Michalon éditeur

  • Journaliste et sympathisant cégétiste, Jean-Bernard Gervais intègre les rangs de la Confédération générale du Travail fin 2016, comme conseiller en communication. La Confédération vient de perdre la bataille contre la loi Travail, menée par son tout nouveau secrétaire général, Philippe Martinez.

    Pour le conseiller en com' qui se pense alors au plus près de ses convictions, l'illusion sera de courte durée. Au siège de la CGT, à Montreuil, se côtoient des « camarades » sans morale, des militants nostalgiques et des opportunistes sans états d'âme, évoluant dans un climat de crainte et de jalousie. Durant deux ans, il sera ainsi le spectateur impuissant de la lente mais inexorable perte de vitesse de la CGT, grevée par ses échecs consécutifs - les ordonnances Macron et la réforme de la SNCF - et spoliée de sa place de premier syndicat de France au profit de la CFDT. Sur le terrain du combat social, force est de constater que la lutte se fait désormais ailleurs, au sein de corporations et de secteurs mieux organisés et plus déterminés, bien éloignés des querelles et mesquineries de la direction de la Confédération.

    Le diagnostic corrosif d'un militant désabusé, sur les pathologies qui rongent ce qui fut le fer de lance du mouvement ouvrier, devenu aujourd'hui le royaume d'un seul homme : Philippe Martinez.

  • Le Havre, 1910. Jules Durand, docker charbonnier, est injustement accusé de complicité d'assassinat d'un contremaître. Son véritable tort en cette période de grève sur le port : être syndicaliste et oser se révolter contre les indignes conditions de travail imposées par la Compagnie générale transatlantique. S'ensuivent une parodie de procès et une condamnation à mort. Mais face à l'injustice, l'indignation et la mobilisation populaire finissent par payer. La Cour de cassation reprend le dossier et innocente Durand. Trop tard cependant : Jules Durand, syndicaliste autodidacte, pourfendeur de l'alcoolisme ouvrier, finira sa vie à l'asile.

    Comment la machine judiciaire a-t-elle pu s'enrayer au point de condamner à mort un innocent ? Surtout, comment cette affaire retentissante en son temps, qui mobilisa l'opinion publique et les intellectuels de l'époque - Jaurès en tête -, a-t-elle pu être frappée du sceau du silence ? Avec son regard de praticien et documents à l'appui, Marc Hédrich tente de percer le mystère de cette amnésie collective. Le présent ouvrage apporte ainsi un éclairage aussi rigoureux que précieux sur ce crime judiciaire sur fond de justice de classe : le contexte, les acteurs du drame (dont le jeune avocat de Jules Durand, un certain René Coty) et les suites du jugement, en même temps qu'il dresse le tableau saisissant d'une époque, notamment des misérables conditions de vie des charbonniers.
    Le récit d'une des plus grandes erreurs judiciaires du XXe siècle.

  • En 2011, lorsque surgit une question relative à la pollution des nappes phréatiques dans le nord de la France par une substance chimique - le perchlorate - retrouvée dans l'eau du robinet au niveau des anciens champs de bataille de 14-18, le doute s'installe : y aurait-il un lien avec la Grande Guerre ? Là-bas, près de Verdun, en pleine forêt, rien ne pousse. Exception visible, ou n'a-t-elle fait qu'échapper au crible de l'oubli ? Que se cache-t-il sous terre, entre preuves et soupçons ?

    À la fin de la Première Guerre mondiale, on estime au total, plus d'1,5 million d'obus chimiques et 300 000 obus explosifs ont ainsi été éliminés dans la Meuse, près de Verdun. L'usage, la destruction et le recyclage de cet arsenal cyclopéen constituent aujourd'hui un héritage toxique centenaire. La Meuse n'est ni un cas ni un département isolé : ailleurs, d'autres lieux ont assimilé le traumatisme tellurique de la Grande Guerre.

    L'enquête historique et environnementale de Daniel Hubé, géologue de métier mais surtout par passion, ne figure dans aucun livre. Sa mission ? Faire émerger du passé des questions enfouies. Ses pérégrinations l'ont conduit vers des spécialistes des munitions, puis à se plonger dans les archives, en France et à l'étranger, avant de s'armer de drones pour restituer l'un des derniers secrets de la Grande Guerre et, ainsi, "évaluer la matière à panser".
    Un document unique qui pose, aujourd'hui plus que jamais, la question des pollutions de guerre et des désastres écologiques liés aux conflits du XXe siècle.

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