• Le capitaine se demande, qui de lui ou du bateau, est le maître après Dieu. L'imposante masse de rouille le dirige, le déforme, donnant à sa carcasse une inquiétante torsion. Mais, comment pourrait-il commander ce vaisseau alors qu'il ne contrôle même plus son équipage ? Des matelots fantômes, morts depuis trop longtemps, se rient de sa piètre autorité, préférant se maintenir dans une éternelle oisiveté.Pas étonnant alors que dans un tel état d'abandon, le bateau ne tombe entre des mains plus délicates. Miss Constance Imbroglio avoue avoir pris quelques libertés, mais après tout, ne l'avait-elle pas trouvé vacant ? Attention, voici de la très grande bande dessinée ! Un one-shot complètement envoûtant, un chef d'oeuvre tant g raphique que narratif qui n'a pas fini de vous poursuivre une fois la lecture achevée. "Eric Omond" et "Olivier Supiot" débarquent là où on ne les attendaient pas, nous surprennent et nous subjuguent ! "Le Dérisoire" est une bande dessinée d'une maturité et d'une plénitude incroyables.

  • Bödvar, fils de Grimr, erre sans but sur la banquise interminable et immaculée, avec pour seuls compagnons sa fourrure, son casque, sa hache et son bouclier. Le tout frappé aux armes d'Odin. Car Bödvar, malgré sa détresse et sa solitude, appartient toujours au fier peuple viking. Soudain, un ours blanc attaque et les deux créatures luttent pour leur survie. Si Bödvar l'emporte, il n'en est pas moins mortellement blessé. Il est recueilli par un shaman et un jeune enfant, Qaasaaluk, habitants tous deux de cette terre désolée, à la peau jaune et aux yeux bridés. Le shaman sent qu'un esprit mauvais suit les pas du viking et tente de l'aider. Ce dernier raconte alors sa vie remplie de bruits et de fureur, de combats et de carnages. Et surtout de ses monceaux de morts : Bödvar est le digne héritier d'une longue lignée de berserker, ces créatures assoiffées de sang et de rage que plus rien n'arrête. Cependant, Bödvar n'est pas dupe, cette vie de guerrier qui est la sienne entraîne plus de questions que de réponses ; et lorsque la mystérieuse créature s'est mise à décimer les siens et à s'attacher à sa route, plus qu'une seule solution : partir sur les lointaines mers du nord. Le shaman qui parle aux esprits entrevoit un échappatoire. Il faut trouver et tuer l'ours de cendre qui le libérera de sa malédiction. Ainsi , Bödvar, accompagnéde Qaasaaluk, part à la recherche de sa nemesis...
    Trois ans après la sortie du très remarquable « Dérisoire » dans la collection Carrément BD, le tandem Omond - Supiot renouvelle une expérience graphique, toute en finesse et en contraste. Décors saisissants et profondeur des paysages permettent à Olivier Supiot de se surpasser et de nous offrir une palette de couleurs chatoyantes. Quant à Eric Omond, il tisse une intrigue qui tient de la saga et du conte, aux portes de l'onirisme. Bref, un one-shot qui pourrait bien suivre la voie de son prédécesseur !

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