• Démission du ministre de la Coopération Michel Roussin. Tentative de déstabilisation du juge Halphen. Mises en garde à vue d'entrepreneurs en bâtiment. Affaire Schuller-Maréchal. Scandale des HLM. Valises de billets. Appartements aux loyers bradés pour les amis et affidés. Villas construites ou achetées au rabais... Tous ces dossiers ont fait la une des journaux, des coups de projecteur ont été donnés sur un monde où se côtoient hommes politiques, financiers douteux, truands de plus ou moins grande envergure, avant que ne retombent sur eux le silence et l'obscurité propices aux mauvais coups. Cette obscurité, Alain Guédé et Hervé Liffran la scrutent depuis des années pour le Canard enchaîné. Ils ont rencontré des dizaines de témoins, procédé à de minutieuses investigations, à de patients recoupements. Le tableau est effarant. La plupart de ces événements ont un lien commun : la mise en place d'un système de fausses factures destiné au financement occulte du RPR. Ils ont un décor commun : l'Hôtel de Ville de Paris. Et des acteurs communs, truculents comme Jean-Claude Méry, inquiétants comme Louise-Yvonne Casetta, connus comme Robert Pandraud et Patrick Balkany, ou secrets comme Georges Pérol et Jean-Pierre Quéré. Faut-il en déduire qu'ils ont un maître d'oeuvre commun, dont la carrière doit tant à la ville qu'il a administrée et au parti qu'il a incarné ? Déjà, des observateurs s'interrogent : et si le passé du maire de Paris en venait à rattraper l'hôte actuel de l'Élysée ?

  • Péril sur la Chiraquie... Depuis presque deux décennies, faux facturiers et affairistes ont proliféré à la mairie de Paris et au Conseil régional de l'Île-de-France. Dans cette mise en coupe réglée, le pactole de centaines de millions détournés, ceux utilisés pour le financement politique, le dispute à la mesquinerie des grappillages de tel ou tel élu. C'est le racket des marchés publics, les prébendes de la famille Tibéri, les HLM de luxe des uns, les somptueuses résidences secondaires des autres, entretenues aux frais du contribuable... Et même des falsifications de listes électorales, destinées à assurer la victoire de la majorité chiraquienne à l'Hôtel de Ville. Dans La Razzia, Alain Guédé et Hervé Liffran décrivaient les premiers éléments d'un système de fausses factures centré sur la mairie de Paris. Aujourd'hui, les juges n'ont jamais été si près de la vérité. Ils n'en sont que plus dangereux pour un pouvoir qui prend, désormais, tous les risques pour les bâillonner. Et l'Élysée veille directement au silence des Chiraquiens, qui ne se reconnaissent plus dans cette Chiraquie-là : Claude-Annick Tissot, la Madame Propre de la région Île-de-France, en a fait l'amère expérience. Fluctuat nec mergitur - elle flotte mais ne coule pas - proclame la devise de la Ville de Paris. En cette fin d'année 1996, de nouvelles voies d'eau s'ouvrent dans la coque. Et le naufrage du navire municipal menace celui qui en fut, dix-huit ans durant, le capitaine.

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