1868) que le thème de la nature connaît son plus grand succès avec l'estampe, et plus particulièrement avec le paysage, propice à la représentation des saisons. Avec les illustres Hokusai et Hiroshige en chefs de file, les artistes du paysage capturent toutes les variations de la nature, s'attachent aux scènes enneigées comme aux jardins de cerisiers ensoleillés, aux promeneurs luttant contre la pluie ou admirant les feuilles d'érables rougeoyantes. Ce genre leur survivra, au Japon mais également en Occident où il aura une influence considérable sur l'oeuvre des impressionnistes. Il renaîtra au début du xxe siècle, avec les derniers grands maîtres japonais du paysage et de l'estampe, et Hasui (1883-1957) qui s'attacha autant qu'Hokusai et Hiroshige à la représentation des saisons. Désormais, l'immuable cycle de la nature se fond dans un paysage moderne, bouleversé par les grands changements de la seconde moitié du xxe siècle. Hasui réactualise ce thème intemporel, encore aujourd'hui au coeur des préoccupations du Japon d'aujourd'hui.
    Ce petit coffret met à l'honneur ce sujet si cher aux Japonais en proposant une sélection des plus célèbres estampes, issues de l'oeuvre des plus grands artistes du paysage, de l'époque d'Hokusai à celle d'Hasui, et en les accompagnant d'un livret explicatif.

  • Le petit Tôkaidô de Hiroshige

    Nelly Delay

    • Hazan
    • 26 Septembre 2012

    Dans les années 1830, Hiroshige fut l'auteur de plusieurs séries de gravures illustrant la célèbre route entre Tokyo et Kyoto qui inspira tant de scènes aux poètes et romanciers japonais.
    Réédition séparée sous étui du plus petit album consacré par Hiroshige à cette route: une reproduction en fac-simile qui figurait dans le coffret Hiroshige. Sur la route du Tokaido, lui-même accompagné d'un album montrant les autres types d'estampes traitant du même motif. L'ouvrage est accompagné d'un livret écrit par Nelly Delay expliquant l'origine et la fortune du thème d'inspiration que représente cette route et décrivant toutes les planches de l'album consacrées à autant de stations de cette célèbre voie de communication.

  • Les trois volumes des « Cent vues du Fuji » (Fugaku Hyakkei) constituent certainement avec les quinze volumes de la « Manga », l'une des oeuvres les plus célèbres de Hokusai. Lorsqu'il en entreprit la publication, il venait de terminer les « Trente six vues du Fuji » composées sur des planches séparées de format « oban », parmi lesquelles « La grande vague au large de Kanawaga » admirée par les Impressionnistes et qui inspira Claude Debussy. Hanté par le thème de cette montagne sacrée pour tous les japonais, Hokusai en 1834 confie à un groupe d'imprimeurs de Edo le projet des « Cent Vues », il n'a qu'une exigence « que la gravure soit confiée à Egawa Tomekichi dont il a eu déjà l'occasion d'apprécier la virtuosité ; il sait que Egawa ne trahira pas son trait ni la complexité de ses compositions. Les trois volumes du « Fugaku Hyakkei » seront donc gravées entre 1834 et 1840 par Egawa qui contribuera ainsi au testament artistique du « vieux fou de dessin » puisque c'est ainsi que Hokusai se nomme lui-même « Gwakio Rojin » dans cette lettre testament qu'il joint aux « Cent Vues du Fuji » et qui est demeurée célèbre après sa mort en 1849 à l'age de quatre-vingt dix ans. L'intervention de Hokusai lui-même dans cette oeuvre dépasse largement son génie de dessinateur et l'inspiration d'un observateur habité par la beauté multiple du monde. Non seulement chaque composition - c'est-à-dire chaque page - est d'une inspiration renouvelée et surprenante, mais la force de l'amour quasi mystique qui lie l'homme et la montagne touche notre émotion et surprend nos conceptions esthétiques. Les lettres de Hokusai - qui ont été sauvées du temps et des incendies d'ateliers - révèlent l'attention qu'il portait non seulement à la gravure mais à l'impression : tout particulièrement aux passages de noir (seule couleur utilisée dans ces trois volumes) dont les dégradés - objets d'indications très précises du peintre - permettent de mieux comprendre la vie subtile qui se déroule de page en page. Cette édition - la première en Occident - des trois volumes du « Fugaku Hyakkei » se veut non seulement fidèle à l'aspect de l'édition japonaise du XIXème siècle , mais souhaite contribuer à transmettre les qualités subtiles d'une oeuvre et d'un peintre de génie qui aujourd'hui appartiennent au patrimoine artistique de l'Occident autant que du Japon. Un additif sous forme de cahier séparé retracera l'histoire technique et artistique des « Cent Vues » dont chacune sera reproduite séparément avec les indications qu'elle comporte. L'ensemble sera replacé dans l'oeuvre et la vie de Hokusai. La traduction des préfaces figurera également dans ce cahier ainsi que des indications sur les premiers collectionneurs.

  • Le Pont Nihonbashi, Le Mont Fuji, et la nature toujours présente, les jeux de lumière et de transparence à travers les sudare, le théâtre Kabuki, les courtisanes des maisons vertes, les visages et le miroir... autant de thèmes qui sont source d'inspiration permanente pour les artistes Ukiyo-e, à travers les siècles.
    Suivant une trame historique de la fin du XVIIe siècle jusqu'à nos jours, Nelly Delay explique la permanence de ces thèmes dans l'art de l'estampe. Elle décrit le contexte historique, culturel et social dans lequel cet art a vu le jour et évolué au cours des siècles et montre combien il est profondément ancré dans la civilisation japonaise.
    Elle explique les origines de l'estampe et la voie que des audacieux comme Moronobu et Kiyonobu ont suivie en réalisant les premiers bois pour des tirages exécutés en noir et blanc. Elle montre comment les artistes du XVIIIe siècle et leurs estampes de brocart - et parmi eux peut-être plus que tout autre Harunobu qui eut le premier l'idée d'utiliser toutes les possibilités de la couleur - permirent à l'Ukiyo-e d'accéder par la suite à un véritable âge d'or : Utamaro éternellement inspiré par les femmes, Sharaku et les visages d'acteurs, Hokusai, le « vieux fou du dessin » , Hiroshige et la nature, Kuniyoshi et ses thèmes fantastiques, Toyharu, Shiba Kokan et bien d'autres.. Si le livre suit un plan chronologique qui s'impose sur pareil sujet, l'auteur établit toutefois des comparaisons entre artistes d'époques très différentes afin de faire percevoir l'art de l'estampe hors du temps, au-delà des oeuvres et des écoles. L'originalité et l'abondance de l'iconographie, la richesse des informations rassemblées au fil des chapitres et la diversité des thèmes abordés font de ce livre, très illustré et vivant, un précieux guide du Japon traditionnel. Le style adopté le rend accessible à un large public alors que l'importance des annexes - où sont présentés notamment les étapes de fabrication, les cachets de censeurs et d'éditeurs, les signatures des artistes, les formats, les techniques et les couleurs - en fait un outil scientifique appréciable par les spécialistes, les collectionneurs et les amateurs avertis.

  • Peintre de l'école ukiyoe, sous l'époque Edo, contemporain et rival de Kiyonaga, Utamaro ou Eishi, Masayoshi (1764-1824) semble avoir trouvé un certain répit après 1795, une fois appointé peintre officiel du daimyo ou gouverneur du domaine Tsuyama de la province de Misamasaka. Les loisirs liés à sa position lui permette d'explorer les voies d'un nouveau style qui lui valut la célébrité : tournant esthétique qui correspond à son adoption du nom de Kuwagata Keisai (en 1794, pense-t-on).

    A partir de 1796, il publia en effet une série d'albums inaugurant un style graphique cursif et minimaliste au dessin virtuose et très suggestif sous le nom de Ryakuga ou style de dessins abrégés, genre qui n'était pas absent de la tradition mais qu'il relança par son talent. L'esprit de simplification de ses compositions, leur tour elliptique et leur veine humoristique rencontrèrent beaucoup de succès. Encouragé par cet accueil, il développa ce genre de croquis, dont devaient s'inspirer ses contemporains à commencer par Hokusai dans sa Manga, à travers un certain nombre d'albums conçus comme des encyclopédies et des manuels d'initiation au dessin.

    Cet ouvrage réunit pour la première fois l'ensemble de ces six albums dont le public français ne connaissait jusqu'ici que deux publications : le premier album de caractère général, Ryakugashiki (1796), puis ceux consacrés aux animaux (Choju ryakugashiki, 1797), aux personnages (Jinbutsu ryakugashiki,1799), aux paysages (Sansui ryakugashiki, 1800), aux proverbes (Kotowazagaen, 1808) et aux douze mois de l'année (Keisai ryakugaen,1823).

    Au XIXe siècle, les amateurs occidentaux prisèrent le style de Keisai, qui était apprécié par Rodin, autre dessinateur virtuose, et par le critique Théodore Duret, favorable aux impressionnistes et en particulier à Manet.

    Dans un livret imprimé à part, les préfaces originales des albums sont traduites du japonais ancien. Les planches sont commentées et l'ensemble introduit par le grand spécialiste Matthi Forrer.

  • Par Toutatis, Astérix est à la BnF !  Été 1959, Albert Uderzo et René Goscinny, attablés à la terrasse d'un café, cherchent une idée pour le premier numéro de l'hebdomadaire de bandes dessinées Pilote. Après avoir d'abord songé au Roman de Renart et à la préhistoire, Goscinny et Uderzo fixent finalement leur choix sur les Gaulois. La suite est connue : les aventures d'Astérix et Obélix connaissent un succès immédiat, qui ne s'est jamais démenti depuis. Les 33 aventures (bientôt 34) ont été traduites en 107 langues et dialectes et vendues à plus de 350 millions d'exemplaires à travers le monde.  En mars 2011, le dessinateur Albert Uderzo a fait don à la Bibliothèque nationale de France de cent vingt planches originales de la série. La BnF lui rend aujourd'hui hommage en organisant une exposition événement.  Le catalogue de cette grande rétrospective est construit en forme d'abécédaire. D'« Amitié » à « Wouhouhou ! » de « Châtaigne » à « Running gag », d'« Idéfix » à « Tour du monde », en passant par « Mythe gaulois », « Résistance » ou « Sanglier », les meilleurs spécialistes et les plus proches témoins de cette incroyable aventure éditoriale livrent tous les secrets de cette bande dessinée extraordinairement populaire.  Sont notamment analysés le parcours des deux créateurs, l'évolution graphique et les traits de caractère des personnages, le succès planétaire ou ses ingrédients, tels que les célèbres jeux de mots - « Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide », « Passe-moi le Celte », « Tous les étés, les Ibères. », etc. L'ouvrage reproduit également des passages d'entretiens vidéo avec des célébrités, réalisés pour l'exposition, qui racontent comment elles aussi sont tombées dedans quand elles étaient petites !

  • La personnalité haute en couleurs de Goscinny, son parcours tout entier, méritent l'hommage que cet ouvrage et l'exposition lui rendent, en prenant en compte le caractère exceptionnel - personnel, intellectuel et artistique - d'un auteur génial, d'une créativité prolixe.  Comment et pourquoi Goscinny occupe-t-il une place si singulière, comment expliquer le succès international, toujours inégalé de ce phénomène culturel mondial, de cet auteur clé de la littérature, « de l'un des acteurs primordiaux, stratégiques, de l'avènement du neuvième art ».Si le nom de René Goscinny est présent depuis longtemps dans la culture populaire francophone, la dimension même de cette personnalité hors du commun, l'ampleur de son ½uvre et de son succès sont largement méconnues, voire sous-estimées. Pour prendre la mesure de l'½uvre et de son importance dans le monde de la bande dessinée et de la littérature contemporaine, rien ne vaut le rappel de quelques chiffres : cinq cents millions de livres et d'albums vendus dans le monde, dont deux cents millions pour pour Lucky Luke (Goscinny-Morris), trois cents vingt millions pour Astérix (Goscinny-Uderzo) et huit millions pour Le petit Nicolas (Goscinny-Sempé). Les ½uvres de Goscinny ont été traduites en cent cinquante langues, dont Astérix en cent vingt langues, Iznogoud (Goscinny-Tabary) et Lucky Luke en une quarantaine de langues. Le Petit Nicolas est aujourd'hui intégré dans les programmes scolaires. Le film d'animation et le cinéma ont rendu leurs hommages à Goscinny et à ses co-auteurs : les adaptations cinématographiques de Lucky Luke, Iznogoud ou du Petit Nicolas appartiennent à la culture populaire contemporaine. Quant à Astérix, les chiffres parlent d'eux-mêmes : ainsi Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, réalisé par Alain Chabat en 2002, a attiré plus de quatorze millions et demi de spectateurs en France.   

  • La Manga d'Hokusai, commencée en 1814 par l'artiste, est un ensemble de 15 volumes réunissant plus d'un milliers de dessins illustrant la vie quotidienne, la faune, la flore, des paysages, et toutes les facettes de l'imaginaire japonais lié au surnaturel. Imprimés sur bois en trois couleurs, noir, gris, et couleur chair, ces volumes de dessins constituent une véritable encyclopédie du monde nippon au début du XIXe siècle mais en même temps reflète un regard souvent humoristique ou fantaisiste caractéristique du génie de Hokusai insurpassable par la vivacité et l'acuité de son trait.
    Pour la première fois, la totalité de ces dessins est reproduite à l'identique de l'édition originale et commentée planche après planche ici par le spécialiste de Hokusai Matthi Forrer, du point de vue anthropologique, artistique et culturel.
    Jusqu'ici cet ensemble n'était connu qu'à travers une sélection de dessins, reproduits le plus souvent en un seul ton, contrairement à l'édition originale, et surtout sans commentaire identifiant le sujet exact de chaque planche. Cette publication fac-similé comprend aussi les trois derniers volumes publiés à titre posthume, dont l'authenticité fait débat.

  • Ovni dans le monde de l'édition, il est le fruit d'un dispositif éditorial hors norme : plusieurs centaines d'images, reproduisant les détails époustouflants de plus de cent peintures, sculptures et dessins, forment un récit visuel apparenté à la BD, où chaque image s'accompagne d'une phrase, ou d'une amorce de commentaire, dont la continuité produit une véritable et nouvelle histoire de l'artiste.

    À égale distance du livre d'art classique, doctoral, et de l'album d'images, enfantin, le Michelangelo d'Obalk dialogue autrement avec son lecteur : il s'agit tout d'abord de dérouler un texte, dont chaque segment de phrase est illustré, sur le mode de la conversation.

    Ce n'est donc ni une BD, ni un roman photo, d'abord parce qu'il n'y a pas de personnages ni de bulles (ou très rarement), mais aussi parce que seule la voix du narrateur court de case en case - et dirige la mise en pages.

    Bref, c'est un essai édité sous l'apparence d'une BD.

    Il découle de recherches conjuguées dans les champs de l'histoire de l'art (et de la critique d'art), du cinéma documentaire (puisqu'il a inspiré le scénario de la série Grand'Art diffusée sur arte), et du graphisme (la forme « BD »).

    On y retrouve le ton d'Hector Obalk, critique, lyrique, volontiers subjectif, parfois poétique, toujours pédagogique et non dénué d'humour.

    Ce premier volume passe en revue l'oeuvre de Michel-Ange depuis ses débuts (1490) jusqu'au plafond de la chapelle Sixtine (1508-1512), en passant par le Bacchus du musée Bargello, la Pietà de Saint-Pierre de Rome, le fameux David de Florence et le tondo Doni du musée des Offices.

  • Version numérique de l'album de l'exposition De l'Allemagne au musée du Louvre. L'ambition de cette exposition (riche de plus de deux cents oeuvres), est d'abord de proposer une réflexion autour des grands thèmes qui structurent la pensée allemande de 1800 à 1939. Nous est ainsi offert, pour la première fois en France, un panorama de la création artistique allemande sur une durée relativement longue - plus d'un siècle. Les courants artistiques, du classicisme weimarien, des Nazaréens à Otto Dix, en passant par Hans von Marées, Adolf von Hildebrand ou Franz von Stuck, mais aussi du romantisme d'un Caspar David Friedrich à la « nouvelle objectivité », seront ainsi replacées dans le contexte intellectuel de leur création et confrontés aux écrits des grands penseurs au premier rang desquels Goethe. Cette approche est importante pour le public français à qui l'art allemand dans ses différents développements a été peu montré. Elle permet de saisir comment l'art a joué un rôle déterminant dans le développement du concept allemand de « Kultur », à un moment historique capital où l'Allemagne cherche à construire son unité et son identité nationale. La notion de « Kultur », concept hérité de la philosophie des Lumières, est apparue comme la plus susceptible de constituer le terreau sur lequel inventer une tradition allemande moderne. Si l'occupation napoléonienne a pu favoriser la prise de conscience de cette unité, fournissant l'arrière-plan politique aux premières expérimentations romantiques, la montée du nazisme, à l'autre bout du parcours chronologique, a mis en évidence la dimension tragique de ce concept, sans pour autant réussir à l'anéantir.

  • Version numérique de l'album officiel de l'exposition Raphaël à Rome : les années de maturité (1512-1520) au musée du Prado de Madrid du 12 juin 2012 au 16 septembre 2012 et au Musée du Louvre, du 8 octobre 2012 au 14 janvier 2013. Une exposition majeure consacrée aux dernières oeuvres de Raphaël (1483 -1520), peintre et architecte italien de la Renaissance, et ses disciples les plus proches, en particulier Giulio Romano et Giovanni Francesco Penni. En coédition avec le musée du Louvre. Le Musée du Prado et le Musée du Louvre organisent conjointement une exposition majeure consacrée aux dernières oeuvres de Raphaël (1483-1520) et ses disciples les plus proches, en particulier Giulio Romano et Giovanni Francesco Penni. L'exposition offre un parcours chronologique à travers l'activité de Raphaël depuis le début du pontificat de Léon X (1513) jusqu'à la mort de l'artiste en 1520. Soit une époque qui correspond à la seconde période de maturité de l'artiste qui voit se poursuivre la définition des grandes formules classicisantes qui vont asseoir durablement sa renommée et l'idéal d'harmonie de la Renaissance classique, à travers les siècles, fondé sur la fusion heureuse de la leçon de l'Antiquité et du message universel de l'Eglise catholique (L'incendie du Borgo, La Chambre de Constantin, la Transfiguration). L`exposition et l'album qui l'accompagne permettent d'examiner les questions d'influence et de développement artistique, et de clarifier dans la mesure du possible les processus créatifs qui ont conduit à des résultats que nous voyons dans les peintures ; elle déterminera dans quelle mesure Raphaël et ses assistants ont été impliqués dans des tâches à la fois créatives et d'exécution. Des dessins seront inclus dans la présentation. En coédition avec le musée du Louvre.

  • Utamaro

    Nathalie Vandeperre

    • Hazan
    • 9 Novembre 2011

    Maître de l'ukiyo-e, Utamaro (1753-1806) a été l'artiste japonais le plus célèbre pour sa célébration de la femme sous tous ses aspects et toutes ses fonctions : mère, épouse, employée de salon de thé et courtisane.
    Les modèles de beautés de l'époque d'Edo les plus vantés étaient souvent élues parmi les courtisanes et les femmes des maisons de thé. Utamaro a su comme personne détailler les atours et les gestes intimes du monde féminin : femmes à la toilette, en déshabillé, en train de papoter ou de rêver. Parmi les suites consacrées par l'artiste au sexe féminin, nulle n'approche par la finesse du trait et la richesse des couleurs celle des douze heures des maisons vertes (ou maisons closes).
    L'exemplaire conservé par le musée du Cinquantenaire, à Bruxelles, a été considéré par les spécialistes japonais comme un des plus beaux qui soit conservé. De même que les autres planches de la même collection gravée d'après Utamaro qui sont présentées ici accompagnées de leur commentaire.

  • Hokusaï

    Matthi Forrer

    • Hazan
    • 2 Novembre 2011

    Katsushika Hokusaï, né à Edo en 1760, est l'un des grands représentants de la gravure sur bois japonaise et l'un des plus grands génies créateurs de tous les temps.
    Bien qu'étant l'un des artistes japonais les plus connus (il a exercé une profonde influence sur l'art occidental, et en particulier sur les impressionnistes), ­ ce " fou du dessin " - ainsi qu'il se baptisait - n'en est pas moins une personnalité irrémédiablement excentrique par rapport à la norme" japonaise " par son tempérament et les aspects imprévus de son oeuvre. Cette monographie, qui s'attache à situer Hokusaï dans le contexte général de son époque, s'appuie sur les recherches les plus récentes de Matthi Forrer : l'un des spécialistes mondialement connus du monde de l'ukiyo-e et d'Hokusaï en particulier auquel il a consacré déjà une monographie croisée avec celle des Goncourt et de nombreuses expositions.
    Matthi Forrer présente l'artiste en suivant l'ordre chronologique de ses différentes périodes (qui se définissent par les noms qu'il adopte successivement). Les chapitres, encadrés par des éléments biographiques, analysent en détail les sujets adoptés par Hokusaï à chacune de ces périodes. Les oeuvres les plus importantes sont reproduites sur des planches somptueuses et accompagnées d'un bref texte.
    On y voit Hokusaï, bouddhiste et shintoïste convaincu, célébrer la Nature et le mont Fuji comme des entités sacrées indissociables de l'unité de être, mais aussi son oeuvre, riche de plus de 30 000 planches et dessins, dresser un constat souvent ironique ou espiègle de l'espèce humaine, parallèlement à ses travaux d'illustration des contes et romans ou poèmes de la littérature nippone. - Annexe avec bibliographie et glossaire.

  • Catalogue officiel de l'exposition "Frida Kahlo et Diego Rivera, L'art en fusion" au musée de l'Orangerie du 9 octobre au 13 janvier 2014. Si Frida Kahlo (1907-1954) est aujourd'hui l'une des artistes les plus connues et les plus populaires de l'art mexicain du XXe siècle, c'est bien sûr grâce à sa personnalité et à l'originalité d'une oeuvre qui échappe à toute tentative de classification. L'oeuvre est ici avant tout l'expression du récit d'une vie. Vie tragique et tumultueuse, échappant à son tour à toute convention, connue dans le moindre détail et récemment portée à l'écran, faisant d'elle une véritable icône. La seule évocation de son nom soulève enthousiasme et admiration, pourtant son oeuvre est peu montrée. Sa production artistique, quelque 200 oeuvres, n'a fait l'objet que de quelques rares expositions en Europe. Exposée pour la première fois en France, dans l'un de ses musées les plus prestigieux, la sélection proposée par le musée Olmedo, d'environ 38 oeuvres, inclut des oeuvres qui ont contribué à la renommée internationale de l'artiste, comme les autoportraits, parmi lesquels le très célèbre Autoportrait à la colonne brisée. La vie et l'oeuvre de Frida Kahlo sont indissociables de celles de son compagnon Diego Rivera (1886-1957). Ils sont entrés ensemble dans la légende et figurent tous deux au panthéon des artistes mexicains du XXe siècle. Célèbre pour ses grandes peintures murales, les peintures de chevalet, dessins, lithographies, qui constituent une part importante de sa production, sont moins connues du grand public en Europe. Le propos de l'exposition est de retracer son cheminement artistique, depuis les premières oeuvres cubistes, témoignages de ses liens avec le milieu artistique parisien, jusqu'à celles qui firent de lui le fondateur de l'école mexicaine du XXe siècle. L'exposition est une invitation à découvrir les multiples facettes de l'art de Rivera dont les voyages à travers l'Europe, ont nourri sa vision et son répertoire sans l'éloigner de ses racines. Il s'inscrira ainsi dans l'histoire comme le fondateur de l'école nationaliste. L'originalité de l'exposition consacrée au couple mythique incarné par Diego Rivera et Frida Kahlo consiste à présenter leurs oeuvres ensemble, comme pour confirmer leur divorce impossible, effectif dans les faits mais aussitôt remis en question après une seule année de séparation. Elle permettra aussi de mieux entrevoir leurs univers artistiques, si différents, mais également si complémentaires, par cet attachement commun et viscéral à leur terre mexicaine : cycle de la vie et de la mort, révolution et religion, réalisme et mysticisme, ouvriers et paysans. Version bilingue français/anglais.

  • A partir de 1795, époque où il s'est établi à son compte sous son nom, l'artiste japonais Hokusaï (1760-1849) a réalisé un certain nombre d'albums consacrés aux lieux les plus célèbres de la capitale Edo (aujourd'hui Tokyo). Parmi eux Coup d'oeil sur les deux rives de la rivière Sumida, au lieu de présenter une suite de vues isolées, offre la particularité de constituer, en trois volumes, de page en page, une seule et même vue panoramique reproduisant les deux rives à la fois du cours d'eau et leur animation quotidienne, durant le quatre saisons, à la façon des rouleaux à l'ancienne, en dépit du façonnage de l'ensemble sous la forme livre. Cette édition fac-similé restitue la vue panoramique pour la première fois dans son intégralité, telle qu'Hokusaï l'avait conçu, grâce à un façonnage en accordéon que l'on peut déplier à volonté pour la regarder d'un seul tenant. Un livret, rédigé par le spécialiste Matthi Forrer, décrit le sujet de chaque planche, à savoir les faits et gestes des riverains, chalands, boutiquiers, baladins, patrons d'auberge, pêcheurs, promeneurs en jonque, tous personnages saisis dans le naturel de l'action avec une grande vivacité. Le livret présente aussi les traductions des poèmes kyoka qui sont inscrits dans chaque planche comme autant de commentaires plus ou moins liés au sujet. Un second album consacré à une autre rivière célèbre traversant une ville, la rivière Yodoga, à Osaka, forme un complément à l'ouvrage célèbre d'Hokusaï. Il a été conçu par Akatsuki no Kanenari (1793-1860), sous l'influence manifeste de l'oeuvre du grand maître.

  • Présentation synthétique, à travers les principaux chefs d'oeuvre du nouveau département des arts de l'islam au Louvre. En 2003, le musée du Louvre a créé un département consacré aux arts de l'Islam. Dotée de plus de 14 000 objets et complétée admirablement par les 3 500 oeuvres déposées par le musée des Arts décoratifs - dont beaucoup sont inédites -, la collection du musée témoigne de la richesse et de la diversité des créations artistiques des terres de l'Islam. Trois mille oeuvres de cette collection, des plus riche et des plus belle du monde dans ce domaine, sont exposées depuis septembre 2012 dans de nouveaux espaces qui viennent s'insérer délicatement entre les façades restaurées de la cour Visconti. Le projet des architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini représente le plus grand chantier au musée depuis les travaux du Grand Louvre et le visiteur peut dorénavant admirer cet écrin surmonté par une « aile de libellule », une couverture de verre, dorée et tissée par un fin réseau métallique ondulant. Ces nouvelles salles offrent un espace ouvert sur deux niveaux ; le parcours muséographique permet le large déploiement d'oeuvres issues de 1300 ans d'histoire et d'un territoire couvrant trois continents, de l'Espagne jusqu'à l'Inde du Nord. En coédition avec le musée du Louvre.

  • La fin du XIXe siècle, puis le XXe siècle, voient émerger chez les artistes une nouvelle conscience de leur rôle, qui les conduit à se rassembler. L'art s'affirme alors comme un véritable champ d'expérimentation : techniques et modes de travail sont partagés au sein de « groupes », appelés aussi « mouvements » ou « tendances ». Cette notion d'un travail collectif surgit dans une conception de l'art qui assigne en général un caractère individuel à l'acte créateur. Identifier ces associations entre artistes, c'est d'abord comprendre les motivations, souvent définies par un manifeste, qui sont à leur origine. Un groupe peut se fonder sur des bases très diverses : autour d'une revue (De Stijl), d'une localité (Pont-Aven), d'une technique (le collage pour Braque et Picasso), d'un thème (le futurisme) ou de pratiques (le travail en plein air et en groupe pour les impressionnistes). Si elle est le plus souvent revendiquée, cette complicité entre créateurs est parfois déterminée par la critique, qui dégage des caractéristiques communes à divers travaux. L'analyse des mouvements permet aussi d'établir le degré de proximité entre les artistes. C'est à cette approche que convie cet ouvrage. La période couverte, de l'impressionnisme à nos jours, est marquée par le foisonnement des démarches et des formes. Les questions posées par les cubistes, les informels, les minimalistes, les conceptuels ou les pointillistes côtoient celles, plus récentes, du corps, de l'identité, du genre, de la postmodernité ou du postcolonialisme. La présentation, chronologique, fournit une abondante documentation : époque d'un mouvement donné, origine de son nom, fondateurs, principaux représentants, manifestes, lieux, expositions, revues et textes contemporains, sans oublier des reproductions d'oeuvres, accompagnées de commentaires. Le lecteur dispose ainsi des repères nécessaires à une meilleure appréhension de l'art contemporain. L'ouvrage est complété par un index général et un index des artistes.

  • Pop'art

    Marco Livingstone

    • Hazan
    • 4 Octobre 2000

    Le Pop Art est la manifestation la plus populaire de l'art moderne. Ses stars, Andy Warhol en tête, sont les plus célèbres, les plus médiatisées. Et pourtant le mouvement est mal connu, et le terme même de « mouvement » peut se discuter puisque les artistes n'ont pas constitué de groupe ni publié de manifeste.
    Marco Livingstone retrace avec une documentation originale l'évolution du Pop depuis les gestes fondateurs de Johns et Rauschenberg dans les années 50 jusqu'au « néo-Pop » des années 80. Il examine ses sources (le dadaïsme, Duchamp...) et ses prolongements actuels européens et américains. Il définit les constantes sans lesquelles on ne peut parler de Pop : l'utilisation d'une imagerie empruntée à la culture des masses (publicité, bande dessinée), la présentation frontale et sans relief, la prédilection pour les aplats de couleur pure cernés de contours francs, l'emploi de techniques dépersonnalisées où la main de l'artiste intervint le moins possible, l'immersion dans l'actualité des médias.
    Les détracteurs du Pop l'accusaient d'élever le Kitsch à la dignité d'une esthétique et prévoyaient qu'il serait aussi éphémère que la culture des masses dont il tirait sa substance. Ce livre montre, grâce à une illustration magnifique, toute l'importance et l'actualité du Pop, sans lequel l'univers qui nous entoure ne serait pas ce qu'il est.

  • A l'occasion de l'exposition « Bonnard, peindre l'Arcadie » (16 mars-19 juillet 2015), le musée d'Orsay a demandé à Joann Sfar de réaliser une planche ou texte témoignant de son amour pour le peintre. C'est devenu une aventure en dessins et peintures, librement inspirés de l'oeuvre de Pierre Bonnard, à paraître le 1er avril prochain aux éditions Hazan, en coédition avec le musée d'Orsay.

  • Peintre de l'école ukiyoe, sous l'époque Edo, contemporain et rival de Kiyonaga, Utamaro ou Eishi, Masayoshi (1764-1824) semble avoir trouvé un certain répit après 1795, une fois appointé peintre officiel du daimyo ou gouverneur du domaine Tsuyama de la province de Misamasaka. Les loisirs liés à sa position lui permette d'explorer les voies d'un nouveau style qui lui valut la célébrité : tournant esthétique qui correspond à son adoption du nom de Kuwagata Keisai (en 1794, pense-t-on).
    A partir de 1796, il publia en effet une série d'albums inaugurant un style graphique cursif et minimaliste au dessin virtuose et très suggestif sous le nom de Ryakuga ou style de dessins abrégés, genre qui n'était pas absent de la tradition mais qu'il relança par son talent. L'esprit de simplification de ses compositions, leur tour elliptique et leur veine humoristique rencontrèrent beaucoup de succès. Encouragé par cet accueil, il développa ce genre de croquis, dont devaient s'inspirer ses contemporains à commencer par Hokusai dans sa Manga, à travers un certain nombre d'albums conçus comme des encyclopédies et des manuels d'initiation au dessin.
    Cet ouvrage réunit pour la première fois l'ensemble de ces six albums dont le public français ne connaissait jusqu'ici que deux publications : le premier album de caractère général, Ryakugashiki (1796), puis ceux consacrés aux animaux (Choju ryakugashiki, 1797), aux personnages (Jinbutsu ryakugashiki,1799), aux paysages (Sansui ryakugashiki, 1800), aux proverbes (Kotowazagaen, 1808) et aux douze mois de l'année (Keisai ryakugaen,1823).
    Au XIXe siècle, les amateurs occidentaux prisèrent le style de Keisai, qui était apprécié par Rodin, autre dessinateur virtuose, et par le critique Théodore Duret, favorable aux impressionnistes et en particulier à Manet.
    Dans un livret imprimé à part, les préfaces originales des albums sont traduites du japonais ancien. Les planches sont commentées et l'ensemble introduit par le grand spécialiste Matthi Forrer.

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