• Le milieu des mondes. une histoire laique du moyen-orient depuis 395 Nouv.

    Berceau des trois monothéismes, terre de conflits confessionnels et d'obsessions identitaires, le Moyen-Orient tend à déchaîner les passions, quand il ne suscite pas la résignation devant la répétition du malheur. Pour désamorcer une telle charge symbolique, Jean-Pierre Filiu adopte une démarche résolument laïque, éclairant d'un jour nouveau un millénaire et demi d'histoire de la région, à partir de la fondation, en 395, de l'Empire romain d'Orient.
    Son approche citoyenne et érudite invalide les amalgames contemporains qui ne font que projeter sur la réalité moyen-orientale les propagandes de guerre des uns et des autres. Elle éclaire comment dictateurs et jihadistes défigurent le passé pour légitimer leur barbarie. Une telle histoire devient alors bien plus riche et fascinante que les caricatures dans l'air du temps.
    Ce livre, qui fera date, offre la première synthèse sur une aussi longue durée de l'histoire de ce « milieu des mondes », carrefour de trois continents. Il s'appuie sur un solide appareil didactique, avec vingt cartes, dix chronologies et deux index. Il vise ainsi à rendre directement accessibles l'héritage et les enjeux du Moyen-Orient. Il se conclut par une analyse de la place et des ambitions de la France dans cette région. Car cette histoire est également la nôtre, aujourd'hui peut-être plus que jamais.

  • L'histoire de la nouvelle indépendance de l'Algérie s'écrit sous nos yeux, depuis ce 22 février 2019 où des foules de femmes et d'hommes ont exigé dans tout le pays de reprendre en main leur destin. Cette contestation populaire continue depuis de se mobiliser chaque vendredi, après avoir obtenu la démission du président Bouteflika, en poste depuis vingt ans, et le report d'une élection vidée de sens. Car elle aspire, au-delà de la sanction de tel ou tel dirigeant, à la refonte sur des bases enfin démocratiques du système en place depuis la fin, en 1962, de la domination française.
    Cet essai, où la réflexion historique se nourrit de l'expérience de terrain, replace les événements en cours en Algérie dans la longue durée de son mouvement national. Il offre, pour la première fois, un cadre d'interprétation à une actualité foisonnante, s'interrogeant sur la portée stratégique de la non-violence, sur la place réelle des jeunes ou des femmes dans cette protestation, sur le poids d'une économie de rente, mais aussi sur le rôle central des supporters de football ou les tactiques des groupes islamistes. Il montre comment la hiérarchie militaire, jusqu'alors protégée dans son arbitraire par un pouvoir civil de façade, est contrainte de gérer ouvertement cette crise, avec une brutalité de plus en plus affichée.
    Un livre indispensable pour comprendre la vague de fond qui traverse l'Algérie et qui aura des retombées durables dans ce pays et bien au-delà.
    Jean-Pierre Filiu, historien et arabisant, est professeur des universités à Sciences Po (Paris), après avoir été professeur invité dans les universités de Columbia (New York) et de Georgetown (Washington). Ses ouvrages, diffusés dans plus de quinze langues, ont été régulièrement primés en France et à l'étranger.

  • La ville de Gaza - dont le nom apparaît dans la Haute Antiquité égyptienne - est le produit d'une longue histoire, qui en fit à la fois une place convoitée et mise à l'écart : coincée entre le désert (Néguev et Sinaï) et la mer Méditerranée, elle constitue un double verrou pour les empires qui se disputent l'Orient et l'Egypte (Fatimides, Mamelouks, Francs-Croisés, Ottomans), et une charnière maritime avec son port, entre la vallée du Nil et la côte levantine jusqu'au nord de la Syrie. Elle est aussi le point d'aboutissement des caravanes venues de la Péninsule arabique. Extrémité sud du Pays de Canaan de la Bible, considérée comme n'appartenant pas à Eretz Israël, ce territoire est christianisé au IVe-Ve siècle avant que le calife Omar ne le soumette à l'islam en 637. Gaza entre à nouveau dans l'histoire avec le protectorat britannique sur la Palestine, mouvement qui se précipite après la conquête israélienne du Néguev en 1948 : les réfugiés palestiniens se massent dans la bande de Gaza, territoire par défaut dont n'ont voulu ni Israël ni l'Egypte. Gaza devient alors ce réduit enclavé, bientôt fermé, où le nationalisme palestinien s'est développé en vase clos. La bande se retrouve au coeur de l'histoire palestinienne et en scande les fractures au fil de trois cycles de vingt ans : affirmation de l'OLP sur les ruines du nationalisme arabe, en 1967, approfondissement de la dépendance envers Israël, avant le soulèvement de 1987 en faveur de l'État palestinien, rêve brisé par la rupture de 2007 entre le Fatah et le Hamas.

  • La révolution syrienne a débuté en mars 2011. A la différence des précédents pays arabes, dont le dictateur a été chassé par des manifestations de rue, la Syrie de Bachar el Assad a connu une longue période de contestation du régime sans que celui-ci ne tombe, avant d'entrer dans une terrible guerre opposant la population civile aux milices du régime. Cette transformation de la dynamique révolutionnaire en Syrie est inhérente à un grand nombre de facteurs (dont le facteur temps, qui laisse la possibilité pour certaines forces contre-révolutionnaires de limiter le résultat d'une révolution déjà victorieuse) ; mais surtout elle traduit la spécificité de l'enjeu que constitue la Syrie, à la fois le « coeur de l'arabité », héritière d'une longue histoire culturelle et politique, et pivot d'une région géographique, le Moyen-Orient, qui a été construite de toutes pièces par les puissances coloniales à la veille de la chute de l'Empire ottoman. C'est là, cent ans après la Syrie mandataire, au début du XIXe siècle, que fait rage l'une des grandes batailles qui reconfigure le monde : le peuple syrien veut reprendre son destin en main, achever un processus d'émancipation politique qui n'a pas pu être mené à bout. Et dans le même temps s'y déploie un nouveau « grand jeu », où s'exercent des influences et des guerres par procuration, mettant aux prises la majorité des acteurs régionaux (Qatar, Arabie saoudite, Iran, Russie, Chine, E.U. etc.). Quelle que soit l'issue des bras de fer en cours, entre le régime et la population, entre les puissances qui se disputent une influence locale, l'An II de la Révolution arabe aura été déterminant.

  • Le soulèvement populaire qui a éclaté en Tunisie, le 17 décembre 2010, a emporté le régime du président Ben Ali en moins d'un mois. La vague de protestation qui a secoué l'Égypte à partir du 25 janvier 2011 a contraint Hosni Moubarak à se retirer en moins de trois semaines. La révolution libyenne, dite du « 17 février », a pris la forme d'une insurrection armée, dont la violente répression a suscité une intervention étrangère majeure. Pas un pays arabe n'est épargné par un vent de contestation qui, à défaut d'être irrésistible, laissera partout des traces irréversibles. Ce livre représente la première tentative d'interprétation à chaud d'un des grands bouleversements de l'histoire contemporaine, dont on peut d'ores et déjà tirer les dix leçons suivantes : 1) Les Arabes ne sont pas une exception ; 2) Les musulmans sont aussi bien d'autres choses ; 3) La jeunesse est en première ligne ; 4) La révolution a été télévisée ; 5) Un chef n'est pas indispensable pour la victoire ; 6) L'alternative à la démocratie est le chaos ; 7) Les islamistes doivent trancher ; 8) Les jihadistes sont menacés d'obsolescence ; 9) La Palestine, toujours au coeur ; 10) La Renaissance n'est pas une partie de domino.

  • Alep est devenue, depuis le rapt en juin 2013 de deux journalistes d'Europe 1, une zone "interdite" à la presse internationale.
    Cette enquête, réalisée après un tel enlèvement, représente donc un des derniers témoignages sur la "capitale" de la révolution syrienne, où un million de personnes vivent depuis un an sous contrôle de l'opposition. Alep n'est pas seulement un laboratoire de l'après-Bachar al-Assad, c'est aussi le lieu où se lisent les trajectoires possibles de la révolution syrienne, depuis la plus respectueuse jusqu'à la plus sectaire. Alep, c'est la Syrie d'aujourd'hui et le Moyen-Orient de demain. Jean-Pierre Filiu a longtemps vécu en Syrie, dont il parle couramment la langue. Il a pu ainsi s'immerger dans une réalité complexe, où le courage de la résistance civile côtoie les pires débordements jihadistes. Son premier séjour à Alep remonte à 1980, ce qui lui permet de replacer la révolution actuelle dans la perspective historique qui manque souvent aux analyses "à chaud".

  • Camarón de la Isla (1950-1992) est sans doute le plus grand chanteur de flamenco de tous les temps. Gitan de la Baie de Cadix et fier de ses racines, il s'est produit dès l'enfance sur les scènes andalouses. Mais c'est sa rencontre à Madrid avec le guitariste Paco de Lucia qui va bouleverser le cours du flamenco contemporain. L'Espagne du franquisme déclinant retient son souffle à chacune de leurs créations. Après la fin de la dictature, Camarón pousse encore plus loin ses audaces, chantant Garcia Lorca comme Omar Khayyam, fusionnant une galaxie d'influences jusqu'alors étrangères à l'univers du flamenco. Sa carrière internationale le conduit entre autres à Paris, pour des concerts mémorables au Cirque d'Hiver, en 1987 et 1988. Tomatito l'accompagne à la guitare dans toutes ces expériences, où il célèbre les traditions juives et musulmanes de l'Andalousie. La disparition de Camarón bouleverse l'Espagne de Felipe Gonzalez et c'est une marée humaine qui se rassemble pour ses funérailles. Camaron est depuis l'objet d'un véritable culte de la part d'une nouvelle génération d'artistes, mais aussi de toute une jeunesse urbaine, réconciliée grâce à lui avec le cante. Jamais on n'a tant écouté et interprété la musique de Camarón, visionnaire et révolutionnaire d'un flamenco sans frontière.

  • L'amitié de François Mitterrand pour Israël, son peuple et son histoire, est ancienne et connue. Il développera tout au long de sa carrière cette amitié exigeante au nom de la justice et des valeurs partagées. Alors comment un tel ami de l'Etat juif en est-il venu à braver l'hostilité du gouvernement israélien pour défendre l'OLP et son chef ?
    C'est ce cheminement de François Mitterrand que ce livre va s'attacher à raconter, depuis sa découverte en 1972 des camps de réfugiés de Gaza et sa rencontre, dès 1974, avec Yasser Arafat. Premier président de la République à visiter Israël, François Mitterrand ouvrira dans son fameux discours à la Knesset la perspective de l'Etat palestinien. Défenseur tenace de la reconnaissance mutuelle entre Israël et l'OLP, il verra au bout d'une décennie d'efforts cette espérance prendre enfin forme à Paris.
    En nous plongeant au coeur des crises proche-orientales, Jean-Pierre Filiu éclaire la mobilisation diplomatique et militaire de la France en faveur d'une paix durable entre Israël et la Palestine. Il détaille les différents épisodes du terrible été 1982, lorsque François Mitterrand décide de préserver coûte que coûte « l'honneur des Palestiniens » assiégés dans Beyrouth. Il nous montre la France empêchant en 1983 l'« hallali » de la Syrie et de ses alliés contre les combattants « arafatistes » encerclés au Nord-Liban. Il décrit les profondes retombées du « soulèvement » de la Cisjordanie et de Gaza et l'indignation suscitée à l'Elysée par « cette répression continue où l'homme devient un gibier ».
    Voici comment un ami indéfectible d'Israël a, par trois fois, sauvé le symbole de la Palestine.

  • 1783-2013

    ,

    À peine nés, les États-Unis seront en conflit avec des pays situés à des milliers de kilomètres de chez eux à cause de la piraterie barbaresque en Méditerranée. S'ensuivront les enjeux autour des tractations pétrolières et l'accord stratégique entre Roosevelt et le roi d'Arabie Saoudite Ibn Saoud. On a du mal à se rappeler que l'Amérique fut longtemps populaire au Moyen-Orient, tant les peuples arabes y détestaient les empires coloniaux de la France et de la Grande-Bretagne. La " guerre des Six jours " fera basculer les États-Unis dans le camp des " ennemis " des Arabes. La haine de l'Amérique est un puissant moteur de la révolution iranienne de 1979. De la crise du Koweït en 1990 aux conflits actuels, entre autres en Syrie, de la " Guerre globale contre la Terreur " initiée par " W " qui a nourri le djihadisme en Irak et au-delà... cette histoire raconte comment ce pays devenu le plus puissant du monde a été incapable de se libérer de ses " meilleurs ennemis ".

  • Pendant des siècles, les pirates chrétiens et musulmans se sont affrontés en Méditerranée. À la fin du 15e siècle, les musulmans prennent le dessus. Les navires français, espagnols et anglais sont abordés et leurs équipages et passagers sont réduits en esclavage, même si les flottes de ces pays vont jusqu'à bombarder (en vain) Alger et Tunis au cours des 17e et 18e siècles. Au début du 19e, ces 3 grandes puissances navales signent des traités en échange d'un tribut. Les pirates se rabattent alors sur de plus petits états comme le Danemark, la Hollande et. l'Amérique devenu un état indépendant. À peine nés, les Etats-Unis entrent en conflit avec des états situés à des milliers de kilomètres d'eux. Les premières négociations échouent (Adams, 2e président des États-Unis ira pourtant jusqu'à traiter avec les états barbaresques pour une somme représentant un cinquième du budget du pays !) et, en 1803, son successeur, Jefferson, décide d'envoyer une escadre contre le pacha de Tripoli.

  • On a du mal à se rappeler que l'Amérique fut longtemps populaire au Moyen-Orient, tant les peuples arabes y détestaient les empires coloniaux de la France et de la Grande-Bretagne. L'intervention de Washington au profit de Nasser en 1956 a littéralement sauvé le raïs égyptien, attaqué par une coalition secrètement nouée entre Israël, la France et le Royaume-Uni. Pourtant, la « guerre des Six jours » de 1967 fait basculer les États-Unis dans le camp des « ennemis » des Arabes. Les premiers « pirates de l'air » frappent en 1970, avant l'embargo pétrolier en 1973. La haine de l'Amérique est un puissant moteur de la révolution iranienne de 1979, qui emporte le régime du Shah, allié privilégié des Ètats-Unis dans la région. Face à cette révolution islamique, Washington croit habile de soutenir, dans l'Afghanistan voisin, une guérilla elle aussi islamique. C'est là qu'apparaît un certain Oussama Ben Laden...

  • David B. et Jean-Pierre Filiu nous remémorent l'action des quatre derniers présidents des Etats-Unis. George Bush, puis son fils George W. Bush, tous deux Républicains. Bill Clinton et Barak Obama, deux candidats Démocrates élus.Ces quatre locataires de la Maison blanche, ont tous été tout à tour l'homme le plus puissant du monde, mais tous ont pourtant été incapables de se libérer de leurs « meilleurs ennemis ». Clinton, au pouvoir de 1993 à 2001 aura préservé l'héritage laissé par son prédécesseur, G. Bush, un « Nouvel Ordre mondial » débarrassé de l'Union Soviétique et ancré dans le monde arabe. « W », en revanche, balayera entre 2001 et 2009 cette construction pour ancrer une « guerre globale contre la terreur » qui a nourri le djihadiste en Irak, et au-delà, ouvrant la voie à Daech et à son bien mal nommé « État islamique ». C'est cette histoire que ce troisième volet nous conte, jusqu'à la présidence d'Obama, élection en janvier 2009 qui a suscité tant d'espoirs au-delà des seules frontières américaines, avant d'alimenter le chaos au Moyen-Orient. De la grande Histoire à la petite anecdote, les auteurs retracent le fil d'une relation délicate dont les conséquences animent continuellement l'actualité internationale.

    Fondée sur une documentation précise, la série Les Meilleurs ennemis, uniformément en noir & blanc est un rare essai historique dessiné, au trait simple et précis. David B., dessinateur français à la personnalité graphique appuyée, est connu pour son dessin expressif et dynamique, héritier des expressionnistes. Épousant le récit captivant et limpide du Professeur Filiu, il devient maitre de l'évocation, résumant parfois des années de conflits en une seule case, épousant le récit émérite et dynamique de l'historien Jean-Pierre Filiu au talent de synthèse et qui sait l'art de mettre en perspective passé et présent.

  • 9782754808613 Le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid en Tunisie, la police locale confisque sa charrette et sa balance à un jeune marchand ambulant de fruits et de légumes qui n'avait que cela pour faire vivre sa mère et ses six frères et soeurs. En un geste de protestation ultime face aux brimades, aux humiliations et à la corruption qui durent depuis des années, Mohamed Bouazizi s'immole par le feu. Ce sacrifice provoque des émeutes qui vont gagner la Tunisie toute entière. Le printemps arabe vient de commencer. Rapidement, c'est la région toute entière du proche et moyen orient qui s'embrase. Tour à tour, les dictatures tombent. Egypte, Lybie, Yémen, Syrie. aucun pays n'échappe à ces révolutions, reliées par la jeunesse et les réseaux sociaux. Même si l'histoire est toujours en marche, Jean-Pierre Filiu et Cyrille Pomès nous apportent un éclairage nouveau, par le prisme de la jeunesse, sur ce qu'il convient d'appeler le printemps des Arabes.

  • À Damas, Karim et Fatima s'aiment d'un amour impossible, pris dans le flot des traditions et de la guerre civile qui ravage la Syrie. Mais Karim et sa famille sont engagés contre Bachar al-Assad, alors que Fatima a dû unir son destin à celui du régime.
    Quand ils se retrouvent enfin, à l'été 2013, après avoir vécu ce qui ressemble déjà à mille vies, l'impensable va frapper la capitale syrienne :
    La mort blanche.
    Ce jour-là, les forces armées de Bachar al-Hassad bombardent à l'arme chimique et à l'arme conventionnelle plusieurs quartiers de Damas, faisant des centaines de morts. Loin de l'arsenal des rebelles syriens où l'on se partage une kalachnikov pour trois et où la balle coûte 2 euros.
    />

  • Les trois volumes des Meilleurs ennemis, de Jean-Pierre Filiu et David B. , réunis dans un coffret.

empty