Flammarion

  • Côte d'Azur, années 1900 : la fuite d'une mère de famille avec un séducteur rencontré la veille jette le trouble parmi les résidents d'une pension cossue. Tandis que tous condamnent l'épouse infidèle, un homme prend sa défense, suscitant l'intérêt d'une Anglaise distinguée. Elle lui raconte alors les vingt-quatre heures qui ont failli faire basculer sa vie, vers 1880, à Monte- Carlo : le spectacle d'un jeune Polonais dévoré par le démon du jeu lui avait inspiré une passion charnelle
    fulgurante...
    Dans cette célèbre nouvelle mêlant réalisme balzacien, démonisme russe et théorie freudienne, Stefan Zweig explore les origines de la passion et met au jour la puissance subversive du désir physique féminin.

    Illustration : Virginie Berthemet © Flammarion

  • « C'est à toi seul que je veux parler, raconter tout pour la première fois ; tu connaîtras ma vie entière, qui a toujours été à toi et dont tu n'as jamais rien su » : ainsi s'ouvre la lettre posthume que reçoit, le jour de son quarante et unième anniversaire, un romancier viennois, dandy séducteur et volage. À travers cette missive rédigée par une inconnue qui l'a follement aimé et dont il n'a gardé aucun souvenir, une image en creux de sa propre existence lui est soudain offerte, dans toute sa légèreté, sa vacuité, auxquelles s'oppose le tableau effrayant et admirable d'une passion totale.
    La Lettre d'une inconnue, parue en 1922, est un pur joyau de la littérature amoureuse. Zweig y campe un autoportrait trouble, et, par personnage de femme interposé, règle des comptes avec la part insouciante de lui-même, celle que les tragédies de la Première Guerre mondiale et le spectacle de la souffrance humaine n'avaient pas encore assombrie.

    Illustration : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Sur le paquebot qui le ramène de Calcutta en 1912, un jeune touriste européen rencontre un médecin des Indes néerlandaises dont les confidences lui dévoilent l'envers des splendeurs exotiques qu'il laisse derrière lui : lieu de domination raciale et sociale exacerbée, les colonies sont le tombeau des idéaux humanistes et un enfer propice aux coups de folie autodestructeurs. Déclenchée par une sordide histoire d'avortement clandestin, la crise de furie - ou « crise d'amok » - qui a fait du médecin cette loque repoussante aux yeux rougis par les larmes et l'alcool est pourtant aussi, pour lui, l'occasion d'une rédemption par l'amour... Sous la misère des êtres, la souffrance des corps, la violence des conditions, l'auteur nous laisse entrevoir la force libératrice de la passion humaine. Écrit en 1922, marqué par l'audace expressionniste des années folles, ce récit est l'un des plus noirs et des plus crus de Zweig.

    Illustration : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Quand M. Utterson, notaire de son état, entend parler d'un criminel qui a piétiné volontairement une fillette croisée dans la rue, il demeure stupéfait en apprenant son nom : Edward Hyde, l'inconnu que son ami, le Dr Jekyll, a désigné sur son testament comme unique héritier ! Il se lance alors dans une enquête policière sur le duo Jekyll-Hyde, qui le plongera au coeur de la conscience humaine...
    Stevenson, dans ce récit visionnaire qu'il qualifiait lui-même de « joli conte d'horreur », se révèle plus que jamais à l'écoute des peurs - sociales, sexuelles et morales - de son époque et anticipe même sur les découvertes de la psychanalyse. Comme le disait Henry James, « Docteur Jekyll n'est pas un livre pour les petits garçons... »

  • 25 mai 1895. Oscar Wilde, dramaturge admiré du Tout-Londres et amant de lord Alfred Douglas, est condamné à deux ans de travaux forcés pour «outrage aux moeurs».
    Début 1897, l'écrivain brisé, réduit au sinistre matricule «C.3.3.», obtient enfin du directeur de la prison de Reading l'autorisation d'écrire. La longue lettre qu'il rédige alors à l'intention de Douglas, à qui il reproche de l'avoir abandonné, ne sera publiée, partiellement, que cinq ans après sa mort : récit autobiographique et méditation existentielle sur l'art et la douleur, De profundis est aussi l'un des plus beaux témoignages qui soient sur la passion.
    Quant à La Ballade de la geôle de Reading (1898), inspirée d'une histoire vraie, elle retrace les derniers jours d'un soldat exécuté pour avoir égorgé sa femme par jalousie. Ce poème poignant est le chant du cygne de Wilde, qui mourut deux ans après sa publication.

  • Les Suspendues figurent parmi les chefs-d'oeuvre de la littérature arabe : composés il y a plus d'un millénaire, au cours du siècle qui a précédé la prédication du prophète de l'islam, ces poèmes doivent leur nom étrange à la légende qui veut qu'ils aient été inscrits en lettres d'or sur des tissus suspendus aux murs de la Ka'ba, à La Mecque.
    Ces petits joyaux nous transportent dans un monde fascinant et insolite, celui des bédouins de la péninsule Arabique. Ils se font l'écho d'un temps où les poètes étaient à la fois de vaillants combattants - il arrivait qu'une joute poétique tienne lieu de bataille entre deux tribus ! - et des oracles respectés : d'une époque où le courage et la générosité étaient les vertus du preux, avec le goût du vin et l'amour des femmes.
    Lamentations sur les vestiges du campement déserté par l'aimée et réflexion sur la fuite du temps, périples à dos de chamelle, chasses à la gazelle, évocations érotiques, bravades. Beuveries : tels sont les thèmes qui hantent ces textes fulgurants, dont la splendeur poétique, mille cinq cents ans plus tard, demeure intacte.

  • England's Lane, dans le Nord de Londres, est une rue pleine d'effervescence, où se côtoient de nombreuses boutiques. L'occasion de s'immiscer dans le quotidien des commerçants de la petite artère en 1959. On y rencontre entre autres Milly, mariée à Jim Stammer qui tient la quincaillerie. Ils ont un fils adoptif, Paul, d'une dizaine d'années. Il y a aussi Stan, le marchand de tabac et de friandises dont la femme reste cloîtrée à la maison, père d'une gamine de l'âge de Paul. Ou encore Jonathan Barton, le boucher de England's Lane qui reçoit un jour la visite d'un inconnu le menaçant de révéler sa véritable identité... Infidélités, mensonges, meurtres et trahisons se cachent derrière les façades proprettes de chacun des commerçants, bien moins lisses qu'on pourrait le croire... Une comédie de moeurs comme seul Joseph Connolly en a le secret, savoureuse et piquante à souhait.

    Création Studio Flammarion. En couverture : © Digital Vision / Masterfile

  • En 2009, le magazine Time envoie Nick Mc Donnell, alors âgé de 25 ans, sur le front irakien. Accompagnant la première Division de cavalerie américaine jusqu'à Bagdad et Mossoul, il nous offre une description aussi intense que stupéfiante de tous ses acteurs - depuis les interprètes mal vus par la population jusqu'aux fantassins essayant tant bien que mal de rendre utiles leurs missions anti-insurrectionnelles, en passant par les commandants endurcis aussi insensibles devant les journalistes américains que face aux responsables irakiens. Associant analyse percutante et compte rendu d'une réalité apocalyptique, McDonell porte un regard amer et ironique sur la célèbre phrase de George W. Bush lors de son discours intitulé « Mission Accomplie », en 2003 : « Je déclare la fin des combats militaires en Irak. »

    Couverture : Création Studio Flammarion

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