Buchet Chastel

  • Satiriques, ridicules, mordants, givrés, incorrigibles... : en un mot, indégivrables !

    Ces drôles de petits manchots, dont l'allure humaine, les travers, les convictions en font nos doubles inconséquents, dérisoires et burlesques, habitent une banquise en péril qui évoque notre planète malmenée.

    Des conséquences du réchauffement climatique aux contradictions de nos modèles alimentaires, du poids des lobbies à l'inaction des politiques, entre petites lâchetés et scandales insupportables, c'est toute l'absurdité de nos comportements que Xavier Gorce dénonce ici avec son humour grinçant. Et en pointant nos incohérences, il réveille nos consciences...

  • Les tribulations de drôles de poissons dans un futur post-apocalyptique !

    Le 30 mars 2030, une pluie de particules fines s'abat sur la Terre et provoque la « rétroévolution » des hommes qui retournent à l'état de poissons. Raymond Scie, historien, et Brigitte Van Dyck, artiste, nous embarquent dans leurs tribulations sous-marines à la recherche de l'antidote miraculeux capable de leur redonner forme humaine.

    De rencontres en découvertes, ce sont des pans entiers des dérives de l'anthropocène qui surgissent : dérèglement climatique, acidification et pollution des eaux, perturbateurs endocriniens, espèces invasives, perte de la biodiversité... La sonnette d'alarme est tirée mais avec un humour grinçant et poétique !

  • ANNA SOMMER aime les comédies et les drames que l'on se joue, et puis les moments furtifs, ces mille petites choses qui se produisent dans la vie privée.
    Elle s'en amuse. Elle s'en effraie parfois. Et elle dissèque tout, hommes, femmes, enfants, animaux. Elle ne se contente pas de les surprendre dans leurs flagrants délits : elle les grave dans le métal, d'une pointe sèche vigoureuse qui jamais n'hésite. Elle a commencé à graver un jour, comme ça, pour voir, pour s'essayer à cet art réputé exigeant ; puis au fil du temps s'est dessiné un étonnant tableau du monde, dans lequel l'humour et l'élégance le disputent à la cruauté - une cruauté légère, presque réjouissante.
    Et si ce tableau paraît fidèle, c'est qu'il s'inspire moins de l'apparence tapageuse des choses que de leur murmure, comme dans un cahier intime.

  • Par sa situation géographique et historique, la Suisse romande a joué un rôle considérable dans l'impression d'estampes tout au long du XXe siècle, et notamment l'édition de livres illustrés. Ces ouvrages, souvent confidentiels, constituent un témoignage exceptionnel de la richesse culturelle de ce pays, par leur diversité, leur qualité de fabrication et d'innovation. Outre les auteurs et les artistes venus de pays voisins et de sensibilités contrastées, les éditeurs et les ateliers d'estampes ont joué un rôle prépondérant. Leur prodigalité justifie amplement de se limiter à cette région et à ce siècle, dont ils sont d'ailleurs un miroir exceptionnel. Nous découvrons des livres rares illustrés par Picasso, Braque, Picabia, Matisse, Cocteau, Jean Arp, Sonia Delaunay, et de nombreux artistes suisses et étrangers.

  • Pendant 40 ans d'amitié et de complicité, Pierre Alechinsky a travaillé avec le grand lithographe
    danois Peter Bramsen, dans son atelier à Paris. L'ensemble de ses lithographies, plus de cent
    oeuvres en couleurs, sont reproduites dans ce livre, accompagnées de photographies inédites.
    Avec un texte de présentation et un entretien avec Peter Bramsen signé Valère Bertrand, et un
    texte sur l'expérience lithographique de Pierre Alechinsky.


  • les dessins d'hervé di rosa sont drôles et il aimerait qu'on les prenne au sérieux.
    certains d'entre eux sont sérieux mais il demande qu'on s'en amuse. hervé di rosa aime bien les paradoxes, les pieds de nez, les volte-face, les surprises. on le connaît comme peintre, sculpteur, agitateur ; maintenant il voudrait qu'on se penche sur ses dessins religieusement regroupés dans de grands cahiers en cuir rouge. un jour, un dessin ; un dessin par jour, mais ce n'est pas un journal : c'est une idée, une fleur, un bout de papier collé, une phrase, une image trouvée dans une bd populaire.
    ce ne sont pas des cahiers de voyageur, même si hervé di rosa voyage tout le temps, au mexique, en floride, en afrique, en asie, et même à sète, son village natal. ce ne sont pas non plus des cahiers intimes : ce sont des fourre-tout, et le meilleur dans un fourre-tout, c'est de goûter à tout et de se régaler.

  • " je le répète encore : je ne suis pas un peintre.
    techniquement, je peins comme un enfant ; mais je ne pense pas comme un enfant. je peins pour la même raison que j'écris : parce que je pense. " ainsi s'exprime friedrich dürrenmatt dans remarques personnelles sur mes tableaux et rues dessins, publiées dans ce cahier dessiné. " dois-je écrire ? dois-je peindre ? " dürrenmatt n'a cessé de s'interroger sur sa vocation. il a choisi l'écriture et le théâtre sans pour autant délaisser son oeuvre graphique.
    c'est donc avec une attention particulière qu'il faut considérer cette vision d'un intellectuel, engagé et provocateur. on y découvre ses obsessions de jeunesse, ses visions cauchemardesques, apocalyptiques ou grotesques, souvent inspirées par les récits mythologiques que lui racontait son père pasteur.
    préfacé par paul nizon et commenté par valère bertrand, ce recueil propose une importante sélection de dessins, gouaches et lithographies, depuis ses premiers cahiers d'enfant jusqu'aux " tableaux dramaturgiques " qui ont éveillé depuis sa disparition une curiosité constante.

  • Nous avons tous, homme ou femme, eu honte un jour. Quelque chose qui devait rester secret, caché, tabou, a été révélé, exposé, constaté par d'autres. Auparavant, nous en faisions notre affaire, avec plus ou moins de complaisance et, soudain, il faut en répondre devant autrui. Nous
    sommes seuls, en pleine lumière, au vu de tous et ce regard est insupportable. Nous avons passé une limite : celle de l'image sociale que nous souhaitons projeter. C'est un moment de nudité et de grande solitude. C'est un moment douloureux - dont l'intensité parfois persiste longtemps dans la vie.
    Le corps, le sexe, la violence physique sont souvent au coeur de la honte, parce qu'il y est question de pudeur. Le corps réagit, le sang monte au visage, au front, la chaleur nous oppresse. Ainsi, au cours de notre histoire personnelle, se créent des jalons qui indiquent la limite de notre zone de
    confort social. Ce sont des limites claires, taillées au scalpel.
    Dix nouvelles composent ce recueil d'histoires vraies et mettent en scène des personnages qui évoquent la plus grande honte de leur vie. Charles Gancel, dont on a déjà savouré l'ironie cruelle (Les oeufs, 2004), est dans son élément. Chaque histoire est habilement menée, et le dénouement, chaque fois, tombe comme un couperet.

  • Roland Topor naît en 1938, à Paris, de parents émigrés polonais. Sa vie commence dans les prémices d'une guerre qui saignera bientôt le monde et qui le marquera à jamais. Très tôt, il manifeste une liberté d'esprit étonnante. Voulant être artiste, il s'inscrit aux Beaux-Arts et publie pour la première fois des dessins et des contes dans les revues Bizarre, Arts, Le Rire, Fiction... C'est le début d'un travail considérable réalisé (jusqu'à sa mort en 1997) par l'un des derniers grands touche-à-tout. Topor est fascinant parce qu'il est peintre, dessinateur, écrivain, homme de théâtre et de télévision... En France, le fait qu'il vienne du dessin d'humour et de l'illustration - de 1961 à 1965, Topor collabore à la revue Hara-Kiri, et fonde le groupe Panique avec Arrabal, Jodorowsky et Sternberg - est encore un sujet de malentendu. Il ne figure ni dans les grandes expositions des grands musées ni dans les collections publiques. Il est pourtant l'un des plus impressionnants dessinateurs de notre époque. Sa puissance d'invention brouille la perception qu'a de lui le monde de l'art. Homme-orchestre, la liste de ses activités semble infinie. Et pourtant son oeuvre reste cohérente et tourne autour de quelques thèmes majeurs. Sa morale ? Ne jamais être correct. Humaniste pessimiste, il joue sur le grotesque et le burlesque. Et si, pour lui ; les matières fécales, le sang, le sexe, la viande, comptent beaucoup, c'est parce qu'ils désignent avant tout l'être humain. Dix ans après sa mort, Frantz Vaillant mène l'enquête et compose la première biographie de cet " acrobate de l'imaginaire " - dont l'obsession majeure reste la mort qui l'emplissait d'effroi, et autour de laquelle il n'a cessé de tourner avec drôlerie en une magnifique danse macabre.

  • Ne s'agissant ni de dessins de presse, ni d'articles de journaux, cette série écrite et dessinée est publiée fin des années 90 dans Charlie Hebdo et constitue une aventure graphique exceptionnelle sans équivalent dans l'histoire du dessin. Gébé s'y révèle dans toute sa maturité, mêlant la prouesse calligraphique, l'humour, la poésie, le sens critique sur des évènements d'actualité, parfois des voyages (en Israël et en Palestine notamment). La sensibilité de Gébé affleure tout au long de la série que le livre réunira intégralement. Il s'agira d'un album de grand format d'environ 56 pages. Cette oeuvre trouve sa place dans les Cahiers dessinés qui poursuivent la mise en lumière de la relation entre l'écriture et le dessin.

    Gébé, né en 1929, nous a quittés le 5 avril 2004. Il laisse derrière lui une oeuvre dessinée absolument immense ! Dessinateur infatigable, écrivain, scénariste de film dont l'An 01 avec Jacques Doillon, Jean Rouch et Alain Resnais, Parolier (pour Yves Montant et Juliette Gréco), il fut le rédacteur en chef de Hara-Kiri puis de Charlie-Hebdo. En 1986, il devient aussi le rédacteur en chef de Zéro.

  • De nombreux peintres et dessinateurs ont fait oeuvre d'écrivain ou de théoricien : Michel-Ange, Van Gogh, Gauguin, Kandinsky, Malevitch, Mondrian, Rothko, Beuys, Jorn. Pourquoi, à leur tour, les écrivains ne dessineraient-ils pas ? On connaît les dessins de Goethe et de Victor Hugo ; a-t-on vu ceux de Barthes, d'Althusser, de Malraux ou d'Hervé Guibert ? Ils ont peut-être griffonné sans autre ambition que le plaisir ou la distraction. Chaque écrivain a ses caprices, ses démons. Le dessin peut leur obéir, même s'il n'est qu'une note au bas d'un manuscrit - chez Stendhal, par exemple. Mais il peut aussi occuper toute la page, et trouver un cadre pour s'accrocher sur un mur d'exposition ou chez un particulier. Les liens entre écriture et peinture, texte et dessin, sont une problématique connue. Jamais, toutefois, on n'aura réuni en un seul volume une telle diversité, de George Sand à Bernard Heidsieck, du romantisme à la poésie sonore en passant par les surréalistes, le nouveau roman ou la beat generation. L'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC) accueille dans ses archives de nombreux manuscrits où l'image surgit par hasard dans le texte. En associant ce fonds à deux collections privées, ce livre réunit un ensemble d'" oeuvres " résistant à toute classification, un parcours dans l'effort graphique de quelques grands noms de la littérature. Cent cinq auteurs, près de trois cents reproductions : ce sont autant d'invitations à découvrir ces curiosités et à réfléchir aux rapprochements ou aux contradictions qui unissent malgré tout ces deux arts. Au fil des pages, grâce à un classement chronologique et des notices pour chaque auteur, on découvre un lien entre les styles, les techniques utilisées, les périodes traversées. Différents textes précisent le rapport entre cet ouvrage et l'exposition itinérante qu'il accompagne - à l'IMEC (abbaye d'Ardenne, Caen), à Lisbonne, puis à Ixelles. Dès leurs débuts, en 2002, les Cahiers dessinés se sont efforcés de réfléchir sur cette relation entre l'écriture et le dessin, en publiant notamment Copi, Gébé, Pierre Fournier, Roland Topor, Raymond Queneau, Friedrich Dürrenmatt, Edvard Munch, Alberto Giacometti, Jean-Michel Jaquet, Pascal, Christian Dotremont, Pierre Alechinsky. Ce livre s'inscrit tout naturellement dans ce propos.

  • L'assassinat

    Christophe Dufosse

    Journée d'inauguration d'une fête agricole. L'assassin du Président attend. Il est seul. Il porte, caché dans les replis de sa veste, un revolver. Il est quinze heures. Il a une heure devant lui. Un compte à rebours silencieux commence.
    Cet homme n'a pas de nom. Pour lui, le bien consiste à supprimer ce qu'il considère comme le mal absolu, à savoir le Président, qui a assis son pouvoir sur la séduction démagogique des masses et de quelques intellectuels égarés. Ce héros moderne a le visage de la classe moyenne bafouée. Il ne possède ni colonne de journal, ni plateau de télévision, ni émission de radio pour s'exprimer. Depuis l'élection du Président, l'argent est à la une de tous les medias et brille par son arrogance. Comme tout le monde, cet homme est condamné à écouter. De cela aussi, il est dégoûté.
    Ce texte court, rapide, percutant, raconte la manière dont un homme humilié se réapproprie sa vie par un acte sans retour.
    Cet homme rappelle singulièrement L'Etranger de Camus. Ou les personnages fascinants des romans de Dostoïevski.

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