• « Après trois quarts de siècle qui ont laissé des encoches, des brûlures et des blessures dans ma mémoire, les hasards d'une existence et d'une carrière non programmée ayant fait que je me suis retrouvé au coeur de la plupart des événements qui ont façonné le monde d'aujourd'hui, je me retourne, sidéré... Comment est-il possible que j'aie vécu tout ça ? » La vie de Jean-François Kahn est un véritable roman. Le roman d'un homme fasciné par l'Histoire et par l'art de décrypter l'Histoire : le journalisme. Observateur des folies du communisme, des dérives du colonialisme, de la montée de l'extrême droite, le grand reporter raconte enfin, dans ce premier tome de ses mémoires, sa traversée d'un siècle fou, où l'on croyait tout possible - et où tout fut possible, hélas.  Se retournant sur sa vie, et tout étonné encore des événements dont il fut le témoin, il nous livre un récit plein d'aventures et de drôlerie, traversé de révolutions et de coups d'État, de guerres extérieures et intestines, d'humanisme et de terreur, de misères et de servitudes - bref, de bruit et de fureur, de rires et de larmes.  Conteur formidable, il offre aussi aux lecteurs des portraits saisissants de Nasser et de Che Guevara, d'Albert Camus et d'André Malraux, de de Gaulle et de Mitterrand, d'Hubert Beuve-Méry et de Françoise Giroud. Les mémoires de la mémoire du siècle.  

  • « L'écrivain Georges Perec a osé cette "disparition" : retirer une lettre de ce tout qu'est l'alphabet.
    Je propose ici l'expérience inverse : affronter un tout à partir d'une seule lettre.
    La lettre M. "M la maudite" qui m'a permis d'ouvrir toutes les portes et de tout oser. Trop ?
    Cet ouvrage est à la fois le concentré des expériences d'une vie et le reflet de ce kaléidoscope qu'est la vie.
    Concentré des expériences d'une vie car, ce que j'y ai investi, c'est tout ce que j'ai eu l'occasion d'expérimenter, de connaître, de découvrir. Tout ce à quoi j'ai été confronté et amené à réfléchir, tout ce qui a été l'objet, de ma part, de quêtes et d'enquêtes, motifs parfois de combats ou d'adhésions, tout ce dont j'ai été témoin et éventuellement acteur, mes pérégrinations à travers les crises et les guerres de notre monde, mes engagements et mes batailles.
    Reflet de ce kaléidoscope qu'est la vie, car celle-ci n'est pas univoque. Elle intègre le complexe, le sérieux, le savant, le descriptif et le synthétique, le polémique et l'empathique, mais aussi le léger, le déconnant, le vachard et je l'admets... des bêtises. Autrement dit, le grave et le drolatique, le pointu, l'arrondi et le dérisoire. Calembours et calembredaines compris.
    Mélange des genres poussé ici à son paroxysme. La vie comme on l'M ! »

  • Il y a des livres qui se lisent le sourire aux lèvres. Celui de Jean-François Kahn en fait partie. Avec sa verve et son humour, il revisite les premiers chapitres de l'histoire de France. Et d'un coup, nos ancêtres sont les Romains plutôt que les Gaulois ! Chacun en prend pour son grade. 
    Les Romains ? De grands civilisateurs qui ont su séduire et intégré la Gaule dans leur vaste empire et donner aux Celtes la citoyenneté, mais dont les empereurs font tache. A telle enseigne que les vaincus d'hier prendront sans difficulté des postes clés dans les institutions et feront de leur pays un centre important de culture latine, pesant sur les tribus germaines voisines pour les englober un jour. Sous le regard de Néron, de Julien ou de Caligula, révoltes, guerres civiles, divisions et trahisons n'ont pas cessé. 
    Quant aux grandes figures de la résistance à Rome, elles n'ont pas toujours été celles que l'on pense. Vercingétorix ? Un looser et le chef d'une très éphémère rébellion. Alors que Vindex, un prince batave, a remporté des victoires contre de puissantes légions romaines et a unifié la Gaule, la Belgique et la Germanie. Même la mystérieuse reine Boudica a pu résister avec plus de noblesse que le fanfaron d'Alésia. 
    Jean-François Kahn fait revivre des figures de héros injustement oubliés. Avec lui, l'histoire est un exercice vivant et sérieux, un récit qui se permet tout et qui fait rêver : une histoire incorrecte.

  • Deux périodes ont sans doute plus compté dans l'histoire de notre pays que toutes les autres réunies, celle qui va de 1789 à 1889 (abolition des privilèges, libéralisme, démocratie, république, laïcité, progrès social) et celle, entre le IIe et le IVe siècle de notre ère, au cours de laquelle l'Occident en général et ce qui deviendra la France en particulier vont vivre la plus formidable révolution idéologique, ainsi que la plus profonde mutation sociale et civilisationnelle qu'ait connue l'histoire universelle : passage du paganisme au christianisme, du polythéisme au monothéisme, de la pluralité des croyances à l'unicité du dogme. Et c'est au milieu de ce chamboulement inouï qu'un empire mondial sombre, que l'Orient et l'Occident divorcent, que des peuples dits « barbares » submergent la romanité, que la Gaule affirme son identité en se découvrant et en s'imposant en tant que nation, jusqu'à arracher un temps son indépendance à la puissance hégémonique romaine, que Paris s'offre comme capitale, qu'une gigantesque révolution sociale soulève une France en gestation confrontée déjà à l'oppression fiscale et au centralisme bureaucratique.
    C'est l'extraordinaire saga de ce basculement que ce livre retrace à travers des événements, des aventures, des retournements, des soubresauts, des luttes, des drames, des farces, des personnages, qu'aucun romancier n'oserait même imaginer.Essayiste, polémiste, fondateur de Marianne, Jean-François Kahn est auteur de nombreux ouvrages dont, aux éditions Fayard, Tout change parce que rien ne change (2006), Comment on y va... (2008), ou encore Philosophie de la réalité (2011). Le tome 1 de L'Invention des Français (2013) a rencontré un grand succès auprès du public.

  • « Les Français piègent le manichéisme en lui émoussant ses armes, sèment ici et là quelques clous vicieux sur l'autoroute de la bipolarisation. Ils rusent, bricolent, bidouillent, corrigent comme ils peuvent le totalitarisme binaire de la logique majoritaire. Ils arrondissent les angles, taillent les arêtes trop aiguës, érodent les certitudes partisanes, réveillent les contradictions endormies, aiguisent les ambitions défaillantes, calment les ardeurs doctrinales, et, regardez-les bien, écoutez-les bien, citoyens exemplaires aux intuitions fulgurantes empêcheurs redoutables de guerroyer civilement en rond, artistes intelligents et minutieux qui renvoient systématiquement dans les cordes les croisés exaltés et hargneux de l'éternelle contre-réforme et les chevaliers bardés de discours de fer, prêchant comme par habitude l'impossible révolution, admirez-les. Oui, les Français sont formidables ! » Jean-François Kahn le prouve : il puise dans l'Histoire ou s'inspire des événements récents. Doués d'un sens extraordinaire de l'équilibre les Français s'en sortent, malgré les attentats qui se multiplient, les grèves qui se prolongent, les manifestations qui se succèdent et les conflits de tous ordres qui s'éternisent. L'aventure de la création de « l'Événement du jeudi » en apporte, pour lui, une preuve supplémentaire. Avec la verve qu'on lui connaît, Jean-François Kahn n'épargne personne, polémique avec tout le monde et rend hommage au Français qui ont choisi de penser autrement.

  • Les craquements qui se font entendre dans les soutes de notre société en panne ne permettent pas de croire qu'un simple époussetage suffirait à faire tolérer plus longtemps les mensonges déclamés et les injustices subies. Comme hier, plus encore qu'hier même, il s'agit, au-delà des clivages d'un autre temps et des phraséologies paravents, de favoriser l'émergence d'un réformisme rénové, moderne, social et européen, une autre voie en somme. Mais, alors qu'il y a dix ans il fallait préalablement dénoncer un certain climat de guerre civile froide, nous sommes confrontés aujourd'hui au phénomène tout aussi pervers de la tendance à la pensée unique. Que constatons-nous en effet ? Que le champ du pluralisme de l'information ne cessant de se rétrécir, que l'oligarchie capitalistique pénétrant de plus en plus au coeur du système audiovisuel, la chape de plomb du conformisme tend peu à peu à aplatir toute velléité de dire autrement ce que l'on pense différemment. Plus de place pour une autre ligne dans cet univers confiné où la contestation, voulue évidemment caricaturale, n'est introduite que comme faire-valoir d'un consensus objectivement conservateur. Et pourtant, ils sont nombreux ceux qui n'entendent ni se laisser enliser dans cet immobilisme de confort, qui justifie un nihilisme de rancoeur, ni se laisser couler dans le moule d'un prêt-à-penser démissionnaire, dût-il se draper des couleurs d'une gauche de convenance ; ceux qui refusent de capituler face à l'impérialisme des clans et des castes. Mais, comment le dire, où le dire ? Nous le savons aujourd'hui : la désertion du terrain des valeurs, le travail méprisé, la laïcité trahie, le largage de la morale et le bradage de la raison, la soumission à tous les oukases culturels d'une nomenklatura autoproclamée, la restauration d'une aristocratie possédante, légitimée par une cléricature cooptée, font immanquablement le jeu des néostalinismes et des néofascismes. Il s'agit donc de réapprendre à penser librement.

  • Il y a vingt-sept ans, je publiais un ouvrage qui s'intitulait: Et si on essayait autre chose. Essai sur une autre voie.
    S'ensuivirent vingt-sept ans de combats, souvent difficiles, en particulier à travers Les Nouvelles littéraires, L'Événement du Jeudi ou Marianne, contre les tenants d'un ordre bipolaire établi; vingt-sept ans d'efforts pour élaborer peu à peu une philosophie politique alternative. À l'arrivée: les événements nous ont donné raison. Avant de hurler, jugez-en. Pièces à l'appui.
    Nous annoncions l'effondrement du modèle néolibéral qui avait centralisé l'argent et le profit, comme s'est écroulé le modèle qui avait centralisé l'État et la bureaucratie.
    Oui, répétions-nous, une autre société est possible, une autre société est nécessaire: celle qui replacera l'homme au centre, celle qui mettra l'État et l'argent - l'avoir et le pouvoir - au service de la double émancipation individuelle et collective de l'être.
    C'est le propos de ce livre.
    Comment réaliser cette révolution? Pourquoi, loin de faire du passé table rase, il s'agit d'en sauver et d'en optimiser tous les acquis, y compris ceux du libéralisme et du socialisme? Quelle philosophie, quelle morale, quel modèle de société sous-tend l'«alternative» que nous proposons? quelles sont les mesures, à court ou moyen terme, qui permettront d'y parvenir?
    C'est à quoi ce livre, qui synthétise plus de trois décennies d'engagement intellectuel, tente de répondre.
    C'est dit. Reste à faire.
    Essayiste, polémiste, auteur de nombreux ouvrages dont, aux Éditions Fayard, Tout change parce que rien ne change, Les Bullocrates, Comment on y va..., Jean-François Kahn est le fondateur de l'hebdomadaire Marianne.

  • Invité par Françoise Siri à revisiter son parcours de ces quarante dernières années, et qui peut apparaître comme une grande réussite professionnelle, Jean-François Kahn surprend et provoque doublement : «

  • Axel, le médecin biologiste, engagé depuis longtemps dans la réflexion éthique, Jean-François, le journaliste, homme de média et agitateur d'idées. Ils sont frères mais se connaissaient peu avant ce livre. Elevés l'un et l'autre dans la religion catholique, ils sont devenus farouchement agnostiques, mais demeurent tous deux obsédés par la quête de sens. Ils croisent ici leurs souvenirs, avec la tendresse de l'éloignement et la lucidité des intellectuels qu'ils sont : deux enfances séparées à cause de la guerre, une adolescence dans la France de la TSF et de la reconstruction, le couple de leurs parents et leur frère Olivier, les premiers choix politiques, les grandes désillusions de l'âge adulte. Mais le genre humain n'est pas leur ennemi, tout au contraire. Même si on ne croit ni au Grand Horloger de l'univers, ni à la Rédemption, ni non plus aux lendemains qui chantent, la place est immense pour l'engagement de deux hommes qui n'ont pas cessé de croire qu'aujourd'hui peut être meilleur qu'il n'est, et demain meilleur qu'aujourd'hui : à la condition d'oser le vouloir. Etre capable d'enthousiasme, voilà qui les réunit, qu'il s'agisse de dire leur émotion devant un air d'opéra, leur admiration devant le personnage de De Gaulle, leur goût pour la cuisine - qu'ils font eux-mêmes-, ou de célébrer les grandes avancées de la démocratie. Dégrisés des illusions confortables, sans concession pour les mensonges d'où qu'ils viennent, ils montrent que le métier d'homme n'est pas un vain mot.

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