Arts et spectacles

  • Carnets de bord Nouv.

    Carnets de bord

    Sempé

    Après Saul Steinberg et quelques autres, Jean-Jacques Sempé a hissé le dessin dit d'humour au rang de grand art :
    Ses oeuvres sont exposées dans les galeries du monde entier et publiées dans de somptueux albums. Mais... comment l'auteur de Un peu de Paris dessine-t-il ? Comment surgissent ses idées ? Longtemps, il a tenu ses carnets, sinon secrets, du moins à l'abri des curieux. Publiés ici pour la première fois, ils constituent un témoignage inestimable de sa recherche, de son inspiration. On y découvre toute la grâce de sa spontanéité, toute la force de son expression. Des têtes, des corps, des décors, des objets familiers... À peine une esquisse d'un trait délicat au crayon ou à la plume, et tout est là. Nous sommes devant ce que le dessin a de plus fragile, de plus suggestif aussi. Rien ne semble dit, mais tout est dit, et nous laisse dans un état de rêverie absolu.
    Deux cents dessins noir et blanc lèvent le voile sur les « secrets de fabrication » de l'un des plus grands dessinateurs de notre temps.

  • Ce troisième volume des OEuvres de Guido Buzzelli enchaîne les visions d'horreur et de jubilation. Les vacances ; les sorties au cirque, au cinéma ou au musée ; les randonnées champêtres ; les instituts pour jeunes filles de bonne famille ; la plage ; les aéroports ; les cimetières ; tous les lieux publics fréquentés par les masses accueillent de véritables transports en commun : copulations furieuses accompagnées d'actes de torture et de bouffonnerie ; femmes nues mutilées ;
    Anges déchus possédés par des démons, taureaux embrochant des matadors en jarretelles - stupre, furie et Grand Guignol sont au rendez-vous à tous les étages. Avec un trait digne des maîtres italiens de la Renaissance, Guido Buzzelli s'en donne à coeur joie pour restituer la comédie humaine dans son expression la plus crue.
    Sous son pinceau, les faux-semblants s'annulent, les bonnes manières s'oublient, les limites entre les milieux, les générations et les espèces humaine et animale s'effacent.
    Débarrassée de son vernis de culture et de politesse, la société apparaît pour ce qu'elle est : une foire d'empoigne au sens propre du terme.

  • In extremis

    Tomi Ungerer

    Si le public français connaît les affiches politiques de Tomi Ungerer, il ne mesure pas toujours l'étendue de son engagement.   Ces deux cents dessins, dont la plupart sont publiés pour la première fois en France, racontent la révolte constante de Tomi Ungerer contre le racisme, le militarisme, le danger nucléaire, la pollution, mais aussi les hypocrisies de l'Histoire officielle et l'aveuglement de la bonne conscience.   Une puissance d'évocation qui le place parmi les grands dessinateurs de notre temps.

  • The party

    Tomi Ungerer

    Dans The Party, publié pour la première fois à New York en 1966, Tomi Ungerer règle ses comptes avec les milieux américains de l'édition, de la presse et de la publicité.   Mais par-delà sa dimension personnelle, l'album est une critique acerbe de la mondanité occidentale, de sa vacuité insondable et de sa - proprement - monstrueuse prétention.   Un chef d'oeuvre du dessin satirique.

  • Dans ce deuxième volume des oeuvres de Guido Buzzelli publié aux Cahiers dessinés, on retrouve toute sa maestria et son imagination bouillonnante à travers trois histoires dont il est le dessinateur et le scénariste, et une quatrième qu'il n'a fait que mettre en images.
    Dans L'Agnion, le dramaturge Zurmalas aimerait monter une pièce pour dénoncer la corruption du pouvoir.
    Un soir, il croise une créature étrange, mi-agneau mi-lion, qui le conduit à son maître, un certain Salmazur - son portrait craché, son double maléfique. En échange de jouer le rôle du roi, Salmazur lui offre comme seconds rôles un panel de monstres plus vrais que nature, dévorés d'envie et de méchanceté. Mais les pires restent à venir...
    Le monde des Mochetons est divisé en deux : à la surface vivent les « Beaux », jeunes, sains et performants, et dans les grottes, les « Mochetons » : les laids, bêtes et méchants qui triment à leur service.
    Régulièrement, les Beaux se font la guerre par Mochetons interposés qu'ils droguent à leur insu. Mais la révolte couve.
    Mario, quant à lui, exerce le plus vieux métier du monde pour le plaisir de riches dames esseulées. Son plaisir à lui, c'est de voler en deltaplane. Dure sera sa chute, aussi dure et sans issue que celle du Type angélique, un ange, un vrai, égaré ici-bas.
    Quatre fables folles, hypnotiques, drôles et cruelles, unies par le même cercle vicieux des opprimés d'hier qui deviennent les oppresseurs d'aujourd'hui, jusqu'à ce que de nouveaux oppresseurs les renversent. Un monde vertigineusement semblable au nôtre.

  • Le monde selon Topor dévoile de multiples facettes de l'oeuvre de cet artiste hors du commun, l'un des plus marquants et prolifiques de la fin du xx e siècle.
    L'ouvrage raconte de façon inédite l'univers créatif de Topor, le dessinateur et l'écrivain, des années 60 jusqu'à sa mort en 1997.
    Roland Topor débute sa carrière comme dessina- teur d'humour dans une certaine presse : Bizarre en 1958, Arts en 1959, Fiction en 1960 et Hara-Kiri en 1961. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Fernando Arrabal. Une amitié très forte naît entre les deux hommes et ensemble, avec d'autres artistes rencontrés lors de ses études à l'École des beaux-arts de Paris, ils créent le groupe « Panique », mouve- ment artistique, qui, malgré son manque de sérieux assumé, va jouir d'une certaine renommée dans le monde des arts et des lettres.
    Toujours empreint d'humour grinçant et d'une cer- taine mélancolie, le dessinateur s'est fait également connaître comme écrivain de nouvelles, de romans, de pièces de théâtre. Il est l'auteur de plusieurs films d'animation, dont le célèbre La Planète sauvage, ainsi que de la série télévisée Téléchat.

  • Oeuvres t.1

    Guido Buzzelli

    Dans les années 1970, une météorite entra dans l'at- mosphère de la bande dessinée ; elle éclata en plu- sieurs morceaux, pareils à des pépites. En quelques épisodes, un personnage tourmenté, faible et inquié- tant se présenta au grand jour : c'était Guido Buz- zelli en personne. L'auteur s'est mis en scène, il s'est travesti tour à tour en raté laid et malingre, en piètre violoncelliste incapable de retenir ses membres livrés à eux-mêmes - une jambe courant toute seule, un bras filant sous la jupe d'une femme... -, en dessi- nateur de bandes dessinées dépressif et paranoïaque, victime kafkaïenne de chirurgiens fous, de psycha- nalystes, d'industriels maffieux, de dictateurs en herbe. Rarement l'art de l'autoportrait a été mené si loin dans l'autodérision et le mépris de soi-même.

  • À Vevey, au bord du Léman, dès le 1er novembre 2018, le Musée Jenisch présente une exposition des Cahiers dessinés intitulée « Dessin politique, dessin poétique », qui rassemble près de 70 artistes, classiques et contemporains, célèbres ou méconnus, aussi divers que Rembrandt, Bruegel, Callot, Goya, Daumier, Steinlen, Vallotton, Ensor, Klee, Giacometti, Kentridge, Topor, Siné, Chaval, Sempé ou Folon.   Ce n°12 tient lieu de catalogue d'exposition. Avec le concours d'écrivains et de critiques, il invite à réfléchir à deux langages apparemment antinomiques : le dessin politique comme « vision du monde » et le dessin poétique, ici circonscrit à la seule représentation du paysage. Mais les liens entre ces langages sont plus étroits qu'ils n'y paraissent : de nombreux dessinateurs politiques se sont essayé au paysage et de nombreux paysagistes ont exprimé leurs convictions politiques, au risque de politiser la poésie et de poétiser la politique. Cette confrontation nous incite à mieux appréhender la richesse et la complexité de l'art du dessin ; elle est un prétexte à un dialogue inédit.

  • Topor dans la presse est le premier livre consacré exclusivement aux dessins de Roland Topor publiés dans les journaux et les revues du monde entier. Ainsi, en près de quarante ans, il a pu notamment dessiner dans Bizarre, Arts, Le Rire, Fiction, Haute-Société, Hara-Kiri, Elle, Il Delatore, Graphis, L'Enragé, Action, Charlie Mensuel, The New York Times, Le Canard Enchaîné, Le Fou Parle, Il Corriere della sera, Le Monde, Le Nouvel Observateur, Die Zeit, Autrement, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Il Male, Il Giornalone, Libération, Passages, 7 à Paris, L'Idiot International, L'Evénement du jeudi... Si le dessin de presse n'est qu'une partie de l'oeuvre de Roland Topor, elle est pourtant vertigineuse. En quantité et en audace. Et l'on retrouve toute sa virtuosité conceptuelle, sa pertinence humoristique, son potentiel graphique, son génie.
    La presse était pour lui un vecteur de créativité aussi opportun qu'une galerie, un musée, un livre, une affiche, un film, un décor de scène, un objet.
    Ces dessins, ayant été publiés de façon éphémère, sont pour la plupart inconnus, même des spécialistes. Plusieurs textes et témoignages accompagneront cette monographie, notamment sous la plume du cinéaste Pascal Thomas, ami intime de l'artiste.
    Un texte de présentation apportera des éclairages quant aux participations significatives de Topor à certaines publications. Des légendes permettront de situer précisément chaque dessin. Un cahier de photographies montrant Topor au travail servira d'introduction à l'ouvrage.

  • Topor, Voyageur du livre est le second tome consacré exclusivement aux dessins d'illustration de Topor.
    Roland Topor entretenait avec la littérature et l'objet livre un rapport intime et passionnel. À quinze ans, moment où il fait la découverte d'Alfred Jarry, il oriente sa culture : littérature populaire, auteurs surréalistes, polar, science-fiction, humour, poésie, fous littéraires de toutes périodes et de tous pays. Gourmet, Topor savait apprécier les différents degrés de l'ivresse littéraire et bibliophilique ; l'amour du fond et de la forme. Alors qu'il avait commencé par se faire connaître comme dessinateur d'humour dans une certaine presse : Bizarre, Hara- Kiri... il a simultanément démontré son attachement aux livres. D'un simple frontispice pour le livre confidentiel d'un ami poète à l'illustration des oeuvres complètes à gros tirage, Topor affirme le même génie, créatif et original, que quand il travaille pour la presse, mais il consacre au livre un soin tout particulier qui le fait entrer dans la famille des grands enlumineurs de textes.
    Ce livre permet de réunir des dessins très peu connus, parce qu'ils ont souvent été publiés dans des livres de bibliophilie réservés à des collectionneurs, ainsi que d'autres, pour la plupart oubliés, de ses grands travaux d'illustration pour les clubs du livre en Suisse et en France. Plusieurs centaines de dessins sont remis dans leur contexte de publication, permettant ainsi d'embrasser l'originalité de l'oeuvre d'un Topor illustrateur de livres.

  • À l'heure où l'héritage de mai 1968 soulève de nouvelles passions, l'historien Stéphane Mazurier revient sur l'histoire d'une expérience unique dans la presse d'actualité : celle du journal satirique L'Hebdo Hara-Kiri, interdit en 1969, devenu Charlie Hebdo, publication à la fois marginale, populaire et emblématique des années 1970.
    Caractérisé par son exceptionnelle liberté de ton et l'originalité de son fonctionnement (refus du financement par la publicité, totale liberté d'expression des chroniqueurs et des dessinateurs mis pour la première fois sur un pied d'égalité.), l'hebdomadaire s'impose comme un pionnier de l'utopie, de la critique et de la provocation, alors partout absentes de la presse. Pourtant, Charlie Hebdo ne relève pas du divertissement : son propos est avant tout libertaire, écologiste, féministe, anticlérical, antimillitariste et opposé à tout compromis dogmatique, sans oublier ses rubriques pour la défense des animaux et contre les injustices de l'univers carcéral.
    Loin de la polémique, cet ouvrage de référence retrace le parcours du « seul journal au monde dont chaque collaborateur était une vedette » (Cavanna). À travers l'histoire de ses revers financiers, de ses échecs et de ses coups de génie, se dessine en filigrane le portrait d'une époque durant laquelle la société a connu des bouleversements majeurs.
    La ravageuse audace de Charlie Hebdo lui a valu quelques couvertures mémorables, plusieurs scandales et d'innombrables procès ; son histoire est celle d'un combat, souvent excessif, contre la censure, l'ordre et le conformisme - et en faveur d'une liberté absolue du rire et de l'intelligence.

  • Un pas de cote

    Gébé

    DANS LA MAISON, sous le toit où l'on devine des hiboux, entre des tranchées de livres, de journaux et de paperasse, il y a une table à dessin ; et devant elle, un peu caché par une muraille de mystères, il y a Gébé, fidèle à son poste de sentinelle.
    Mais que guette-t-il, à cette heure tardive de la nuit? Au fond, il ne le sait pas lui-même, car c'est toujours sans prévenir que s'avancent sur sa feuille blanche des silhouettes, des paysages, des constructions échafaudées sans le moindre plan, et puis des mots, des rêves, des idées qui se bousculent et trépignent. Il faut l'entendre, ce vacarme sur le papier! et il faut savoir s'y perdre, dans ces histoires, ces rires, ces drôles de folies, dans ces milliers de dessins qui dorment auprès des mulots.
    Il faut s'y perdre, pour mieux se retrouver. Et celui qui se retrouve n'est plus tout à fait le même: sans prévenir, il a fait " un pas de côté ".

  • Sauf erreur

    Jean Laplace

    Depuis le 29 août 1966, Jean Laplace dessine, six jours par semaine, son gag quotidien, qu'il duplique en y ajoutant huit erreurs. Cet homme extrêmement modeste, oeuvrant depuis son petit appartement situé au nord d'Annecy - sa ville natale - a accompli à ce jour plus de quatorze mille jeux d'erreur, d'un trait qui n'a guère changé. Son univers ne doit rien à l'actualité ; il appartient au dessin d'humour le plus classique, le dessin muet, sans bulle ni légende, inspiré par les situations absurdes du quotidien. Il n'a d'autre ambition que de « déclencher un rire intérieur ». Laplace, qui travaille comme un artisan solitaire, a toujours évité que l'on parle de lui, préférant s'adonner à la pêche, à la randonnée ou à la cueillette des champignons. Rien de spectaculaire dans son oeuvre discrète, mais une petite musique pince-sansrire et tonique qui fait chaque jour le délice de millions de lecteurs à travers le monde : France, Suisse, Belgique, Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Suède, Espagne, Grande-Bretagne, Israël, Nouvelle-Zélande, Australie, Corée du Sud, Japon, Brésil, Mexique, Canada, Sénégal, Côte d'Ivoire, Gabon, Cameroun. Délivrés du jeu des erreurs, les dessins de Laplace se donnent pour ce qu'ils sont :
    De purs dessins d'humour, dans la pure tradition de cet art singulier. Laplace y figure comme un de ses dignes représentants, à la fois méconnu et mondialement célèbre.

  • Les doigts sales

    Noyau

    C'est au Japon que Noyau a dessiné ses premiers livres-objets.
    Dessiné ? Oui, mais avec les doigts trempés dans la gouache noire. Poses érotiques, explosions orales, anales ou génitales, il a fait danser ses personnages sur de grandes feuilles qu'il a assemblées en différents albums. Et chaque album, limité à un exemplaire unique, fut exposé dans une galerie, soigneusement refermé sur une table, pour surtout ne rien donner à voir. Car Noyau, pudique et secret comme tous les excessifs, s'ingénie à tout dissimuler ; mais ses livres s'ouvrent soudain et les voilà qui révèlent le fruit longtemps défendu d'un dessinateur virtuose.

  • Après Un pas de côté, les Cahiers dessinés proposent un choix des dessins humoristiques de Gébé publiés dans les années cinquante, avant Ha ra Kiri, avant Charlie Hebdo.
    Parus dans la grande presse de l'époque - Paris Match, Ici Paris, Punch - ils sont restés jusqu'ici inédits en album. On y découvre le Gébé insolite, précis et drôle, avec ce charme indéfinissable qui émane de son trait, de ses personnages, de ses décors familiers ou absurdes. Un livre indispensable pour tous les amateurs du grand dessin d'humour.

  • A propos des gens

    William Steig

    Dans les années vingt, une revue vit le jour aux U.S.A., The New Yorker.
    Elle se voulait libre, cultivée, impertinente. Ecrivains, peintres et dessinateurs s'y précipitèrent (qui n'a pas rêvé, depuis, d'être publié dans The New Yorker ?). Ce magazine novateur a permis à nombre d'écrivains de continuer d'exister (Nabokov dans les années cinquante a survécu grâce au New Yorker). Il y a eu un style New Yorker. Aussi bien chez les écrivains (on ne disait pas journalistes, on disait écrivains) que chez les dessinateurs (on ne disait ni dessinateur ni cartoonist, on disait artist).
    Un jour, un journaliste anglais demanda au directeur artistique : " Quelle est la caractéristique d'une couverture ? " (c'est le seul magazine au monde qui publie une couverture dessinée, chaque semaine). Le directeur artistique a réfléchi un moment, puis il a répondu : " La caractéristique d'un dessin publié en couverture, c'est que The New Yorker a décidé que c'était une couverture. " Débrouillez-vous avec cette explication.
    William Steig en a publié cent, ou deux cents, ou plus peut-être. Des grinçantes (rarement), des poétiques, des moments de vie que lui seul sait capter. Et des dessins humoristiques, des recherches graphiques, des illustrations. C'est toujours et encore un des principaux représentants de cet univers assez indéfinissable qu'avec une apparente désinvolture, soutenue par un travail inlassable, le New Yorker a créé.
    J.-J. Sempé

  • Entrée, plat, dessert

    Micaël

    Après Un Argentin à Paris et L'Air du temps, publiés aux Cahiers dessinés en 2010 et 2014, Micaël revient avec un nouvel album de dessins d'humour. Son trait s'est affirmé ; il se soucie davantage des détails, fouille dans les décors, restitue au plus près les attitudes de ses personnages. Son humour s'introduit dans les lieux publics - musées, bureaux, salles de confé- rences, bars -, pénètre dans les appartements, visite les chambres à coucher. Tout un monde se construit, se dispute, se ridiculise, et ce monde, bien sûr, c'est le nôtre. Décortiquant ses ressorts absurdes et ses désarmantes contradictions, Micaël nous l'offre sur un plateau, nous invitant à nous en moquer avec ten- dresse, à en rire avec humanité. Un rire salutaire et libérateur, face aux cruautés et aberrations de notre époque. Une préface du philosophe hédoniste Frédé- ric Schiffter, prix Décembre 2010, rend hommage à l'art tout en subtilité, lucide et indulgent à la fois, de l'un des plus talentueux dessinateurs d'humour de la nouvelle génération.

  • Dans ce deuxième cahier, l'enquête sur le dessin se poursuit.
    Les questions se multiplient et quelques réponses s'ébauchent. Nous assistons à des combats entre artistes et critiques, retrouvons l'innocence des " réclames " d'antan, examinons un dessin de la Renaissance, errons dans les rues vides de Bourges ; puis, gagnés par la folie douce de la Belgique, éblouis par les visages de quelques personnes âgées, nous repartons pour Lascaux avant de gravir les montagnes des Grisons, du jura et de la Laponie.
    Le dessin nous perd ; il nous mène par le bout des yeux où il veut, quand il veut, comme il veut.

  • La joie de vivre

    Miguel Egana

    Miguel Egaña est né à Paris en 1952.
    Artiste contemporain inspiré par le surréalisme et son usage poétique des objets, il s'oriente autant vers l'assemblage et l'installation que vers le land art. Les dessins ici réunis apparaissent comme un prolongement de son activité. Le même esprit y règne, la même insistance sur les dérèglements, souvent infimes, de nos certitudes visuelles. Couples, chiens, oiseaux, sirènes, licornes, îles désertes : les grands thèmes du dessin d'humour sont revisités.
    Ils forment un hommage à ces milliers de situations comiques ou absurdes que l'on découvrait au hasard d'une page d'un journal populaire. Miguel Egana a effacé le décor, la scène, l'arrière-fond, pour ne laisser que la ligne minimale, le blanc, la respiration, le silence. Ses dessins se " lisent " comme on lirait des haïkus ou des aphorismes.

  • Henri Cartier-Bresson est né en 1908. Il a saisi la fascination de l'Afrique des années 1920, croisé les destins tragiques des républicains espagnols, accompagné la Libération de Paris, capté la lassitude de Gandhi quelques heures avant son assassinat et témoigné de la victoire des communistes chinois. Il fut l'assistant de Jean Renoir pour trois films majeurs, le fondateur de l'Agence Magnum. Il a fixé les traits de ses contemporains : Mauriac en lévitation mystique, Léautaud, Truman Capote, Giacometti, Sartre, Faulkner, Camus, Beckett et tant d'autres.
    On connaît les déclarations provocatrices de Cartier-Bresson contre la photographie. On sait que depuis 1974 il se consacre presque exclusivement au dessin d'observation, son art de prédilection, cette « méditation ».
    Autoportraits, portraits de ses amis, copies des grands maîtres, nus, paysages, vues de Paris ou d'ailleurs, Henri Cartier-Bresson a réalisé des centaines de dessins. Les Cahiers dessinés proposent un florilège de cette oeuvre moins connue d'un des photographes les plus célébrés.

  • - Editorial : Faut-il brûler ses dessins ? par Frédéric Pajak
    - Entretien avec Claire Bretécher, célèbre auteur des Frustrés, passionnée par le dessin et la
    peinture qu'elle pratique depuis quelques années. Nombreux dessins et photographies inédits.
    - Kiki Smith (sous réserve) : présentation de la célèbre artiste contemporaine américaine d'origine
    allemande.
    - Dossier sur les carnets de voyage : les dessinateurs Avril, Noyau et Pierre Thomé présentent
    chacun une ville : Tokyo, Vienne et Shanghaï.
    - Le peintre et dessinateur Jean-Michel Jaquet présente les dessins qu'il a exécutés d'après deux
    films, à la manière d'un « post-story-board » : Les Maîtres-fous de Jean Rouch et On the Bowery
    de Lionel Rogosin.
    - Suite du feuilleton sur le dessin préhistorique, par Pascal.
    - Notes sur le dessin d'observation, par Jean-Marc Besson. Texte accompagné d'une trentaine de
    dessins originaux pris sur le vif.
    - Nouvelles dessinatrices d'aujourd'hui : Anne-Laure Draisey et Melanie Delattre.

  • " Attention, mystère ! " serait l'avertissement le plus raisonnable pour prévenir de l'univers irraisonnable d'Olivier O.
    Olivier. Comme on glisse une carte d'invitation discrètement dans une poche, il nous convie à ses concerts de violons en feu, ses corridas sous la neige, ses soirées d'abattoir ; il nous demanderait presque de soulever des éléphants ou de caresser des dinosaures ! Ici, les murs ne sont pas peints : seuls sont peints les paysages cachés derrière les murs. Et si le peintre ne les voit pas, il les invente.
    Il l'avoue volontiers : après tant d'années à vouloir défaire la réalité, il est parvenu à l'exprimer au conditionnel, comme dans les jeux enfantins : " On serait... Il y aurait... " Peintre, dessinateur et parfois graveur, Olivier O. Olivier passe de la toile au papier, du grand format au petit, de la couleur au crayon noir. Et c'est avec pudeur, discrétion, acharnement - sans compter une douce ironie et un vague à l'âme tenace -, qu'il nous restitue notre monde, mais redessiné, revu et corrigé.
    Quelque deux cents dessins, pastels, aquarelles et peintures réunis ici pour la première fois nous invitent à entrevoir ce mystère.

  • Tout le monde connaît les poèmes et les calligrammes de Guillaume Apollinaire. Mais sait-on que cet homme, fervent partisan de l'art moderne et de ses amis Picasso, Picabia, Duchamp, Larionov et autres, a toujours dessiné, au point d'avoir longtemps cherché une signature ? Dès son jeune âge, il remplit des pages de ses cahiers de visages humains dont on peut soupçonner qu'ils correspondent à des personnages familiers. De face comme de profil, ils sont le plus souvent tristes ou grotesques. Il dessine des portraits, des paysages, et puis un bestiaire et des dessins imaginaires, avant de représenter sa vie de soldat dans les tranchées.
    Comme toujours, avec les dessins d'écrivain, naît une curiosité redoublée par le sentiment d'approcher l'oeuvre poétique, de mieux la décrypter pour la goûter. Ces dessins sont toujours exécutés sans prétention ; ils se faufilent dans les manuscrits et mettent le lecteur en situation d'explorateur. En effet, nous assistons presque miraculeusement à l'émergence de l'inspiration. C'est tout le charme du dessin en marge ou dans le texte du manuscrit.
    Ce livre présenté et commenté par deux grands spécialistes d'Apollinaire montre donc pour la première fois une facette presque exhaustive de l'oeuvre protéiforme d'Apollinaire: poète, critique d'art, romancier, auteur de nouvelles extraordinaires, amateur de textes érotiques, engagé volontaire dans la Grande Guerre - qui lui permit d'obtenir la naturalisation française. On savait tout, ou presque, de Guillaume de Kostrowitzky, que ses amis surnommaient " Cointreau-whisky " ; on ignorait la complexité de son oeuvre graphique.

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