• « À dix-huit ans, du haut de mon mètre quatre-vingt-deux, je dominais tout le monde. Je me souviens, dans le métro, j'étais tout seul, là-haut surplombant une forêt de crânes plus ou moins garnis de cheveux et pas toujours éclatants de propreté. »

    Après Lune de miel, on retrouve ici la gouaille réjouissante de Cavanna, ses coups de colère, ses anecdotes, ses élans d'affection, sa passion de la langue et de la littérature. Ce dernier texte écrit avant de mourir est aussi une déclaration d'amour à la vie et à la liberté : une véritable oeuvre d'écrivain.

  • Les russkoffs

    François Cavanna

    « Le petit Rital de la rue Sainte-Anne a grandi. Septembre 1939 : il vient d'avoir seize ans. Une année mémorable. Les six qui suivent sont pas mal non plus. Pour lui et pour beaucoup d'autres.
    Cette fois encore, c'est le gars de ce jeune temps-là qui parle, avec ses exacts sentiments de ce temps-là, ses exacts sentiments tels que sa mémoire les lui fait revivre.
    Il n'est pas forcément triste là où il devrait lêtre, ni joyeux là où d'autres le seraient. La guerre, ça n'a pas le même goût pour tout le monde.
    Ce livre est dédié à tous les pauvres cons qui ne furent ni des héros, ni des traîtres, ni des martyrs, ni des bourreaux, mais simplement, comme moi-même, des pauvres cons. »
    Les Russkoffs (Prix Interallié) : le deuxième des six volets de la saga autobiographique de Cavanna, laquelle comprend en outre Les Ritals, Bête et méchant, Les Yeux plus grands que le rentre, Maria et L'OEil du lapin.

  • Lune de miel

    François Cavanna

    Cavanna, trente ans après Les Ritals et Les Ruskoffs, nous offre un tableau réjouissant de souvenirs, réflexions et anecdotes. Avec toujours la même verve et la même insolence, il évoque la période du STO en Allemagne, l'aventure de Hara Kiri ou les atteintes de l'âge. Sans rien oublier de ses origines, il reste ouvert aux mouvements du monde. Une gouaille formidable anime le récit de sa jeunesse outre-Rhin et, loin de tout pathos, il sait rendre touchante et drôle la description des progrès de la maladie et des divers malheurs liés à l'âge. Quant à Hara Kiri et Charlie Hebdo, Cavanna en brosse un tableau qui aide à comprendre le caractère presque miraculeux - du moins à ses débuts - de cette aventure de presse. Beaucoup de tendresse, des coups de gueule bienvenus, d'innombrables anecdotes racontées avec la truculence et la causticité apprises chez Rabelais : voici l'oeuvre d'une écrivain amoureux de la vie et des plaisirs, mais aussi, et surtout, de la littérature.

  • Mystères est son premier roman à paraître dans la Série Noire. " Ceci est le livre des premières fois. Tout a connu une première fois. Tout. Il y eut la première fois où un Singe perdit sa queue, la première fois où un Homme rencontra un Cheval, la première fois où il rencontra une Femme (il regretta bien de ne pas l'avoir rencontrée avant le Cheval, les ruptures sentimentales ne sont jamais agréables...), bref, de première fois en première fois, l'Homme progressa (retenez ce mot). Il cessa d'être Singe. Il fut Con. Aujourd'hui, il fait le fier. Il ne copule plus bêtement derrière un dos tourné, comme font les Hérissons et les Tortues, mais en faisant face à sa partenaire, comme le Sandwich au Pâté. Il a inventé la poésie tout en taillant des silex avec ses dents et en les polissant avec ses fesses. Il s'est fabriqué des bons dieux en bois d'arbre et leur a offert des sacrifices en viande d'homme... " D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Vous aimeriez bien le savoir. Cavanna vous le dit.

  • Je voulais écrire un livre pour dire mon bonbeur d'écrire, et d'écrire en français. Ç'aurait été un livre très construit, qui aurait commencé à la page 1 et aurait fini à la dernière page, ayant dit ce qu'il avait à dire et démontré ce qu'il s'était proposé de démontrer.
    Et puis... Comment cela s'est-il fait ? Ç'a n'a pas voulu s'arranger comme ça. Rien à faire. Peut-être parce que j'ai été journaliste trop longtemps et qu'au fond je le suis resté ? Ce que je vous propose se présente comme une série d'articles, de réflexions, de cris du coeur qui, tous, ont pour sujet la langue française et cet amour que nous avons l'un pour l'autre, elle et moi.
    Viens, mignonne. Allons voir si la rose...

  • Machiste, Cavanna ? Ou simplement amoureux des femmes ?
    En tout cas, il aime parler d'elles. Qu'elles se rebiffent ou qu'elles se taisent, qu'elles soient libérées ou soumises, intellos ou cathos, célèbres ou pas... et même flics ! D'ailleurs « si les flics avaient des nichons et des talons aiguilles, la face du monde serait changée ». Insolente, crue, truculente, sa plume sait se faire légère ou grave pour parler du manifeste des 343 ou de la parité, de lady Di ou de Talisma Nasreen. Mais toujours avec talent et humour.

  • Le premier numéro du mensuel Hara-Kiri paraît en septembre 1960, c est à dire pendant la décennie qui vécut une croissance fulgurante pour la publicité, en plein essor dans la presse écrite, comme à la radio et très bientôt à la télévision. La réclame, qui bat son plein avec son lot d arguments naïfs pour ne pas dire navrants, fait surgir des enzymes gloutons des paquets de lessive et métamorphose les chips en Blondes à croquer... Ces trompettes de la renommée qui s appliquent impunément à faire croire au public que les vessies font de merveilleuses lanternes irritent les francs tireurs d Hara Kiri. «La publicité nous prend pour des cons, la publicité nous rend cons», proclame le journal avec sa diplomatie légendaire. Les fougueux rédacteurs du journal, Cavanna en tête, dénoncent la publicité en la présentant comme la future aliénation d une société de consommation qui s éveille : il faut abattre la bête ! Et tandis que les marques s efforcent de composer avec soin un monde idéal supposé le plus attractif possible, le bras vengeur d Hara Kiri invente le détournement de publicité. Une mise en garde lucide et visionnaire. Affreux, méchants et bien entendu drôles, les protagonistes de ces falsifications outrancières transgressent tous les interdits du genre publicitaire dans un maelstrom de provocations où l absurde et le saugrenu rivalisent volontiers avec l indélicat. Dans cette entreprise de destruction sauvage, les produits en prennent pour leur grade, mais c est également les mécanismes de la publicité qui sont joyeusement éreintés, l envahissement des marques non seulement sur nos écrans mais aussi sur nous-mêmes, le racisme des campagnes qui normalisent les blondes, les jeunes, les riches, le faux progrès vanté par les annonceurs... Tout ça pour rire bien entendu, mais aussi pour réfléchir un peu... Ce qui après tout est toujours bon à prendre !

  • Le voyage

    François Cavanna

    « Le voyage, c'est LE Voyage, le seul, le vrai, celui qui porta un certain Christophe Colomb - lequel croyait aller en Chine - aux rivages d'un monde nouveau. Un jeune Irlandais, Konogan, soldat de fortune hors d'emploi, se trouve embarqué par traîtrise pour la grande aventure. C'est lui qui raconte. Son récit naïf constitue la chronique au jour le jour du fabuleux voyage. Il déborde d'une verve volontiers caustique qui se fait exaltée lorsque l'anime la passion amoureuse. Car il y a une femme ! Il y a toujours une femme. Et l'on voit apparaître un Christophe Colomb inattendu, plutôt surprenant mais plus vrai que ce qu'en a fait la légende. De surprise en surprise, on arrive à la dernière, qui n'est certes pas la moindre : Konogan est l'origine de la lignée des Cavanna ! »
    Cavanna

  • Lorsque Clovis succède à son père Childéric, les rudes guerriers francs voient d'un oeil sceptique ce blanc-bec de quinze ans accéder au pouvoir. A cette époque, la Gaule est divisée en plusieurs royaumes barbares dont les rois, chrétiens mais adeptes de « l'hérésie » arienne, sont subis de mauvaise grâce par le peuple gallo-romain massivement catholique. Le chétif territoire des Francs de Clovis est acculé au royaume de « l'illustrissime et clarissime » Syagrius, ultime vestige de l'Empire romain. Le jeune Clovis se révélera bien vite comme un conquérant redoutable et sans scrupule. D'abord secondé dans ses entreprises par Loup et Otto, ses leudes fidèles, il se lance dans un dessein grandiose et fou : la conquête des Gaules. Quant aux deux compères, ils courront maintes aventures, croisant des pucelles au coeur tendre, des nonnes plus ou moins authentiques, des fous de Dieu, une druidesse au cul sale, une future reine assez surprenante, une Geneviève pas encore tout à fait sainte, des ruffians, des pirates, et même le chevalier Lancelot du Lac...

  • En ce VIe siècle finissant, le pouvoir, en Gaule, est divisé entre deux femmes qui se disputent la suprématie dans l'empire des Francs : Frédégonde et Brunehaut.
    Frédégonde, la souillon splendide et perverse à l'ambition insatiable, a su s'élever au rang de reine régente de Neustrie par l'assassinat de son mari Childéric. Elle mène une lutte sanglante contre l'aristocratique Brunehaut, reine régente d'Austrasie.
    Brunehaut, la très belle et très pure dont l'ambition est tournée vers le bien de ses peuples, contrainte d'user des mêmes armes que sa rivale, devient peu à peu aussi retorse, aussi implacable, aussi terrifiante que Frédégonde.
    Petit Loup, petit-fils du Hun Blond, et la jolie Minnhild se trouvent plongés dans une intrigue mortelle quand meurt l'enfant roi, fils de Brunehaut et seul garant de ses droits à régner.
    Sensuivent d'angoissantes péripéties où, sur sombre sauvagerie des temps, brillent quelques hautes fi-gures, telle celle de Grégoire de Tours, celui-là même qui composera LHistoire des Francs.

  • Le hun blond

    François Cavanna

    451 après J.-C. Surgie des profondeurs de l'Asie, la horde d'Attila submerge l'Europe tandis qu'un infime peuple barbare, celui des Francs, commence à conquérir les restes de l'Empire romain. Dans ce climat tumultueux, temps de chaos, d'alliances éphémères, de pillages et de viols, naît le petit Loup, le « Hun blond », enfant de deux races ennemies. Il grandit dans l'entourage de Childéric, maintenant roi des Francs, que ses pairs déposent et qui se réfugie en Thuringe. C'est à lui, le Hun blond, que sera confiée la mission de ramener d'exil le roi, futur père de Clovis.

  • C'est l'histoire d'un amour, d'une passion plus forte que la mort même. Fleur insolite et précieuse éclose dans le sanglant bourbier où s'entretue la race maudite issue de Clovis. Pourtant, aimer d'amour ardent la pire ennemie de son père, aimer à en mourir sa propre tante, ajouter l'inceste à la trahison, c'est, en ces temps implacables, mener une partie terrible, une partie dont les enjeux sont des empires quand les protagonistes se nomment Brunehaut et Frédégonde, deux magistrales figures de femmes qui dominent ce siècle d'épouvante.
    Après Le Hun Blond, La Hache et la Croix et Le Dieu de Clotilde, Cavanna poursuit sa fracassante fresque mérovingienne, nous entraînant au coeur d'un fabuleux roman d'aventures et d'Histoire.

  • Au jeune Clovis, roi des Francs, il reste à conquérir la Gaule entière, et même, pourquoi pas, tout ce qui fut l'Empire romain. Pour cela, il lui faut d'abord abjurer les dieux du Walhalla et adopter le dieu des chrétiens. Puissamment secondé par l'évêque Rémi, par sainte Geneviève et, surtout, par l'ambitieuse Clotilde, son épouse, Clovis s'achemine vers le baptême et le sacre, la hache au poing, la ruse en tête. Loup, le « Hun blond », et Otto, son compère, chevaliers d'aventure haïs de Clovis, se voient jetés dans la mêlée. Ils retrouvent au passage une survivante des onze mille vierges martyrisées avec sainte Ursule, se lancent à la reconquête du saint chrême, transforment, bien malgré eux, la déroute en victoire, survivent à maints périls, vivent maintes amours et tissent la trame d'une histoire qui deviendra lHistoire.
    Un roman plein de fougue qui revisite avec panache l'histoire de France.

  • « Passant qui passes, si tu as acquis ce livre dans un dessein de futile gaudriole, laisse-le là et va, passe ton chemin.
    Car ce livre est le plus beau livre qui ait jamais existé. Le plus émouvant, le plus instructif, le plus moral, le plus élevant pour lâme, le plus consolant pour le cancer des voies biliaires.
    Car ce livre est le Livre.
    Tout est dedans. Tout.
    D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Dois-je faire fusiller les curés de gauche ? Quel vin servir avec le turbot béarnaise ? Comment sodomiser un archange ? En quels termes convient-il de s'adresser à Dieu pour solliciter un petit secours ? Épouserai-je mon chef de rayon ? Dix jours de retard, est-ce que je devrais m'inquiéter ?... Tout est dans le Livre. Tout. Ici ou là. Cherche, mon gars, cherche.
    Et si tu songes qu'au nom de ce Livre des vierges furent livrées aux bêtes, des philosophes brûlés vifs, des villes rasées, des provinces passées au fil de l'épée, des massacres sanctifiés, des injustices magnifiées, des bombardiers bénis, et qu'on a pas encore vu le plus beau, alors tu comprendras qu'un livre comme ça, ça ne peut pas être des conneries. C'est pas possible. »
    Cavanna

  • "Cavanna est-il né ? Si oui, quand ? Où ? Il a grandi. Dans quel sens ? Hauteur ? Largeur ? Il est allé à l'école. Laquelle ? Fut-il un cancre? A-t-il eu son certif ? Son bac ? Il a travaillé. A quoi ? Il a aimé. Qui ? Combien de fois ? A-t-il fait des enfants ? Les a-t-il placés à la DASS ? A rencontré Choron et plein de copains. Ont fait Hara-Kiri, puis Charlie Hebdo". Dans le style inimitable de l'écrivain des Ritals, Cavanna se raconte, et ressort de ses archives une riche iconographie pour s'illustrer: celui qui fut dessinateur avant de se révéler comme écrivain et créateur de journaux dévoile des images, photos, dessins, créations inédites dans un beau livre grand format.

  • Collecte méthodique de nombreuses plongées en apnée au tréfonds de l'enfer des archives de Hara-Kiri, ce recueil représente une tentative de sonder l'insondable.
    Qu'on se le dise, l'ouvrage exhume les pièces maîtresses d'un type de mauvais goût revendiqué, absolu, radical et explosif. Dès lors, ses déflagrations risquent d'éprouver sévèrement les esprits délicats. Miscellanées de vingt-cinq ans de grossièretés, Jusqu'à l'os!, il est vrai, ne sent pas que la rose : il convient donc de l'explorer comme des annales barbares, la chronique d'une belle époque révolue, lorsque le principe de précaution n'était pas encore coulé dans le bronze...
    Dans un souci pédagogique, Jusqu'à l'os! s'applique à dégager les thématiques essentielles à la bonne compréhension de ses propos. C'est ainsi que l'oeuvre de Hara-Kiri est ici abordée selon une dizaine d'entrées représentatives du grand dessein ayant animé cette publication, dont une sensibilité écologique avant-gardiste ("Torchez-vous avec des arbres pour éviter la déforestation ") ou encore une défense pointilleuse des valeurs républicaines ("Liberté, Egalité, Poing dans la gueule ").
    La bienséance nous interdisant de détailler la conception de la sexualité et de l'amour courtois selon Hara-Kiri, nous renvoyons les lecteurs aux chapitres concernés : Les Bas Morceaux et Les Salopes. En revanche, les suggestions régulièrement délivrées aux aficionados de la bande à Cavanna (chapitre Vie pratique) méritent d'être lues de 7 à 77 balais. Cette mine d'inventions - telle " la cafetière à vin blanc pour ceux qui n'aiment pas le café au réveil" - s'avère en effet toujours aussi pertinente pour transfigurer le morne quotidien en petit paradis.
    Enfin, c'est avec un plaisir sans mélange que chaque lecteur découvrira la montre Hara-Kiri, objet-culte dont on comprend aisément que personne n'osa jamais le rééditer. Une aubaine, car cette tocante finement ouvragée permettra à tous de briller avantageusement en société... en attendant qu'une Rolex tombe du camion.

  • «Sur les murs de la classe, il y a des images très belles tout en couleurs : il y en a une avec toutes les mesures, grandes comme en vrai, une autre c'est une carte de géographie. Quand c'est la leçon de choses le maître sort d'un étui un grand carton épais qu'il déroule avec soin pour l'accrocher par-dessus le tableau noir en passant les deux crochets dans les trous avec du cuivre autour juste prévus pour ça. On est contents, dans la classe, on sait que ça va être la leçon de choses. On aime bien ces images, celles qui sont aux murs tout le temps, on les regarde même quand c'est pas l'interrogation. Et on se raconte des histoires.»Cet album réunit plus de cent cinquante planches pédagogiques ou tableaux didactiques publiés entre le milieu du XIXe siècle et les années 1960.Chacun se souvient de ces planches qui rythmaient les leçons tout au long de la journée de l'écolier. Les plus anciennes illustraient la «leçon de morale» qui ouvrait la classe avant que l'instituteur ne les commente par quelques histoires édifiantes.D'autres aidaient à comprendre les délicates règles d'orthographe et de calcul. Quant aux grandes cartes de géographie, elles étaient la porte ouverte aux rêves, aux désirs d'évasion, et seule la baguette du maître ramenait brutalement à la réalité.Il y avait aussi les planches de «sciences nat'», celles sur l'Histoire de France et ses héros, et pour les plus petits, les planches d'élocution pour bien apprendre le vocabulaire et la prononciation...François Cavanna, s'aidant de ses propres souvenirs de la communale, retrace avec humour la vie des différents écoliers qui ont été à tout jamais marqués par ces images. Avec lui vous allez redécouvrir ces planches qui ont traversé les générations, véritables petits chefs-d'oeuvre de minutie et de poésie souvent involontaireUn album qui fait revivre de nombreux souvenirs et une grande page de notre histoire commune.

  • François Cavanna s'empare de l'histoire de France et entreprend de raconter les premiers temps de la France à sa façon, truculente et goguenarde, insolite et insolente, tout en restant scrupuleusement fi dèle à la vérité historique : Vercingétorix et les hordes gauloises narguant César, ces rois moins fainéants qu'on le croit, sainte Geneviève boutant Attila hors de Paris, le retors Dagobert et l'ambitieux Charlemagne, Godefroy de Bouillon entraînant les croisades, le bon Saint Louis qui n'était ni bon ni saint...

    « Il est des personnages dont l'action vaut d'être regardée avec des yeux neufs, en oubliant les poncifs commodes et les images d'Epinal où la tradition les a enfermés. Par exemple Aliénor d'Aquitaine, nature de feu mais prodigieuse tête politique... Blanche de Castille, ambition dévorante et poigne de fer... Tant d'autres ! »

  • « Après la longue nuit de la préhistoire, après le tumulte gaulois, après la paix romaine si dure aux vaincus, après la ruée des Barbares nordiques et les sanglantes rivalités des fils de Clovis puis de ceux de Charlemagne, après la folle aventure des Croisades, les peintres dits pompiers, véritables reporters de l'histoire, nous font maintenant chevaucher à travers les vicissitudes des descendants des premiers rois capétiens, non moins turbulents, non moins acharnés que leurs prédécesseurs, et prêts à tout, à commencer par le crime et l'infanticide, pour conquérir et conserver le pouvoir suprême ou agrandir le « pré carré » - aux dépens de leurs voisins, cela va sans dire.
    Il est des personnages dont l'action vaut dêtre regardée avec des yeux neufs, en oubliant les poncifs commodes et les images d'Epinal où la tradition les a enfermés. Par exemple Aliénor d'Aquitaine, nature de feu mais prodigieuse tête politique... Blanche de Castille, ambition dévorante et poigne de fer... Tant d'autres ! »
    Cavanna

  • Coeur d'artichaut

    François Cavanna

    « Je n'en reviens pas. Que ça marche. Qu'une femme m'admette. Souvre à moi. Me donne accès à tout ce qui est elle, à son plus intime, à son plus secret, à ses replis, à ses toisons, à ses odeurs, à ses sucs. Me donne le droit de tout faire, tout. De me repaître d'elle. De la regarder me le permettant. De lire dans ses yeux, dans son abandon, plus que le plaisir que je lui donne : son accord pour que ce soit moi qui le lui donne... »
    Dans le prolongement des Ritals, des Russkoffs, et, surtout, des Yeux plus grands que le ventre, voici le grand retour du polémiste au roman. Le verbe dru, l'oeil aigu, la sensibilité explosive, l'émotion prompte à tout bouleverser en dépit de la lucidité qui ne peut qu'habiller d'humour l'inéluctable, c'est Cavanna tout entier qui se retrouve dans Coeur d'artichaut, épopée érotique et confession sans pitié, débauche de fantasmes, hymne d'adoration absolue dédié à la Femme, « seule raison de vivre ».

  • La deesse mere

    François Cavanna

    « une femme, une femme plus que femme, glorieusement, outrageusement femme, fesses, ventre, mamelles, hanches, rondeurs et plis, une femme fendue haut, large et profond, une femme sans regard et sans bouche parce que sans visage, une femme sans mains, sans pieds, sans rien d'autre que de la femme, de l'exubérance de femme dans la gloire de sa femellité débordante, de la femme délectable et maternelle, montagne de chair, gouffre de délices, qui eût digéré cent mâles et nourri mille enfants. »
    Cela se passe il y a plus de dix mille ans. En des temps sauvages, dans un monde hostile, parmi des êtres primitifs et barbares. On pourrait croire que ça n'a rien à voir avec l'humanité évoluée d'aujourd'hui. Et pourtant À travers ce roman paillard, philosophique et partisan, c'est bien l'homme - ou plutôt le mâle ! - et surtout la femme - ou peut-être la déesse ? - que Cavanna dépeint à sa façon, avec humour, allégresse et truculence, renouant avec l'exubérance du verbe qu'on lui connaît.

  • Dans ces temps épiques, lHistoire était un formidable roman.
    Le VIe siècle s'achève et deux reines, animées par une inexpiable haine, s'apprêtent à mettre les Gaules et l'Europe à feu et à sang. Si Frédégonde est mue par des tendances dominatrices, des passions et des lubies perverses, Brunehaut est une femme de haute culture qui nourrit des ambitions élevées : fonder un État évolué. Mais cette femme ardente ne recule devant rien pour venger les siens, exterminés par sa rivale.
    C'est sur ce boulevard de la cruauté et de la violence que se joue le déclin de la lignée mérovingienne fondée par Clovis. Complots, sacrifices, trahisons et félonies se succèdent à une cadence accélérée, tandis que Cavanna, lui, s'en donne à coeur joie. Résolument libre et truculent, l'historien et romancier s'empare de cette longue page d'histoire pour notre plus grand plaisir. Sacrément réjouissant !

  • « Eh, vous !
    Oui, vous, là, les culs-bénits (avec au bout un « t » de dérision, comme dans « eau bénite »), et vous, les grenouilles de bénitier, et vous aussi, les qui-ne-pratiquent-pas-mais-qui-pensent-qu'il-y-a-quelque-chose-qui nous-dépasse, c'est à vous que je parle !
    En cette fin de siècle aussi calamiteuse que crépusculaire, votre triomphale arrogance, votre crasseux conformisme avaient bien besoin d'un bon coup de quelque chose de dur sur le museau. C'est exactement ce qu'est ce livre. Il est donc fait pour vous, rampants ! Et ne vous avisez pas de le voler. Ne croyez pas que je vais vous injurier à l'oeil ! Allons, passez à la caisse et emportez-le. »
    Cavanna

  • La parution de la GRANDE ENCYCLOPÉDIE BÉTE ET MÉCHANTE, de Cavanna, éclata en coup de tonnerre. Partout, jusque dans les plus humbles villages, les arrogantes statues de Diderot, du Petit Larousse et du Grand Robert furent jetées à bas par le sous-prolétariat maghrébin assoiffé de vraie culture et aussitôt remplacées, dans un grand élan d'enthousiasme, par des statues équestres de Cavanna, bel objet d'art en polystyrène expansé offert gracieusement par la maison Albin Michel pour toute commande groupée d'au moins trois cents exemplaires de la GRANDE ENCYCLOPÉDIE BÊTE ET MÉCHANTE, grandeur nature, doré à la peinture dorée, moustaches au choix : blanches, grises, fraise, pistache, chocolat ou panaché, joindre cent francs pour frais d'envoi.
    La concurrence, d'abord atterrée, réagit avec un long cri de haine. D'innombrables autant que de grossières imitations submergèrent le marché, lancées en catastrophe par les éditeurs cacochymes désormais voués à la stricte famine et aux ricanements humiliants de leur concierge. C'est ainsi que Larousse fit paraître la Copieuse Encyclopédie Sotte et Vilaine. Hachette lança La Super-Encyclopédie pour les Analphabètes et les Anthropophages. Monsieur Double édita LEncyclopédie Géante pour Cons et Voleurs de Roues Avant de Bicyclettes (deux fois plus de noisettes !) et Monsieur Harpic LEncyclopédie Foisonnante des Petits Voraces (rend deux fois plus actifs les microbes de votre fosse septique).
    Répugnants plagiats ! Lamentables parodies qui n'eussent dû que susciter le mépris de l'honnête homme... Hélas, trop s'y laissèrent prendre, qui par la suite le regrettèrent amèrement ! Mais la nature humaine est ainsi faite : quiconque une fois a goûté à la GRANDE ENCYCLOPÉDIE BÊTE ET MÉCHANTE de Cavanna ne peut plus s'arrêter et cherche avidement autour de lui de quoi continuer la fête, fût-ce par le moyen d'une infâme imitation qui le laissera déçu et sanglotant.

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