• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • L'astronomie naquit en Mésopotamie. Les observateurs des tours à étages interprétèrent la régularité du mouvement des étoiles fixes comme la preuve que les astres sont dirigés par des esprits intelligents qu'ils assimilèrent à des dieux sidéraux. Cette conception, reprise par les Pythagoriciens, entra en violent conflit avec ceux qu'on appelait à Athènes les météorologues, qui expliquaient tous les phénomènes, tant célestes que terrestres, comme les effets de la Nature et du Hasard. Ce fut l'origine de procès d'impiété dont furent victimes Anaxagore et, par erreur, Socrate. Le christianisme s'accommoda d'un Univers clos dont le centre est occupé par la Terre faite pour accueillir l'homme, le roi de la création. Cette image fut démantelée une première fois par Copernic qui priva la Terre de sa position centrale, puis par Galilée qui substitua au monde clos et fini des Anciens un monde ouvert entre deux infinis qui donna le vertige à Pascal. Le procès de Galilée fut le second grand conflit entre l'astronomie et la religion. Ce conflit fut surmonté par Newton qui montra que les lois de la Mécanique céleste, si simples en leurs moyens, si riches en leurs effets, supposent la main d'un créateur, réconciliant la foi et l'astronomie. Le plus illustre successeur de Newton, Laplace, donna une explication du système du monde par des causes purement mécaniques, s'opposant ainsi radicalement à son prédécesseur. La controverse se poursuit, elle est bien loin d'être achevée.

  • Il n'est question plus discutée aujourd'hui que celle de la valeur de la civilisation occidentale. Sous le nom de "civilisation de consommation", elle est mise en contestation par toute une jeunesse. Certains pensent qu'elle est appelée, tôt ou tard, à s'abîmer dans le gouffre de l'histoire dont a parlé Paul Valéry. Ce qui distingue la civilisation occidentale des quelque vingt autres reconnues par A. Toynbee, c'est qu'elle est la seule qui se soit révélée progressive, c'est-à-dire qui ait conçu la possibilité d'améliorer sans cesse la condition humaine, « en nous rendant comme maîtres et possesseurs de la nature » par la connaissance de ses lois. Les autres civilisations sont tournées vers le passé. Elles cherchent à maintenir un perpétuel statu quo. La civilisation occidentale est le résultat d'une mentalité qui répond aux défis de l'existence en cherchant à les surmonter à force d'intelligence et de courage. Cette mentalité, que l'auteur appelle le Génie de l'Occident, s'est constituée lentement par une série d'efforts cumulatifs et convergents. Au départ, il y a le rationalisme grec qui substitue aux routines empiriques des Orientaux les sciences théoriques et démonstratives, en découvrant la vertu du raisonnement déductif. Les Grecs démythisent la nature et l'histoire. Ils aspirent à n'obéir qu'à des lois qu'ils ont librement discutées et votées. L'ordre romain tend à pacifier les peuples par le droit et réalise le premier essai d'oecuménisme. La civilisation gréco-romaine subit le handicap de l'esclavage qui lui fit mépriser les arts mécaniques et les sciences appliquées. Pour lever ce handicap, il a fallu la révolution sociale du Christianisme. Celui-ci proclame l'égalité naturelle de tous les hommes et réhabilite le travail artisanal. Mais les découvertes techniques médiévales qui en sont le résultat sont plutôt l'effet de l'empirisme que de la science appliquée. Il en va autrement avec la révolution scientifique des XVIe et XVIIe siècles. Au contact des oeuvres scientifiques des Anciens, retrouvées, la science repart, mais avec l'exigence nouvelle d'être utile à l'homme et d'améliorer sa condition. C'est l'idée de progrès que favorise la substitution de l'humanisme de la Renaissance au théocentrisme du Moyen Age. La révolution scientifique n'aurait pas donné naissance aux sociétés techniciennes d'aujourd'hui sans l'éthique nouvelle introduite par la Réforme, sans la découverte des lois du marché, sans la première et la seconde révolutions industrielles, sans les révolutions politiques aboutissant à la conception libérale de l'État, fondée sur la reconnaissance des droits de l'homme, la liberté d'expression, le choix des gouvernants et le vote des lois par des procédures démocratiques respectant en un chacun la dignité humaine. L'auteur étudie pourquoi les civilisations autochtones de l'Inde, de la Chine, de l'Islam ne sont pas parvenues à l'idée de progrès avant l'arrivée des Européens et à quoi est dû fondamentalement le sous-développement de certains peuples. Le progrès suscite de nouveaux défis qui en sont moins la rançon que le moteur. C'est l'obligation de les surmonter qui amène l'humanité à se surpasser continuellement.

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