• Triptyque qui retrace le destin tragique d'une tribu autour de la vie douloureuse d'une femme, Salina de 15 à 50 ans. La jeune fille, mariée contre sa volonté à Saro, a été chassée pour avoir achevé sur le champ de bataille ce mari dont elle ne voulait pas. Elle a mis au monde un second fils, sans père et né de sa colère, Kwane N'Krumba, qui part la venger.

  • Parce qu'un viol a fondé leur lignée, les Scorta sont nés dans l'opprobre. A Montepuccio, leur petit village d'Italie du sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait voeu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu'ils appellent «l'argent de New York», leur richesse est aussi immatérielle qu'une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela - dont la voix se noue ici à la chronique objective des événements - confie à son contemporain, l'ancien curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.
    Roman solaire, profondément humaniste, le livre de Laurent Gaudé met en scène, de 1870 à nos jours, l'existence de cette famille des Pouilles à laquelle chaque génération, chaque individualité, tente d'apporter, au gré de son propre destin, la fierté d'être un Scorta, et la révélation du bonheur.

  • La mort du roi Tsongor

    Laurent Gaude

    Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s'éteint; son plus jeune fils s'en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l'image de ce que fut le vénéré et aussi le haïssable roi Tsongor.
    Roman des origines, récit épique et initiatique, le livre de Laurent Gaudé déploie dans une langue enivrante les étendards de la bravoure, la flamboyante beauté des héros, mais aussi l'insidieuse révélation, en eux, de la défaite. Car en chacun doit s'accomplir, de quelque manière, l'apprentissage de la honte.

  • En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s'écroule, terrassé par la fièvre. Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l'héritage - et le privilège d'emporter sa dépouille.
    Des confins de l'Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d'un temple éloigné où elle s'est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l'appelle à nouveau auprès de l'homme qui a vaincu son père...
    Le devoir et l'ambition, l'amour et la fidélité, le deuil et l'errance mènent les personnages vers l'ivresse d'une dernière chevauchée.
    Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l'Histoire, leur ouvrant l'infini de la légende.

  • Tishina publie le chef-d'oeuvre de Laurent Gaudé, revisité par Benjamin Bachelier.

    Le Soleil des Scorta, c'est l'histoire d'une famille qui semble écrasée par le malheur autant que par le soleil du Sud de l'Italie. C'est l'histoire de leur vengeance contre la vie et contre tous ceux qui ont osé les maudire, les traiter de miséreux, de taciturnes. Dans ce village qu'aucun des leurs ne réussira jamais à quitter, ils bâtissent leur monde avec les pierres chaudes du destin, ouvrent le premier bureau de tabac et brûlent leur vie dans le labeur. Mais c'est là, dans les recoins de cette terre aride qui défie la mer et ses espoirs d'ailleurs, qu'ils vont découvrir, ensemble, le secret du bonheur. Un secret qu'ils font voeu de se transmettre, de génération en génération.

    Illustrer Le Soleil des Scorta, c'est renverser le ciel et la terre. C'est donner des couleurs à la force des sentiments, des couleurs tantôt éclatantes comme le soleil des Pouilles, tantôt sombres comme la misère. C'est photographier des générations d'hommes, de femmes et d'enfants, pour affronter le temps qui passe et pour que les autres se souviennent. C'est prendre le temps, aussi, de s'arrêter pour regarder un à un les accessoires fragiles des petits bonheurs du quotidien, comme un plat de pâtes, un paquet de cigarettes, un verre de vin ou une carte et son valet de trèfle. C'est, enfin, peindre les rêves inespérés des Scorta en traversant l'océan, pour se jeter dans les rues folles de New York.

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