Hoebeke

  • On se souvient de l'affaire Siné, qui valut à l'intéressé son licenciement de Charlie Hebdo après seize ans de collaboration régulière. Cet événement - à l'origine de la création de Siné Hebdo - a eu le mérite de nous rappeler la capacité d'expression et d'indignation sans pareille d'un des plus grands caricaturistes du XXe siècle. Né en 1928, fils d'une bistrotière de Belleville et d'un ferronnier, Siné fourbit ses armes à l'école Estienne, où il entre à quatorze ans. Quatre ans plus tard, il fait des débuts plutôt prometteurs dans la publicité. Mais Siné veut s'orienter vers le dessin de presse. Il y a une rage en lui qui ne trouve pas à s'exprimer dans les campagnes qu'il dessine, que ce soit pour la Loterie nationale ou pour Schweppes. Ses premières contributions donnent le ton, il y malmène déjà les flics, les militaires et les curés. Ses débuts sont salués par le Prix de l'humour noir qu'il reçoit en 1955. Mais sa cruauté le rend impubliable dans la presse. De la rencontre avec Leonor Fini naît, en 1957, un livre sur les chats, best-seller qui lance sa carrière de caricaturiste. L'Express le sollicite en 1958 pour chroniquer l'actualité - ce qui ne va pas sans faire de vagues. Siné y exprime violemment son opposition à la guerre d'Algérie. En désaccord avec la rédaction, il claque la porte de l'hebdomadaire en 1962 pour créer Siné Massacre, un journal sans concession, profondément antigaulliste, qui heurte les autorités de l'époque : neuf numéros, neuf procès. Il récidive en 1968 en créant L'Enragé : aucune contestation aussi radicale ne s'était exprimée depuis L'Assiette au beurre. On retrouve également Siné dans le magazine Lui, dans L'Evénement du jeudi ou aux côtés de Coluche lors de sa campagne présidentielle de 1981. On retient souvent de Siné ses coups de gueule furibonds, notamment dans l'émission " Droit de réponse " de Michel Polac, dont il fut un collaborateur régulier. C'est extrêmement réducteur, comme le démontre cet ouvrage retraçant soixante ans d'une participation pour le moins active à la stimulation de l'esprit critique. En effet, Siné ne répugne jamais à monter à l'abordage lorsque ses convictions sont menacées ou qu'un quelconque pouvoir cherche à porter atteinte aux libertés de chacun... Il s'y applique toujours avec le talent indémodable d'un immense graphiste.

  • Sous une présentation luxueuse, et superbement illustré par Samivel, voici enfin réédité le texte inoubliable d'Alphonse Daudet. D'une plume vive, colorée et spirituelle, l'auteur des Lettres de mon moulin et de L'Arlésienne évoque le voyage en Suisse, et en pleine Belle Époque, du héros qu'il a créé : l'illustre, le désormais immortel Tartarin de Tarascon ! Cette réédition se trouve enrichie d'une préface et d'illustrations hors texte en couleurs de Samivel.

  • Cet ouvrage réalisé par l'un des plus grands graphistes français (créateur de la célèbre couverture de la collection Folio) traite de la présentation intérieure des livres. Massin y aborde les éléments fondamentaux de la mise en pages : l'espace, le mouvement, la durée, la couleur... Il traite aussi, d'une manière plus didactique, des problèmes qui se posent aux graphistes : la construction de la page, l'utilisation des caractères, le rôle du blanc...

  • A travers des aquarelles du monde de la montagne, retrace l'univers d'un homme toujours hanté par les sommets.

  • «Sur les murs de la classe, il y a des images très belles tout en couleurs : il y en a une avec toutes les mesures, grandes comme en vrai, une autre c'est une carte de géographie. Quand c'est la leçon de choses le maître sort d'un étui un grand carton épais qu'il déroule avec soin pour l'accrocher par-dessus le tableau noir en passant les deux crochets dans les trous avec du cuivre autour juste prévus pour ça. On est contents, dans la classe, on sait que ça va être la leçon de choses. On aime bien ces images, celles qui sont aux murs tout le temps, on les regarde même quand c'est pas l'interrogation. Et on se raconte des histoires.»Cet album réunit plus de cent cinquante planches pédagogiques ou tableaux didactiques publiés entre le milieu du XIXe siècle et les années 1960.Chacun se souvient de ces planches qui rythmaient les leçons tout au long de la journée de l'écolier. Les plus anciennes illustraient la «leçon de morale» qui ouvrait la classe avant que l'instituteur ne les commente par quelques histoires édifiantes.D'autres aidaient à comprendre les délicates règles d'orthographe et de calcul. Quant aux grandes cartes de géographie, elles étaient la porte ouverte aux rêves, aux désirs d'évasion, et seule la baguette du maître ramenait brutalement à la réalité.Il y avait aussi les planches de «sciences nat'», celles sur l'Histoire de France et ses héros, et pour les plus petits, les planches d'élocution pour bien apprendre le vocabulaire et la prononciation...François Cavanna, s'aidant de ses propres souvenirs de la communale, retrace avec humour la vie des différents écoliers qui ont été à tout jamais marqués par ces images. Avec lui vous allez redécouvrir ces planches qui ont traversé les générations, véritables petits chefs-d'oeuvre de minutie et de poésie souvent involontaireUn album qui fait revivre de nombreux souvenirs et une grande page de notre histoire commune.

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