• Célébrer le Prophète n'est pas, comme l'affirment les wahhabites et les salafistes, la célébration d'un homme comme les autres. Ce qui serait en effet une forme d'idolâtrie. Mais c'est célébrer celui dont un hadîth dit qu'il était « prophète avant qu'Adam ne soit entre l'eau et l'argile ». 
    Célébrer le Prophète n'est donc pas célébrer un individu, aussi exceptionnel fût-il, mais célébrer le Principe dont cet individu fut la trace et l'agent à une époque donnée. 
    C'est ce que rappelle dans son traité l'imam Suyuti. En se référant aux versets du Coran parlant du Prophète qui ne sont pas à entendre seulement comme se rapportant à la réalité historique du Prophète Muhammad mais aussi et, pourrait-on dire, avant tout à sa Réalité principielle auquel le Livre saint tout entier renvoie.
    En résumé, loin d'être une innovation blâmable comme le soutiennent les  salafistes, Suyuti montre que célébrer la naissance du Prophète peut être ainsi entendu comme la célébration du jour historique de sa venue en ce monde mais plus encore comme celle de la naissance intérieure.

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