Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • S'attache à mettre en application les principes définis pour analyser l'un des mythes qui nous touchent le plus aujourd'hui, celui de Pasiphaé, en s'appuyant sur les concepts de mythe littérarisé et de syntagme minimal du mythe.

  • De l'idéal de la Sainte-Russie au Moyen Age, jusqu'au foisonnement actuel des utopies sur les décombres de l'utopie au pouvoir, la Russie semble avoir été gouvernée par l'utopisme religieux, politique, social ou idéologique. Cet ouvrage permet de revisite

  • En rapprochant le commentaire du premier chapitre de la Genèse du récit de vie des «Confessions» qui le précède, l'auteur fait apparaître la dépendance poétique et existentielle entre ces textes. Dépendance qui se retrouve dans «Circonfession» de J. Derrida où la tentative autobiographique conduite en bas de page tient lieu de commentaire.

  • La poétique du langage Heidegger et de ses effets sur la philosophie, la littérature, les sciences humaines, est le travail de ce livre. Seule la poétique du statut et du traitement du langage chez Heidegger, et dans tout ce qui en est issu, tient ensemble ce qui est sans cesse disjoint par la tradition dualiste du signe : la pensée de Heidegger et le politique. Par là est montrée l'illusion d'une époque qui a pris un réalisme logique et une rhétorique d'auto-apocalypse pour une pensée originale de l'art, de la poésie, de la société alors qu'ils empêchent de les penser, et de penser la modernité. Penser à neuf la relation du langage et du temps, du langage et du sujet, en tenant par le poème l'éthique et l'histoire. C'est parce que le monde actuel de la pensée n'a pas de place pour elle, que la critique est la nécessité la plus urgente, et que son utopie ouvre un monde nouveau.

  • Peu de littératures ont connu un sort aussi tributaire des péripéties politiques que celle de la Chine populaire. Depuis la prise du pouvoir par les communistes en 1949, ce sont les multiples campagnes de rectification idéologique qui ont donné le ton de la création littéraire. Sous les consignes et la censure, le roman constitue un témoignage original de la réalité politique et sociale du pays. En évoquant les parcours mouvementés, et parfois tragiques, des écrivains, en s'attachant d'abord au contenu des romans et à leur contexte, ce livre privilégie les faits sur les commentaires. C'est ainsi, par exemple, que la Révolution culturelle apparaît sous un jour inhabituel, non pas à cause d'éléments nouveaux et sensationnels, mais parce que, pour la première fois, c'est la description objective du roman qui en donne une lecture directe et incontournable. En même temps, ce livre nous indique, au lendemain du printemps de Pékin, que la littérature est, à coup sûr, une clé pour bien comprendre l'évolution de la Chine dans les années qui viennent.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Histoire des idées et histoire littéraire se conjuguent ici pour rendre sensibles, sous la multiplicité des idéologies et des formes narratives, la cohérence et la complémentarité des représentations du tiers-monde forgées par l'imaginaire français.

  • Ce livre retrace brièvement la naissance et le développement du roman au Moyen Âge, d'abord en français, puis dans toutes les langues européennes. Son originalité est dans son approche synthétique. Il prend en compte l'ensemble de la production romanesque médiévale, dans toutes les langues et à travers tout l'espace européen. Il touche ainsi la littérature générale et comparée autant que les études médiévales, et s'adresse aussi à tous ceux qui s'intéressent à l'unité culturelle de l'Europe.

  • La série « Écrivains » est parallèle à la collection « Écriture ». Comme elle, elle voudrait être un lieu où se rencontrent et se confrontent des critiques dont les méthodes peuvent être très diverses. Tandis que chaque volume d'« Écriture » aborde un problème théorique illustré par l'analyse de textes émanant de créateurs différents par leur époque et leur tempérament, chaque essai de cette seconde collection est essentiellement centré sur un écrivain dont il entend éclairer des aspects nouveaux, dans des perspectives elles-mêmes neuves.

  • Quatre angles d'approche sont appliqués ici au genre romanesque : Une première partie de critique génétique, une seconde s'attache au temps et à l'espace à travers Zola, Maupassant, Céline, puis viennent cinq études sur la relation du romancier et de l'hi

  • Dans les années cinquante, le roman africain explore une voie novatrice qui lui permet d'entrer dans le champ du roman contemporain. A condition d'inventer une poétique magique, le roman peut raconter l'événement pur, dégagé de toute représentation : l'enjeu est d'importance pour le roman africain qui, dès l'origine, a dû se débattre avec une image imposée de l'Afrique et de son histoire.

  • Cet ouvrage aborde, en un développement continu et avec une grande liberté de ton, des problèmes très variés, de l'analyse dramaturgique aux systèmes autoréférentiels, en passant par les mythologies et symboliques anciennes ou modernes. Explicite ou non, le théâtre y apparaît comme la voix des philosophies et l'image d'une conception du monde et de la pensée. Ici, le vrai-faux théâtral conquiert moins un terrain qu'il ne s'ébahit des étranges végétations qui s'y sont développées. Qui dit : ce livre n'est pas sérieux, il a tort. Dit-il alors : ce livre est sérieux, il a tort aussi. Il a cru s'appuyer sur la logique binaire, mais le mécanisme épiménidien l'a agrippé. Ce livre, comme tous les livres, est vrai-faux.

  • L'essor du roman et de la fiction narrative en prose est un aspect essentiel de la littérature française du XVIIIe siècle. Ces seize études monographiques soulignent la fonction critique qu'assume le roman. Fictions, idées, société : le croisement de ces trois approches de 16 chefs-d'oeuvre, des «Lettres persanes à «Adolphe», aide à donner un sens à la capacité d'invention du XVIIIe siècle.

  • L'intérêt de cet essai, La littérature et la mort, tient non seulement au sujet lui-même, bizarrement peu sinon jamais abordé de front, mais aussi à la manière dont il est traité. L'auteur procède en effet à un double décentrement par rapport aux réflexions courantes. D'une part, soulignant que la mort apparaît comme un pur être de langage et un cas unique sur le plan linguistique, philosophique ou émotionnel, car radicalement inconcevable tant par la conscience que pour l'inconscient, il la définit comme une structure. D'autre part, la littérature est pour lui non un objet mais une activité, et celle-ci non l'écriture, comme on l'admet habituellement, mais la lecture : un certain mode de lecture - dont une bonne théorie du jeu rend parfaitement compte. La mort dans les livres offre donc au jeu littéraire sa structure singulière. Irreprésentable, indescriptible, inénarrable, serait-elle susceptible d'accueillir, en fonction des contextes, n'importe quelle signification ? Ou impliquerait-elle une sorte de constance de fonctionnement, détectable derrière l'infinie diversité des métaphores qu'elle articule ?

  • La nostalgie de ce que nous portons de plus ancien en nous, de ce moment sans souvenir où l'on a pris langue avec le monde sans langage, renvoie à cet autre moment de l'histoire des hommes, où ce qui n'était plus tout à fait un animal, par un premier balbutiement, s'est séparé du monde. Cette nostalgie est au coeur d'une écriture régressive, une écriture archaïque, qui mime parfois la vraie-fausse. Parole du mythe, pour mieux y renoncer et exprimer son désir - au-delà du fait littéraire - d'un silence qui n'est pas une absence, d'une vérité supérieure qu'elle ne peut atteindre, mais dont elle tient à montrer, toutefois, qu'elle en espère l'efflorescence. En s'appuyant, notamment, sur des situations principielles (comme l'égarement ou le face-à-face avec l'animal) et sur des images primordiales (la montagne, la forêt), l'auteur analyse des traits d'écriture qui touchent à tous les aspects du texte littéraire, puis en montre les effets dans neuf chefs-d'oeuvre contemporains japonais (Fukazawa Shichirô, Ôé Kenzaburô, Abé Kôbô), péruvien (Vargas Llhosa), cubain (Carpentier), brésilien (Lispector), portugais (Ferreira) et français (Brion, Le Clézio).

  • Le roman chinois moderne résulte d'un processus de synthèse et de transformation, à partir de sources d'inspiration variées. L'influence occidentale y a laissé son empreinte, mais les liens avec la littérature classique ne sont jamais rompus, fût-ce sous une forme latente et insinuante. L'interaction constante de la volonté de modernisation et de la persistance de la tradition sous-tend une production foisonnante et originale, irréductible à toute lecture européocentrique ou monolithique. Le mouvement général et la singularité textuelle sont, tour à tour, observés aux jumelles et à la loupe. Mais c'est à l'oeil nu que l'on cherche à appréhender et interpréter, dans son ensemble et dans ses détails, un tableau imprégné de préoccupations sociale et esthétique spécifiques. Cet essai, pour la première fois, montre la réalité plurielle d'une littérature, dont l'expérience voit son renouvellement chez les meilleurs écrivains de l'après-Mao.

  • Ce livre étudie la manière dont le comique bouleverse toutes les données romanesques ou dramatiques du sujet. Il affecte l'intrigue, les personnages, les idées et provoque une relation nouvelle entre le public et le texte. L'histoire devient un jeu, dans lequel le lecteur ou le spectateur ne cherche plus à savoir ce qui va arriver, mais comment les choses vont arriver. La disparition du suspense a pour effet d'éliminer le futur au profit du présent. Cet appauvrissement de la matière est compensé par une concentration de l'intérêt sur l'écriture et, particulièrement, sur le rythme et le ton qui ne correspondent jamais à la situation décrite. Le comique repose en effet sur une vision double, faite d'éléments disparates, artificiellement joints par une logique de surface, qui crée les incongruités dont se nourrit le récit. Le grand comique se caractérise par l'incroyable abondance des effets. Il s'agit, dès les premiers mots, de créer une atmosphère et de s'assurer la complicité d'un public amené à rire d'événements tristes. Ce caractère ludique est d'abord un refus de jouer.

  • Etude autour d'un corpus de textes fondateurs de notre modernité poétique.

  • "Nous avons essayé de montrer que Baudelaire et Rimbaud représentent deux tendances opposées : la tendance à voir partout l'action de la fatalité, et la tendance à montrer en chaque cas le rôle d'une liberté créatrice. [...] C'est ainsi que de Baudelaire à Rimbaud il y a ce qu'on peut appeler un éclatement de la poésie." Georges Poulet

  • Contribution à l'étude du roman historique, ce livre interroge les concepts d'Histoire (passé et discours sur le passé) et de roman (histoire, récit de fiction), en faisant appel au concept médiateur de mythe. Le roman de la Vendée et de la chouannerie met en jeu les notions de révolution (révolution-mutation, révolution-rotation), d'évolution et de contre-révolution, dans un XIXe siècle ponctué de soulèvements populaires et de réactions - le roman historique restant bien sûr tributaire de son histoire contemporaine. Centré sur un moment de l'histoire exclu, à en croire les romanciers, de l'historiographie, il élabore, sur la page blanche des écrits officiels, un mythe romanesque, à deux composantes : l'une ethnologique, puisque le Vendéen, et surtout le Chouan, font figure de sauvages au sein du monde moderne, l'autre proprement historique, les insurgés donnant lieu à des interprétations divergentes et idéologiquement tendues de l'histoire (comme passé et plus généralement comme devenir), ainsi que de la pratique discursive la mieux à même de re-présenter cette histoire. Si, pour Balzac, Hugo et Barbey d'Aurevilly, Vendée et chouannerie apparaissent comme l'autre refoulé de la culture post-révolutionnaire, aujourd'hui l'histoire a découvert l'intérêt du minoritaire et du marginal, et la théorie littéraire l'importance de l'altérité et de l'altération dans la constitution de l'identité textuelle : les analyses du Chouan romanesque s'inscrivent dans ces préoccupations.

  • La mode est à la mode : chaque mois voit paraître une histoire du costume, une biographie de couturier ou une psychologie du vêtement. Le présent ouvrage se distingue de ces diverses études, car il n'envisage le chiffon qu'à travers les grands écrivains français qui s'y sont intéressés. Le premier d'entre eux est Balzac qui, avant de décrire tant de toilettes dans sa Comédie humaine, compose, dès 1830, un Traité de la vie élégante qu'il jugera plus tard digne d'entrer dans ses Études analytiques. C'est Balzac qui établit l'acte de naissance de la mode, fruit des régimes démocratiques, comme le notera après lui Alexis de Tocqueville ; c'est lui qui incite d'autres écrivains, et non des moindres, Barbey d'Aurevilly, les Goncourt, Mallarmé, à légiférer sur l'élégance. On trouvera ici les grands noms attendus, Proust, Colette, Cocteau, et bien d'autres, qui ont fait la liaison entre littérature et haute couture. L'auteur a eu pour principale préoccupation de montrer comment la découverte émerveillée du monde de la toilette, tissus, couleurs, structure, et des mouvements qu'elle commande, a modelé, au-delà même de la description d'une robe, la phrase de maints écrivains.

  • La musique des romantiques s'inscrit à la suite de La musique des Lumières (de Béatrice Didier), dans la conception de la collection « Écriture » qui se préoccupe de la façon dont naissent les styles, les poétiques, dont les genres non répertoriés dans la rhétorique classique peuvent exister. Le développement de la musique en France, approximativement dans toute la première moitié du XIXe siècle, a provoqué, d'une part, un goût nouveau (qu'on va appeler romantique) dominé par les Classiques viennois et l'opéra international, d'autre part, une façon renouvelée d'écrire, la naissance de genres inédits (le livret d'opéra, la poésie à mettre en musique, la « sonate de poésie ») ; par-dessus tout, le roman a voulu être soit le roman de l'artiste musicien (G. Sand), soit le roman de la musique dans son mystère (Balzac), soit le roman qui recrée pour un lecteur dilettante le même plaisir que l'on éprouve à l'opéra (Stendhal). En d'autres termes, le romantisme français est très largement dominé, dans sa genèse comme dans ses formes, par le cosmopolitisme musical.

  • Pour caractériser la nouvelle de la fin du XIXe siècle, on songe traditionnellement à deux traits : la brièveté et la parution en journal. Mais ils sont superficiels. Leur lien profond est un troisième trait, constamment occulté par la critique. La nouvelle est monologique : refusant toute polyphonie, elle ne laisse respirer qu'une seule vérité, une seule « voix ». Le lecteur contemple un spectacle étrange, dont l'auteur dégage pour lui toutes les potentialités pittoresques. Ensemble, ils jettent un regard exotique sur la réalité, même la plus proche. Les Normands sont bestialisés, les employés et les provinciaux sont épinglés dans leurs ridicules, pour des lecteurs de la capitale ou du grand monde. Pareille absence de polyphonie n'est pas un accident ou le fait d'auteurs mineurs, elle est constitutive du genre. Pour le démontrer, on s'appuie ici sur un millier de textes en cinq langues, dont la totalité des nouvelles de Maupassant, Tchékhov, Verga, James et Akutagawa, le maître de la nouvelle japonaise.

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