Ibis Rouge Editions

  • Dans un jeu de questions-réponses, Alexis Tiouka raconte les luttes qui animent les peuples amérindiens de Guyane depuis les années 1980, et dont il a été lui-même acteur.
    Il retrace le parcours de la première génération de leaders du mouvement autochtone guyanais, passée par les « homes indiens » et l'école française. Du grand rassemblement des Amérindiens de Guyane en 1984 aux revendications pour la terre et aux négociations internationales : quatre décennies de luttes ont façonné le mouvement autochtone guyanais.
    Pourtant, 10 ans après l'adoption par les Nations Unis de la Déclaration des droits des peuples autochtones, la France a toujours tendance à oublier qu'en faisant des Amérindiens des citoyens français, elle inscrivait de fait la question de la diversité au sein de la République.

  • Prix Carbet de la Caraïbe 2001
    Le Nègre du Gouverneur (1978) est suivi de Guyane pour tout dire (1980) et Le mal du pays (1980), deux longs poèmes.
    Au-delà de l'intérêt historique, de l'intrigue bien menée et d'une technique narrative fondée sur la mise en abyme, cette chronique est ainsi une interrogation de Serge Patient sur l'idéologie de l'assimilation, un siècle après l'abolition de l'esclavage et trente ans après la loi de la départementalisation de 1946. Qu'elle s'appelle assimilation, intégration ou même marronnage intérieur, cette quête n'est-elle pas une illusion ? l'esclavage, il n'y a qu'une alternative : la liberté totale, ou alors la soumission totale.
    Questions toujours d'actualité, n'est-ce pas, en ces temps où le « changement de statut » remplace, dans le langage politique comme dans le discours social, les trop illusoires « indépendance », « autonomie ». Mais attention, nous sommes dans un de ces pays où une illusion en appelle toujours une autre.

  • Severo Blanco est un négrier rusé et ambitieux, prêt à tout faire pour s'enrichir. Son bateau échoue un jour sur les côtes africaines et il parvient à capturer les meilleurs hommes afin de les réduire en esclavage. Même le puissant magicien Taïta Osongo se retrouve enchaîné sur le chemin des plantations caribéennes... Mais la richesse et la puissance ne préservent pas Severo Blanco du malheur. Sa propre fille sera la première à oser le défier, et un ennemi oublié réussira à lui rendre coup par coup toute sa méchanceté.
    Un conte nouveau où l'auteur cubain réveille plusieurs traditions pour aborder les grandes questions humaines de la lutte contre l'oppression des plus faibles.

  • Laurence, jeune femme active, quitte le foyer familial pour s'installer dans son propre appartement. Au cours d'une soirée chic, elle fait la connaissance de Mike, jeune responsable commercial au charme dévastateur, qui la séduit immédiatement grâce à sa joie de vivre et sa galanterie. Elle partage avec insouciance sa vie de fêtes et de prestige.
    Mais, jour après jour, le portrait de Prince Charmant moderne de Mike s'écaille laissant deviner un être manipulateur, spectre d'une vie pleine de paillettes, qu'elle n'aurait jamais imaginé. Aveuglée par son amour pour lui, elle le laisse l'entraîner sur la pente d'une dangereuse addiction à la cocaïne.
    C'est alors pour cette jeune femme, une inexorable descente aux enfers.
    Quand les voies de l'amour et de l'ambition vous mènent sur les ­chemins de la dépendance, être fort c'est parfois savoir demander de l'aide...

  • Les bambous

    Francois Marbot

    Fables de La Fontaine, travesties en patois créole par un vieux commandeur.
    Dépi nanni-nannan, ni moun ka matjé fab an kréyol ek nou pé di ki sé kanman litérè a ki trapé plis siksé jik jòdi-jou. Sé pa koté Moris ek La Rénion, épi dé matjè blan kréyol kon F. Chrestien (1820) ek L. Héry (1828), ki lanmod-tala tijé. Atè sé péyi kréyolopal l'Anmérik la, sé an Bétjé matinitjé, François Marbot, ki batjé adan sa primié douvan épi an liv yo ka kriyé « Les Bambous. Fables de La Fontaine travesties en patois créole par un vieux commandeur ». Apré'y, nou ka jwenn Gwadloupéyen kontel P. Baudot (1860), Guiyanè kontel A. de Saint-Quentin (1874) oben Ayisien kontel G. Sylvain (1905). Pannan tout xxè siek-la, moun kontinié matjé bon enpé fab atravè bannzil kréyol la.br>
    Sé an lanné 1846, kivédi anni dé lanné avan labolision ladjoukann, François Marbot, ki té an fonksionnè Lamarin (é pa an plantè kann), pibliyé liv-li a. Tit liv-la za ka montré nou ki chimen i té lé pwan ek, lè nou ka fè tan jété an zié anlè moral sé fab-la, nou ka konpwann lamenm : Marbot té ka défann kou koupé lod djoukanniè a. Men abo larel-lidé'y té kon sa, nou pé di ki i mété an brik adan konstriksion gran masonn litérati kréyolopal la. I pèmet lang-lan sòti adan pawol palé pou batjé adan pawol matjé ek, abo i pa té ka rikonnet kréyol kon an vré lang men kon an « patwa », liv-li a ba lang-lan an fos, an balan i pa té janmen ni avan.br>
    Nou pé pa di Les Bambous sé an metpies-liv kon Fab Konpè Zikak éti Gilbert Gratiant, an Milat matinitjé, mété déwò nan lanné 1958, kivédi pres yon siek pli ta, men liv Marbot a ka chayé anlo endik ba nou asou léta lang kréyol-la nan mitan xixè siek-la ek sa krey-sosial bétjé a té ni nan lespri'y an lépok-tala. Sé pou sa yo viré édité'y senk fwa ek adan dènié édision-tala, nou ka ba zot teks-la adan dé model lékriti diféran : ta Marbot a ek nouvo grafi gerec-f la. Nou fè an tradiksion nef tou davwè ta Michel Thaly a, adan édision 1976, la té ni anlo lérè ki grav andidan'y.br>
    L'auteur
    François Marbot, ki fet lè 29 mé 1817 atè Foyal (ansien non Fodfwans), té yich an Bétjé-Fwans ki té enstalé kò'y Matinik nan koumansman xixèsiek-la. An lanné 1829, Marbot ka antré adan ladministrasion Lamarin kon papa'y menm ek i ka sèvi Matinik, Gwadloup ek Guiyàn pannan pliziè lanné. An 1863, i ka trapé an pos ki pòtalan toubannman : owdonatè La Rénion ki sé pres an pos gouvènè. Men lanmò ka baré'y twa lanné apré, lè 31 oktob 1866 La Rénion éti i téré. Sé lè i té Matinik, an 1846, kivédi dé lanné avan labolision ladjoukann, i pibliyé sel liv-li, Les Bambous. Fables de La Fontaine travesties en patois créole par un vieux commandeur, ki trapé anpil siksé ek ki yo ka viré édité jik jòdi-jou.

  • Prix Carbet des lycéens 2006
    Thibault vient d'être reçu à un concours de la fonction publique, il choisit la rue Oudinot comme affectation. Il accompagne cette nouvelle, qu'il annonce à son père, libraire du 15e arrondissement de Paris, des résultats d'une analyse qui prouve sa filiation. Pourquoi une telle démarche?
    Ce roman, dont le récit se construit sur trois siècles nous entraîne dans les méandres de la génétique et d'une histoire délibérément dissimulée.

  • Après le succès de Pa ban gaz, une étude sur le créole des jeunes, Marie-Rose Lafleur nous revient avec une étude de l'image des femmes dans la littérature orale et la culture populaire.

    Pour ce faire, elle est partie du lexique des devinettes, des proverbes, des contes, des chansons folkloriques et des croyances. De son analyse socio-anthropologique sur le statut de la femme aux Antilles françaises, elle dégage deux images de la femme, la femme mère, pilier de la famille, qui atteint dans la culture populaire la « consécration », c'est Marie qui s'oppose à Eve, « fanm, sé kabann a sèpan ». Dans cette deuxième représentation, la femme est perçue comme dangereuse et est affublée de stéréotypes négatifs et le plus souvent dévalorisée.

    Illustrations de la couverture et de l'intérieur: Christophe Lefaivre.

  • Ce dictionnaire répond à une préoccupation de trente cinq ans, lorsqu'il est apparu à l'auteur la possibilité et la nécessité d'écrire le parler guyanais. A cette époque il fallait faire fi des tabous nés de l'omniprésence de la langue française et accepter une originalité qui n'en découlait pas directement. Le pas a été franchi, puis le sillon suivi. Aussi, cette humble contribution s'adresse à tous ceux qui, créolophone ou créolistes recherchent les bases écrites du créole guyanais...
    Plus de 5000 mots et expressions courantes.

  • « Je te parle ainsi à coeur ouvert... »
    A. Jorset, Lettre à son père, 19 août 1915.
    Appelés à connaître le service militaire très tardivement, avec l'application de la loi du 7 août 1913, qui organise pour la première fois la conscription des citoyens français dans les « vieilles colonies » de la France, les jeunes Guyanais ne connaissent pas, dans leur pays d'origine, de tradition militaire « historique » avant la guerre de 1914-1918.
    La Grande Guerre est le premier conflit armé dans lequel des soldats guyanais sont mobilisés. Ils se retrouvent en Flandres, en Champagne, en Lorraine, aux Dardanelles, en Macédoine, également en Afrique.
    Le contingent guyanais, reflet de la faible population de la colonie, fut peu nombreux, moins de deux mille soldats tout au plus. Aucun ancien combattant guyanais n'a publié de souvenirs de guerre après le conflit. Peu de poilus guyanais ont tenu la plume, ou plutôt peu d'écrits de soldats, rédigés pendant la guerre, nous sont connus ou nous sont parvenus : des témoignages, quelques lettres, et surtout un « Carnet d'impressions... », journal manuscrit tenu par un soldat de Cayenne, marié, jeune père de trois enfants en bas-âge, fauché par la mitraille dans l'Aisne en 1918.
    Les Paroles de poilus guyanais, quoique peu nombreuses, n'en sont que plus précieuses pour mieux appréhender, même partiellement, ce que fut la réalité humaine - psychologique et matérielle - du premier conflit mondial pour ces jeunes hommes, dont la plupart foulaient pour la première fois le sol de France, la « mère patrie », ou allaient combattre dans des pays dont le nom-même leur était jusque-là inconnu.

  • L'histoire littéraire de la Guyane, longtemps méconnue, fournit une abondante matière à des analyses théoriques rigoureuses, des rapports entre littérature, société et culture. Depuis les pétroglyphes, jusqu'aux auteurs du début du xxie siècle, c'est à un véritable voyage à l'intérieur de la Guyane littéraire auquel l'auteur convie le lecteur. Celui-ci retrouvera des noms célèbres, comme René Maran, Léon-Gontran Damas, Félix Eboué, ainsi que d'autres, moins connus, qui méritent d'être découverts.

  • Sidonie, ma Soso, prends la p'tite Milly, nous quittons la plantation ! Partons ! Partons ! Les Longchien ne doivent pas nous trouver ici ! Allons-y ! Allons-y ! Non, non, laisse tout ça. Prends juste quelques rades. Oui, oui, oui Sidonie enveloppe-la dans un drap et prends-en d'autres. Ignace, mets tout ça dans le pagara là, allez ! Allez ! Ne traînez pas !
    Ambroisine M'Boyo les fit passer devant, prit quelques objets particuliers qu'elle cachait sous son lit ainsi que dans chaque coin de sa cabane, suivit ses petits-enfants en leur indiquant le sentier à emprunter jusqu'au Vieux Mannly.

  • Des soldats guyanais, issus d'une société qui n'a pas connu la guerre et ne possède pas de tradition militaire, sont amenés à partir de 1914 à aller combattre en France, la « mère patrie » que la plupart d'entre eux ne connaissent pas, mais également sur les différents théâtres d'opération de la Grande Guerre, au sein de l'armée coloniale ou dans des régiments métropolitains.

    Le « contingent » fourni par la Guyane en 1914-1918 a été numériquement faible, au regard du nombre de soldats venus des autres territoires de l'Empire. Avec les soldats antillais, les conscrits guyanais ont eu peu de place dans l'historiographie des coloniaux de la Grande Guerre. Pourtant, ils prirent leur part de courage et de souffrance, ils connurent l'héroïsme, le doute et la peur, comme l'ensemble des combattants. Certains ont laissé leur vie sur le champs de bataille, d'autre moururent de maladie, ou furent mutilés, dans leur corps ou dans leur âme.
    Cet ouvrage se propose de faire mieux connaître ce que fut la Grande Guerre pour cette colonie, et pour ses soldats, de découvrir les itinéraires personnels de quelques uns d'entre eux, et enfin de porter un regard sur la construction mémorielle de la Première Guerre mondiale en Guyane après l'armistice de 1918.

  • ?La Guyane n'est souvent connue qu'au travers des clichés et des idées reçues. Il aura fallu l'aventure spatiale française et européenne pour ébranler le mythe de l'enfer vert que l'époque du bagne a épinglé à l'image déjà largement ternie par une histoire turbulente et violente, d'un bout de terre française en Amérique du Sud. De fait, la Guyane est souvent mal connue et rarement comprise. Cette terre de contrastes, d'extrêmes et de richesses variées mérite pourtant que l'on s'y intéresse pleinement. Cette perle de paix dans une région de misère et de violences offre à qui y consent quelque attention mille trésors.
    L'ouvrage du Commissaire Capitaine Romain Petit est une excellente introduction à la Guyane. Fruit d'un travail personnel remarquable, il aborde tous les domaines avec passion et une grande objectivité. Sans tabous, l'auteur y traite de l'histoire, de la politique, du rôle des syndicats, du port spatial européen et des enjeux de défense.

  • En novembre 2008, Elie Domota, alors secrétaire général de l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (ugtg), déclare au sujet de la flambée des prix des carburants : « Les Guadeloupéens ne sont pas des vaches à lait. Ils en ont marre de se faire escroquer ».
    On est alors bien loin de présager la tournure des évènements à venir en Guadeloupe et dans les autres départements français.
    Pouvoir d'achat en baisse. Sentiment d'injustice par rapport aux tarifs à la pompe. Chômage toujours élevé. Crise économique mondiale. Climat social extrêmement tendu.
    Le LKP (Lyannaj Kont Pwofitasyon) est créé et sur toutes les lèvres un mot résonne : pwofitasyon. La Guadeloupe s'embrase.
    Sous la forme d'un abécédaire, Mylène Colmar et Axelle Kaulanjan-Diamant nous expliquent le mouvement général historique du 20 janvier au 4 mars 2009 en alliant des faits journalistiques et des analyses sociologiques.

  • Entre guerre et dominations religieuses, faiblesses humaines et militaires, l'implantation du catholicisme est improbable aux premiers temps de la colonisation en Guyane.
    Quand l'identité du royaume de France - et donc du catholicisme - est considérée comme acquise, les jésuites doivent s'atteler non pas à une mission en Guyane, mais à un triple apostolat : d'abord auprès des colons venus de France et d'Europe dont il est difficile de conserver une conduite chrétienne, auprès des Amérindiens si déroutants par leurs croyances et leur mode de pensée au point de déstabiliser, parfois, les méthodes jésuites, et enfin auprès des esclaves qui soulèvent peu d'enthousiasme évangélique.
    Les Compagnons de Jésus mènent une colonisation temporelle par les habitations qu'ils possèdent, par le collège dans lequel ils enseignent, par le palais dans lequel ils brillent ; mais le centre de leur mission apostolique est avant tout une colonisation spirituelle. Riches de leurs expériences mondiales, ils s'adaptent, affinent leur méthode de quadrillage spirituel du territoire, allant à l'ouest avec Kourou et Sinnamary, à l'est sur l'Oyapock.
    Cet élan missionnaire devra brusquement s'interrompre, pour ouvrir la voie à d'autres destinées religieuses.

  • ?Cet ouvrage se veut support de transmission ; nous souhaitons y montrer la richesse des musiques vocales et instrumentales parikwene (palikur), et contribuer plus généralement à une meilleure connaissance de cette culture.
    Lors de la préparation de ce livre, les séances de travail, collectives, ont permis d'identifier les répertoires et de les décrire, de commenter les modalités de leur transmission, d'engager un travail d'écriture à plusieurs mains.
    Pival, musicien, grand connaisseur de sa culture, et en particulier des danses pour clarinettes aramtem.
    Berchel Labonté, responsable culturel, président de l'association culturelle Takaa.
    Ady Norino, responsable culturel, chargé des archives parikwene.
    Jean-Michel Beaudet, chercheur - enseignant, anthropologue de la musique et de la danse.
    Texte bilingue franco-brésilien.

  • ?Les décideurs et le grand public disposent ici d'une Nouvelle histoire de la Guyane, documentée à la lumière des travaux les plus récents, et illustrée de photographies d'objets emblématiques du patrimoine, témoignant de la dynamique des cultures guyanaises. L'ouvrage permet de comprendre aisément les mutations dont le pays a été l'objet.
    Durant les trois siècles de la période coloniale (1676-1946), les espaces naturels, qui couvrent encore aujourd'hui plus de 80% du territoire, sont perçus comme des obstacles à la mise en valeur, et la pauvreté de la colonie est le lot commun d'une population qui est constamment menacée d'extinction. La départementalisation (1946) change radicalement la vie des hommes. A la fin du xxe siècle, au prix de graves déséquilibres du développement, le nouveau département affiche en effet un niveau de vie relativement élevé, et connaît une exceptionnelle croissance démographique.
    L'état de la Guyane contemporaine est néanmoins le fruit de longues tribulations coloniales, au cours desquelles toutes les composantes de la population ont dû adapter leurs manières de voir. Qu'il s'agisse des Amérindiens dans la situation précoloniale comme dans celle créée par la colonisation française ; des ancêtres de ceux que l'on désigne aujourd'hui par le terme de Créoles, qui ont connu et le système esclavagiste et la lutte pour « l'assimilation », valant à leurs yeux décolonisation ; ou encore de ces hommes et de ces femmes qui ont rompu avec la vie sur les habitations esclavagistes du Surinam, pour créer les sociétés marronnes (bushinenge), l'un des lieux les plus remarquables de l'extraordinaire diversité culturelle guyanaise.
    L'ouvrage met plus particulièrement en relief les traits de la nouvelle société guyanaise, née de la départementalisation de la colonie (1946), marquée par l'enfermement dans le cercle vicieux de la dépendance économique, et confrontée aux défis que posent les contraintes de l'immigration récente et ceux d'un développement économique que tous appellent de leurs voeux.

  • ?Albert Béville (1915-1962), de son nom de plume Paul Niger, aura marqué de son empreinte la littérature négro-africaine et antillaise ainsi que l'histoire politique des Antilles et de la Guyane. Poète, romancier, essayiste, militant politique, il est du premier cercle autour d'Alioune Diop qui va porter sur les fonts baptismaux la revue Présence Africaine. Initiateur avec, entre autres, Édouard Glissant du Front des Antillais et Guyanais pour l'autonomie, dissous par de Gaulle, il portera une critique radicale de l'assimilation et sera un des penseurs fondateurs du «?nationalisme » antillais.
    Florilège de témoignages : Aimé Césaire estime qu'il « a été un des ouvriers de la résurrection de l'Afrique. [...] Son expérience des affaires administratives, sa connaissance du monde, sa probité intellectuelle, son tranquille courage, sa mesure, [...] faisaient de lui, un leader irremplaçable » ; pour Édouard Glissant « Albert Béville était parmi nous irremplaçable » ; et Guy Tirolien, « ne pense pas qu'il y ait beaucoup de Guadeloupéens qui aient été aussi favorisés par le destin pour faire un tel travail de jardinier intellectuel ».

  • - Treize oeufs ! Treize poussins ! Treize catastrophes !

    C'est ainsi que les animaux de la ferme accueillirent Hum-Hum et ses frères. Mais treize est-ce toujours un porte-malheur ?

  • Ce récit tente de raconter, au rythme d'un calendrier imaginaire, un condensé de ressentis, d'actions, de réactions aux rencontres, d'éléments prévisibles et inattendus ayant jalonné sur dix ans la réalité de mes jours marquée par l'inconscient de mes nuits. Quelques huis de mon parcours vital dévoileront sous forme d'allers-retours dans l'Entre-deux, l'envers ou le décor d'événements personnels et/ou politiques fondamentaux qui ont changé le cours des choses, de voyages intérieurs et extérieurs, de migrations, d'acculturations et d'échanges, ornés de joies côté face, parsemés de douleurs côté pile... Une existence de funambule jonglant sur les frontières. Pile ou face, le jour face à la nuit ; pile, l'enfance, face, la maturité. Pile, la mort ; face, la vie, ou le contraire, comme toutes les vies, de janvier à décembre, de mois en mois, une vie à pile ou face.

  • Entrées dans l'Histoire en même temps, voilà quatre cents ans, la Nouvelle-France et la France équinoxiale ont connu des destins bien différents.
    À l'origine cependant, d'intrépides personnages en robes noires ont fait le même pari d'aller conquérir les âmes des Peaux-Rouges peuplant les vastes territoires de ce qui allait devenir le Québec et la Guyane.
    Peu nombreux, mais animés d'une foi hors du commun, les ­missionnaires de la Compagnie de Jésus initiaient ainsi une ­aventure aux fortunes diverses...
    Ad Majorem Dei Gloriam !

  • Gilbert Pago nous retrace la résistance des femmes des campagnes martiniquaises dans les 22 années qui ont suivi l'épopée de 1848.

    L'auteur relate cette dure page à travers le personnage de feu que fut Marie-Philomène Roptus, mieux connue sous l'appellation de Lumina Sophie dite Surprise, une des insurgées les plus actives de l'Insurrection de 1870 dans les campagnes du sud de la Martinique.

    De Surprise, celle dont on a dit qu'elle fut la figure de proue de la révolte, l'image même de ces femmes représentant la flamme de l'insurrection, la biographie manquait !

    Gilbert Pago lui rétablit son identité, fait découvrir son lieu de naissance, la campagne de son adolescence. Il nous fait connaître sa grand-mère, sa mère, son frère, ses oncles et tantes, ses cousins et cousines, sa filleule, son concubin et son fils. Il nous décrit l'univers impitoyable que fut le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni où elle passa les huit dernières années de sa vie avant de mourir à l'âge de 31 ans.

    Il nous fait défiler l'histoire passionnante, douloureuse et tragique de Marie-Philomène Roptus dite Lumina Sophie dite Surprise, insurgée et bagnarde, femme-flamme du Sud en révolte.

  • L'édit de mars 1685 qui définit le cadre réglementaire de ce qui deviendra ultérieurement le Code noir, se fixe pour objectif de « maintenir la discipline de l'Eglise catholique, apostolique et romaine ». Les six premiers articles portent sur le respect des rites, des oeuvres et des sacrements de la dite Eglise aux colonies ; baptême et ­instruction religieuse, repos du dimanche.
    La présence missionnaire aux colonies, à cette époque, est conséquente. Les pères Dutertre et Labat comptent parmi les premiers chroniqueurs de la nouvelle société coloniale des îles.
    Cet ouvrage, qui présente la crise religieuse dans les trois décennies pré-révolutionnaires, est ainsi un jalon important dans la connaissance des sociétés coloniales, martiniquaise en l'occurrence. Il incite en creux à un prolongement pour la période révolutionnaire, et surtout impériale, encore bien mal connue, pour faire le lien avec les perspectives tracées pour le xixe siècle par Philippe Delisle (Catholicisme, esclavage et acculturation au XIXe siècle, Ibis Rouge).
    Mêlant histoire institutionnelle, ­histoire sociale et histoire culturelle, Cécilia Elimort très jeune chercheuse s'inscrit avec brio dans le renouvellement à l'oeuvre de la recherche en histoire de la colonisation moderne.

  • Située au coeur des vastes savanes qui caractérisent ce seuil de l'Ouest guyanais, la ville de Sinnamary est dotée d'un passé historique très riche, qui remonte aux premières occupations amérindiennes de l'ère pré-coloniale.
    En 1914, commune essentiellement agricole, vouée à l'élevage du gros bétail et aux cultures vivrières, sa situation sur le fleuve en fait aussi le lieu privilégié pour le commerce des comptoirs, qui sont nombreux à alimenter en vivres, outils et matériaux les sites de production aurifère du Haut-Sinnamary, dans la zone de Saint-Elie.
    Si ce n'était la présence symbolique d'un monument aux morts au centre de la commune, que resterait-il du souvenir même de la Grande Guerre ? La participation des Sinnamariens au premier conflit mondial, sur un grand nombre de théâtres d'opération, a disparu de la mémoire collective. Et pourtant, si l'on considère la modeste population d'alors, ils furent assez nombreux à être appelés à partager le sort de leurs frères d'armes de la « Mère patrie ».
    A travers le parcours de ces jeunes soldats dans la guerre 1914-1918, c'est une séquence aujourd'hui méconnue voire oubliée de l'his­toire de la ville qui est évoquée.

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