• S'il y a une énigme dans les films d'Alfred Hitchcock, c'est celle, majeure, que génère le sexe féminin. Dans quelle mesure, dociles au souhait du Maître, les créatures de l'écran nous permettraient-elles d'accéder à son secret ?
    « Qu'est-ce qui me dicte le choix d'actrices blondes et sophistiquées ? Nous cherchons des femmes du monde, de vraies dames qui deviendront des putains dans la chambre à coucher », disait-il à Truffaut.
    Point n'est besoin de courir vers la prostituée sous prétexte de préserver la pureté conjugale, inutile dorénavant de scinder notre vie amoureuse en deux zones distinctes. Les voici, ces blondes qui, nous éblouissant depuis le ciel où scintillent et tournoient les étoiles - nous les sacrons et consacrons stars -, continuent d'opérer dans la chambre obscure de nos désirs. Et illustrent ce paradoxe légendaire : Hitchcock, ou l'homme qui en savait trop sur les femmes ?

    Serge Koster a publié de nombreux livres, dont les deux derniers, Léautaud tel qu'en moi-même (2010) et Je ne mourrai pas tout entier (2012), ont paru aux Éditions Léo Scheer.

  • Souvenirs mêlés, racontés dans le désordre, comme ils viennent, regrets, remords, joies, deuils et, au-delà de tout, le bonheur d'écrire, le désir irrépressible de tout dire : Je ne mourrai pas tout entier est de ces livres testamentaires qui, malgré la sombre lumière qui les baigne, sont les plus vibrants éloges de la vie.
    On y retrouve, l'intime et le public interférant sans cesse, aussi bien une histoire familiale tragiquement marquée par la Seconde Guerre mondiale que les obsessions amoureuses, les joies et les échecs de la carrière littéraire que les rencontres d'écrivains, d'artistes comme Francis Ponge, Graham Greene, Michel Tournier, Claude Lanzmann ou Bernard Giraudeau.

    Serge Koster est né en 1940 à Paris. Il a mené une carrière d'enseignant de lettres (il est agrégé de grammaire), de critique littéraire (La Quinzaine littéraire, Le Monde, France Culture) et d'écrivain. Il a publié de nombreux livres dont les derniers aux Éditions Léo Scheer : Ces choses qui blessent le coeur, Le Sexe et l'Argent et Léautaud tel qu'en moi-même.

  • « Je me suis si souvent brouillé avec les autres qu'il faut que je le sois depuis toujours avec moi-même. »

    Lorsqu'on écrit, est-il inévitable de se fâcher ? Comment concilier l'orgueil de l'artiste avec le besoin de s'assurer la bienveillance du milieu littéraire ? Par quel biais s'émanciper de ses mentors sans prendre le risque de les perdre ?
    À ces questions, Serge Koster répond par le récit de ses propres brouilles, à la cause souvent dérisoire, mais aux effets ravageurs, et qui se poursuivent tout au long de l'existence. Grâce à quelques querelleurs célèbres, qui sont pour lui autant d'auteurs de prédilection, tels Léautaud, Proust, Ponge, Chamfort, Voltaire ou Rousseau, Serge Koster raconte avec tendresse les raisons pour lesquelles il s'est, un jour, opposé à ses amis, à ses confrères ou à ses pairs, voire à certaines personnalités politiques.
    Retranscrire ce qui a été vécu et qui reste sur le coeur rejoint l'envie littéraire de donner corps à la nostalgie, de se réapproprier ce qui a échappé et de renouer le dialogue avec les absents.


    Serge Koster a récemment publié aux Éditions Léo Scheer Je ne mourrai pas tout entier (2012) et Les Blondes flashantes d'Alfred Hitchcock (2013).

  • Depuis des années, Léautaud accompagne Serge Koster, et fait son enchantement. Il était temps pour lui de rendre hommage à celui qu'il nomme son « compatriote », dont le Journal littéraire est le miroir de sa propre vie. Il entremêle, par touches légères, ses souvenirs, une interrogation permanente sur lui-même, sur son identité et son passé, à une promenade érudite et réjouissante dans cette oeuvre irremplaçable. En filigrane, apparaît une question que tout lecteur passionné se pose : qu'est-ce qui rend certains écrivains plus proches de nous que quiconque ?

    Serge Koster est né en 1940 à Paris. Agrégé de grammaire, il a enseigné les lettres classiques à Mantes-la-Jolie puis à Paris. Il est l'auteur de nombreux livres, dont les derniers ont été publiés aux Éditions Léo Scheer : Ces choses qui blessent le coeur, roman, en 2007, Le Sexe et l'Argent, abécédaire, en 2009.

  • Racine : figure du poète courtisan, dramaturge du tragique d'aimer, maître de la littérature classique. Mais aussi : l'orphelin instruit par Port-Royal, l'amant des comédiennes, le satellite du Roi-Soleil, le mari rangé, le père attentif - un homme entre le monde et le salut. À l'approche du tricentenaire de la mort de Racine, ce texte scrute le portrait énigmatique de l'ambitieux, étudie l'enchantement qui émane des personnages de ce théâtre, s'imprègne du charme mystérieux exercé par un art qui porte la langue française à son plus haut degré d'incandescence et de limpidité. Ce livre est surtout, de la part de son auteur, une déclaration d'amour adressée à cette langue, à une oeuvre, à un génie qui font de chacun de nous un lecteur, à l'instar de Proust, ébloui.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Emporté dans le mouvement d'un récit fantastique, Serge Koster se retrouve, un beau jour de 1592, au chevet de l'illustre auteur des Essais, dont la lecture l'accompagne depuis de longues années. Arrivé également au seuil de l'existence, il cherche, dans un ultime tête à tête, à dialoguer avec Montaigne, espérant trouver auprès de lui les mots qui sauront apaiser ses angoisses face à la mort, à la perte de l'être aimé et à la fin de l'écriture.

    « En ce moment, c'est-à-dire toujours, je relis Montaigne. Inépuisable. Indémodable. Je pioche, ici ou là. Dans le désordre. Le tohu-bohu de mes centres d'intérêt. Pour voir comment il réagit à la cruauté du temps, à son vieillissement, aux relations avec tel et tel, etc. » Comment ne pas recourir aux Essais ? Ce que c'est que de philosopher ? Ce que cela nous apporte, nous rapporte ? En quoi cela nous enrichit, nous tonifie, nous fortifie ? Je scrutai Tournier et avançai une citation : « Je ne dis les autres, sinon pour d'autant plus me dire. » Chaque phrase vaut une pharmacopée entière.

  • Un jeune professeur tâche de se lier avec un travailleur maghrébin, dont le mutisme suscite chez lui le besoin d'entrer dans sa vie, fût-ce par effraction. Sympathie profonde ? Fascination chimérique ? La question reste irrésolue au terme d'un bizarre voyage inachevé. Autre parcours, celui qu'accomplit, entre l'ironie et les larmes, un jeune homme; envahi peu à peu par des réflexes de fuite; en face d'une réalité sociale et sexuelle qu'il perçoit dans le malaise et l'hostilité. Jusqu'au moment où il se retrouve pris au piège d'une société qui change la passion en spectacle. Composé de quatre récits, ce livre met en oeuvre des histoires; où se débattent des personnages confrontés à quelques évidences mystérieuses : le désir de l'autre et de l'ailleurs, la poursuite de l'amour ou de l'amitié, l'effort pour faire tomber les barrières qui séparent les individus, de classe, d'ethnie ou de sexe différents, l'énigme, pleine d'espoir et de douleur, qui gît au coeur de toute existence. Il y a parfois des instants de rémission, la nuit, à l'écoute d'éclats, de rumeurs, de messages, dont ce livre suggère le déchiffrement.

  • C'est lors d'une bruissante soirée mondaine dans la vallée de Chevreuse, que Pauline et Simon se rencontrent. D'emblée, la nature de leurs peaux s'accorde : c'est un coup de foudre qui ressemble fort à un coup de grâce. Dès le lendemain, Pauline part en mission pour le Mexique : son étrange patron, Denis Parmer, grand collectionneur de trésors primitifs, l'envoie préparer un livre sur l'art pré-colombien. À peine Pauline est-elle envolée, que l'assassinat de Denis Parmer projette Simon en plein mystère... Celui-ci, et le laconique commissaire Castex, se rendent alors à Mexico - l'un poursuivant son dernier amour, l'autre menant une bien curieuse enquête. Et ils découvrent que partout où passe l'énigmatique Pauline - de Paris jusqu'à Palenque - des hommes sont assassinés ou atrocement mutilés. Quel secret recèle la fuite de la jeune femme ? Le fil conducteur du désir qu'elle sème, en même temps que la mort sur son passage, déroule tout au long une trajectoire romanesque qui, sûrement, magnifie le voyage comme nerf de l'amour. Ce roman, alternant les points de vue de Pauline et de Simon, mêle, dans une langue séductrice, les thèmes de l'amour fou, de la passion pour l'art primitif, de la vengeance indienne, de la mort au pays des volcans, des séismes et du mescal...

  • Dédaigner le monde et exiger de lui la gloire, c'est la contradiction à laquelle est soumis, au dire de Mallarmé, tout écrivain digne de ce nom. En témoignent ici, exemplairement, Flaubert, Proust, Léautaud. Se cloîtrant à Croisset pour écrire ses romans, Flaubert finit par céder aux tentations de Paris, écartelé entre l'ascèse du style et la monnaie du divertissement. Reclus dans sa chambre tapissée de liège au coeur de la capitale, Proust parcourt, malade et mondain, les cercles de l'enfer intime et des salons brillants, sans que cessent jamais son travail de créateur ni sa soif de reconnaissance. Misanthrope et zoolâtre, Léautaud, de son placard du Mercure de France, est peut-être le seul des trois à régler la distance qui lui permet de savourer la notoriété sans rien attendre du lecteur.

  • Prix Wizo 1991, Trou de mémoire était devenu introuvable. Sa réédition permet, avec le recul, un éclairage nouveau sur les raisons qui fondent l'existence de ce récit autobiographique. L'une tient en un paradoxe : les fouilles de la mémoire ont pour résultat de constater et de consacrer l'irréparable perte de repères à laquelle les circonstances historiques et personnelles du XXe siècle ont condamné non pas un, mais des millions d'individus. L'autre a trait à une révélation : si on écrit sur soi pour se connaître, ce qu'on découvre au coeur de l'humaine condition évoquée par Montaigne, c'est la honte, incarnée en littérature par Joseph K., le héros kafkaïen. Cette image scrutée dans notre miroir, loin d'empêcher de vivre, donne des motifs de faire face. Et d'écrire.

  • Je voudrais. Quoi ? Heurter. Oui ? Un astre. Il y a Marine, Solène, Estelle. Trois femmes, trois histoires, trois ruptures. Et pourtant de la gaieté... Il y a coeur et il y a cul, à moins que ce ne soit l'inverse ? Il y a un grand auteur, amoureux de la chair autant que du verbe. Il y a J'ai dû heurter un astre, qui prouve que l'érotisme poussé jusqu'à l'obscénité peut se conjuguer avec littérature. Il y a des myriades de livres autour de vous. N'en heurtez qu'un. Celui-ci.

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