FeniXX réédition numérique (Marcel Petit - C.P.M.)

  • Au printemps de l'année 1697, alors que la France se bat depuis près de dix ans contre l'Europe coalisée, que les impôts pèsent lourdement sur le peuple, et même sur la noblesse, alors qu'à Paris et à la Cour la querelle religieuse du quiétisme - où l'on voit Bossuet se déchaîner contre Fénelon - atteint son point culminant, et tandis que les mauvaises langues reprennent l'éternelle rengaine des prétendus efforts de Mme de Maintenon pour obtenir de son royal époux la reconnaissance officielle de son mariage, un modeste artisan provençal, le maréchal-ferrant François Michel, de Salon, solide gaillard de trente-cinq ans, mais homme simple, tranquille et pieux, va brusquement surgir de l'ombre et projeter sur lui, pendant plus d'un mois, les feux de l'actualité. Il n'a rien d'un illuminé, pourtant, affirme-t-il avec obstination, il a eu une apparition et a été investi d'une mission par un "spectre" qui lui a commandé de transmettre un secret à Sa Majesté. Il a obtenu de l'intendant de Provence, Mr Lebret, les moyens de se présenter à la Cour. Une interprétation, un peu libre, d'un quatrain de Nostradamus, donne à penser qu'il va persuader le Roi de diminuer les impôts. Son voyage va durer plusieurs semaines ; à chaque étape, le nouveau "prophète" est accueilli dans l'enthousiasme populaire, à Lyon il manque d'être étouffé par une foule chaleureuse. Il arrive à Versailles, obtient difficilement d'être reçu par le Roi, et deviendra, pendant quelques jours, la coqueluche des gens de Cour, lorsque Louis XIV, à la surprise des courtisans d'abord sceptiques, aura fait publiquement son éloge. Il retourne à Salon, comblé de présents, et reprend son métier sans rien dire. Il mourra en 1726 en ayant gardé son secret. Cet événement de la petite histoire a reçu, jusqu'à présent, des explications simplistes et contradictoires. Le livre que nous présentons aujourd'hui a pour objet de le replacer dans le contexte du temps. Appuyé sur des textes oubliés, des manuscrits inédits et des documents d'archives, il essaie de cerner le problème, d'envisager les solutions possibles, de montrer la fragilité de la mise en cause de Mme de Maintenon et, surtout, il s'efforce de donner une idée de la sympathique personnalité de François Michel, et de jeter un jour sur sa famille, son entourage, le Salon d'autrefois, autant que sur les préoccupations d'une époque, éloignées des nôtres, mais non moins passionnées.

  • Au printemps de l'année 1697, alors que la France se bat depuis près de dix ans contre l'Europe coalisée, que les impôts pèsent lourdement sur le peuple, et même sur la noblesse, alors qu'à Paris et à la Cour la querelle religieuse du quiétisme - où l'on voit Bossuet se déchaîner contre Fénelon - atteint son point culminant, et tandis que les mauvaises langues reprennent l'éternelle rengaine des prétendus efforts de Mme de Maintenon pour obtenir de son royal époux la reconnaissance officielle de son mariage, un modeste artisan provençal, le maréchal-ferrant François Michel, de Salon, solide gaillard de trente-cinq ans, mais homme simple, tranquille et pieux, va brusquement surgir de l'ombre et projeter sur lui, pendant plus d'un mois, les feux de l'actualité. Il n'a rien d'un illuminé, pourtant, affirme-t-il avec obstination, il a eu une apparition et a été investi d'une mission par un "spectre" qui lui a commandé de transmettre un secret à Sa Majesté. Il a obtenu de l'intendant de Provence, Mr Lebret, les moyens de se présenter à la Cour. Une interprétation, un peu libre, d'un quatrain de Nostradamus, donne à penser qu'il va persuader le Roi de diminuer les impôts. Son voyage va durer plusieurs semaines ; à chaque étape, le nouveau "prophète" est accueilli dans l'enthousiasme populaire, à Lyon il manque d'être étouffé par une foule chaleureuse. Il arrive à Versailles, obtient difficilement d'être reçu par le Roi, et deviendra, pendant quelques jours, la coqueluche des gens de Cour, lorsque Louis XIV, à la surprise des courtisans d'abord sceptiques, aura fait publiquement son éloge. Il retourne à Salon, comblé de présents, et reprend son métier sans rien dire. Il mourra en 1726 en ayant gardé son secret. Cet événement de la petite histoire a reçu, jusqu'à présent, des explications simplistes et contradictoires. Le livre que nous présentons aujourd'hui a pour objet de le replacer dans le contexte du temps. Appuyé sur des textes oubliés, des manuscrits inédits et des documents d'archives, il essaie de cerner le problème, d'envisager les solutions possibles, de montrer la fragilité de la mise en cause de Mme de Maintenon et, surtout, il s'efforce de donner une idée de la sympathique personnalité de François Michel, et de jeter un jour sur sa famille, son entourage, le Salon d'autrefois, autant que sur les préoccupations d'une époque, éloignées des nôtres, mais non moins passionnées.

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