• Vipère au poing est le récit, largement autobiographique, du combat impitoyable que livrent Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, Folcoche. Jean Rezeau, que nous suivons de quatre à seize ans, n'est pas pour autant un enfant martyr. Il a beaucoup trop de combativité pour être de ceux qui subissent : la haine l'occupe comme d'autre la tendresse. N'avoue-t-il pas, à la dernière ligne : « Merci ma mère ! Grâce à vous, je suis celui qui marche, une vipère au poing ».
    Cri de haine et de révolte, Vipère au poing, le premier roman d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains français les plus lus de notre époque.

  • La mort du petit cheval est la suite directe de Vipère au poing. Jean Rezeau, âgé de dix-huit ans, a coupé les ponts avec sa famille. Mais la tyrannie de Folcoche, la mère impitoyable, le poursuit toujours. Si la combativité lui a formé le caractère, la haine ne l'a guère préparé à l'amour. La nécessité fera de lui un terrassier, un valet de ferme, un camelot... et quelques femmes l'aideront à franchir le difficile passage de la haine à l'amour et du refus de la vie à son acceptation. Ainsi Jean Rezeau découvre-t-il le bonheur en même temps que la paternité. La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman d'Hervé Bazin un des meilleurs réquisitoires contre un certain type d'oppression familiale.

  • L'épidémie ! ce que craignait par-dessus tout le Dr Alleaume est arrivé. La sur-grippe, la tueuse dont le grand biologiste recherche le vaccin depuis des années, a fondu sur un monde livré sans défenses ni frontières à ses ravages.Le héros de ce roman n'imaginait pas que la science puisse lui offrir, un jour, un rôle d'apprenti sorcier. Aurait-il lui, le savant, hâté le désastre en cherchant à le rendre impossible ?A travers un prodigieux récit qui ne ménage aucun répit, c'est sur un problème très actuel que se penche une fois encore le romancier.Dieu, est-il dit, créa le monde en six jours. Le septième, il se reposa. Le huitième, il chassa Adam et Eve du Paradis terrestre. Nous vivons ce neuvième jour où, qui sait ? l'hommme, prenant la place de son créateur, risque de détruire la création.

  • Le démon de midi, depuis toujours, promet le septième ciel et réussit à retarder les pendules. Nul ne s'étonne qu'un (ou qu'une) quadragénaire bouleverse sa vie pour d'autres amours. Mais qu'un septuagénaire entreprenne la reconquête du bonheur - et qui plus est : avec une jeune femme -, malgré de nombreux exemples, cela choque encore. Pourtant, à une époque où les trois quarts d'entre nous sont sûr de disposer, en bon état, de trois quarts de siècle, le démon de minuit est un fait de société. Au prix de tous les risques, y compris celui de la crise cardiaque, y compris celui de la paternité tardive, ce défi à la mort devient un hymne à l'existence.Hervé Bazin sait ce dont il parle. Avec la violence du trait, avec la précision cruelle - et parfois crue - qui masquent chez lui la tendresse comme la souffrance et ont fait le succès de tous ses romans depuis Vipère au poing, il nous offre le portrait d'un homme qui refuse les tabous ainsi que les usures et les humiliations de l'âge. La vieillesse commence par le mot vie et le contient jusqu'au bout. Ce qu'on peut en déplorer ne justifie aucune résignation. Gérard, le héros du Demon de minuit, entend vivre et mourir debout. Et heureux si possible.

  • On ne dort plus guère à Saint-Leup du Craonnais : les femmes y brülent avec une régularité qui exclut le hasard. Et le soupçon, plus encore que la menace, empoisonne le village.L'incendiaire ? On le découvre au cours de péripéties hallucinantes où chaque personnage se révèle dans sa vérité : Monsieur Heaume, une manière de châtelain ; Degoutte, le menuisier, et son fils demeuré ; Ralingue, l'épicier chef des pompiers ; Eva Colu qui fuit une vie devenue insupportable ; Bertrand, son mari, contraint par une abominable brûlure de guerre à vivre masqué et qui, depuis, combat le feu avec acharnement.Le cauchemar de Saint-Leup est raconté par Céline, la fille unique d'Eva et de Bertrand. A la lueur des incendies, c'est toute l'existence d'un village qui nous apparaît, dans sa profondeur, avec ses passions et ses rancunes.

  • "Non, je ne suis pas, je ne serai pas une infirme ordinaire, que mon orgueil bouleverse mes défaillances !"Ordinaire, la vie de Constance, vingt ans, ne le sera pas. Paralysée, elle aura une influence décisive sur les êtres qu'elle a choisis pour agir à sa place. Mais le mal dont elle est atteinte empirera et, malgré sa volonté farouche, il ne lui sera même pas accordé de vivre par personnes interposées.Contre une morale formelle et consacrée, Constance est le champion de la sincérité et de la générosité constructive. Elle incarne le courage personnel, et se raillant elle-même avec un désespour discret, elle remplace ce premier devoir humain : dominer les servitudes du destin.Courageux, poignant, tendre et sensible, Lève-toi et marche est un des grands romans d'Hervé Bazin. 

  • Aux environs de Nantes, quatre femmes vivent à La Fouve : une jeune divorcée ; ses deux filles, Isabelle et Berthe, la cadette ; enfin Nathalie, servante fidèle, qui a pris dans la maison l'autorité d'une vieille parente. Après une courte absence, la mère reparaît en annonçant qu'elle vient d'épouser un jeune avocat nantais, Maurice Mélizet. Nathalie - Nat - est horrifiée. Isabelle - Isa - qui porte à sa mère une passion jalouse s'est dressée d'emblée contre l'intrus et médite de lui faire payer cher sa présence au coeur du gynécée... Mais l'amour va naître entre Isa et Maurice, au chevet de Mme Méliset, malade, qui finira par mourir. Les coupables ont la voie libre. S'épouseront-ils ? D'autant qu'Isa met au monde une petite fille. Mais il est vrai que cette dernière reconstitue et renforce à La Fouve la tribu des femmes...Ce récit, qui nous est fait à la première personne par Isabelle, est d'une richesse psychologique et verbale rarement égalée. La vieille demeure, son jardin décoiffé qui descend jusqu'à l'Erdre, les jeux de la nature et des saisons se mêlant aux nuances intérieures du drame, composent un ensemble d'une opulence, d'une vigueur et souvent d'une poésie qui nous ravissent à la fois et nous bouleversent.

  • Hervé Bazin est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages dont quinze romans qui, depuis un demi-siècle, assurent sa notoriété.Mais c'est aussi un nouvelliste qui a publié notamment Le bureau des mariages et Chapeau bas. A l'heure où les nouvelles semblent retrouver la faveur du public, Hervé Bazin nous en offre un troisème receuil, Le grand méchant doux : huit histoires, racontées comme il sait le faire et dont la diversité trouve son unité dans le ton, où l'humour le dispute à la dérision et l'allégresse à une aimable férocité.

  • Nous devons à la vérité de le dire aussitôt : le système que présente cet ouvrage n'est pas l'expression de notre pensée, mais celle de feu notre ami, l'éminent professeur Alexis Patagos. Les commentaires, que nous jugerons indispensables, ne seront pes les nôtres, mais ceux de la Lige ortografiste ou encore - par loyauté - ceux de ses ennemis. Nous n'estimerions pas convenable d'intervenir personnellement. Rien ne nous y autorise et surtout pas la pratique de l'écriture, si différente d'une vraie connaissance de la langue. Nous demandons même à nos amis, à nos lecteurs habituels, de bien vouloir excuser notre intrusion dans un domaine sévère, réservé d'ordinaire à des spécialistes follement sérieux qui savent défendre les abords de leur discipline.H. B.

  • Humeurs est un recueil de poèmes de Hervé Bazin, auteur de Vipère au poing.

  • Hervé Bazin a fait son Tour d'Europe de la folie pour le compte de l'Office national de la santé ; on sait qu'il en a rapporté une série d'études dont la récente publication dans France-Soir a été retentissante. On se devait de conserver et de répandre ce document capital sous la forme d'un livre : il est donc devenu La fin des asiles.
    La conclusion d'Hervé Bazin est optimiste : "La psychiatrie n'est plus la science du malehur, écrit-il, elle deviendra peut-être demain la science du bonheur". Conclusion d'autant plus frappante que s'il fallait en croire seulement les chiffres, jamais l'état mental du monde n'aura été si désespérant : on compte en Europe deux millions de malades du cerveau (160.000 en France, autant que les populations de la Lozère et des Basses-Alpes réunies) et plus du tiers des lits sont réservés dans les hôpitaux. Depuis la guerre, le nombre des affections mentales a tellement augmenté qu'on a pu considérer la folie comme la rançon de la civilisation moderne.
    Mais si la folie fait des progrès, la psychiatrie va plus vite encore. Aujourd'hui les méthodes qui, naguère, faisaient des aliénés de véritables morts vivants, ont été complètement revisées. Des traitements révolutionnaires, chirurgicaux, médicaux et psychologiques attaquent le mal de partout. Dans La fin des asiles, vous suivrez la lutte passionnante des psychiatres.
    Il faut lire ce livre, lucide, généreux et documenté, que personne n'était aussi qualifié que le célèbre auteur de La tête contre les murs pour mener à bien.

  • Arthur Gérane, le héros de La Tête contre les murs, vit sur les limites combien imprécises et fragiles de la " responsabilité ". Il est capable de mener une vie normale, ou du moins de faire dans la vie normale de longues plongées. L'histoire très émouvante de son mariage le montre digne d'inspirer un amour très fidèle et le plus sain. Pourtant Gérane est un " inadapté " promis aux coups de tête, aux fugues et même aux sales coups. Dès ses premières frasques les magistrats choisissent de le céder aux psychiatres.Enfermé, évadé, repris ; de la maison de santé à la section criminelle, en passant par la prison et le quartier de sécurité, Arthur fait en quelque sorte, une " carrière d'aliéné complète ". Par la seule force des choses, il est entraîné vers sa fin horrible, sur une paillasse de gâteux.

  • Pour Hervé Bazin, la nouvelle n'est pas un exercice littéraire périlleux et plus ou moins secondaire. Chacune de celles qu'il écrit présente un ou plusieurs personnages vrais, expose une situation, développe un drame humain et en épuise le sens. Elle atteint les êtres dans leur vérité secrète et profonde et écalire un moment caractéristique de leur destin.Les huits récits que voici ont la même densité. mais de l'un à l'autre, rien de plus vari, de plus changeant, que les circonstances, le décor et les personnages. Hervé Bazin passe des bas-fonds de paris à la lumière d'un paysage d'eau ou à la splendeur d'une forêt d'automne. Il évoque aussi bien l'atmopshère tragique d'une prison que la paix médiocre d'un intérieur de petits-bourgeois. Il entre dans les âmes enfantines des tragiques héros de Jeux de mains comme dans le coeur racorni  de quelque maniaque de village.On remarquera enfin dans le Bureau des mariages un style épuré, sans outrances, sans complaisances verbales. Hervé Bazin n'en garde que mieux ce sens de la vie et ce don de la rendre qui lui ont valu un exceptionnel succès.

  • Dans la célèbre collection où se sont exprimés les personnalités les plus diverses, le Ce que je crois d'Hervé Bazin suscitera sans doute autant de sympathies que de polémiques.
    Au long d'une oeuvre, dont la critiquer a reconnu la cohérence, le romancier a créé des personnages dont les idées ne sont pas forcément les siennes ou les illustrent parfois a contrario. D'où l'intérêt de cet ouvrage, écrit sur le ton modeste, mais dans le style nerveux propre à l'auteur de Vipère au poinget de Madame Ex.L'écrivain, ici, disparaît derrière l'homme qui ne se contente pas de dire ce qu'il pense des grands problèmes existentiels (la religion, l'origine de la vie, la mort, l'amour le choix de société), mais se complète par l'exposé très vif de ses "croyances pratiques" concernant la libération de la femme, le malaise de la jeunesse et de la famille, l'avenir de l'Europe ou l'aventure spatiale.
    On découvrira chez Hervé Bazin une culture philosophique et scientifique, que ses romans n'affichaient pas, et une hauteur de vues qui lui permet, au dernier chapitre, d'énumérer les causes de la "crise planétaire" et de conclure que l'espèce humaine, malade d'avoir "à se mesurer, trop tôt, avec des moyens dont la puissance dénature les fins", est en train de passer son "suprême examen", avant la promotion finale ou la disparition.

  • Entre l'enfant penché sur l'alphabet, dans la nursery de la rue du Temple, à Angers, et les différents êtres en qui différents âges m'ont transformé, me voici, avec mes idées, mes humeurs, mes émotions, mes aveux, mes silences, mes contradictions, mes traits de caractère - et mille anecdotes. Mon autobiographie, en quelque sorte... Oui, mais sous une forme un peu spéciale.
    Celle de l'abécédaire. N'ayant jamais tenu de journal, au sens strict, mais depuis des années jeté des notes dans un cartonnier, j'ai pensé qu'elles ne relevaient ni du temps mobile du calendrier ni d'un "temps immobile" mais d'un classement alphabétique. De A à Z. De A, je suis loin. De Z, je m'approche. Voici, par le biais d'un lexique, une bonne part de ma vie.
    H.B.

  • Folcoche, c'est l'affreux surnom dont les enfants Rezeau avaient affublé leur terrible mère. après l'avoir combattue dans l'inoubliable Vipère au poing, Jean Rezeau avait fui la tribu : il s'était marié, avait fondé une famille normale - sa revanche - dans la Mort du petit cheval.Vingt-cinq ans plus tard, veuf, remarié avec Bertille dont il élève la fille parmi ses propres enfants, nous le retrouvons dans Cri de la chouette. Mais voilà que Madame Mère, Folcoche, jamais revue, fait irruption chez lui. Trahie, dépouillée par son fils préféré, elle vient offrir la paix. Jean, qui avait chassé les fantômes de sa jeunesse, accepte d'oublier le passé sur l'insistance de sa femme et de ses enfants qui croient pouvoir convertir leur redoutable aïeule. C'était oublier que Folcoche est toujours Folcoche. Et la vieille chouette, aussitôt, sème méfiance et discorde.Passant d'un humour féroce à la nostalgie, du pittoresque à la poésie, Hervé Bazin nous donne, avec Cri de la chouette, le plus humain et le plus tragique de ses romans.

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