• Des êtres s'assemblent et s'étreignent, tandis que d'autres, venus de loin, peinent à entrer dans la danse. Par l'entremise d'une allégorie intemporelle, Au bal des faux-semblants nous fait tourbillonner dans un dédale d'identités et, par là, propose une réflexion sur nos capacités à accepter l'altérité.

    Avec ce nouveau livre, Vitalia Samuilova, par ailleurs autrice du Joueur de flûte de Hamelin, signe une narration graphique sans parole où la profondeur de ses gravures n'ont d'égal que la puissance de l'émotion qui s'en dégage. Cet ouvrage prolonge la série de narrations sans parole initiée au sein de la collection «?Le Tambour du fou?», après Le Visage de la lutte de Seth Tobocman (2020) et Nos corps, nos guerres de Pole Ka (2021).

  • Dans les dernières années de sa vie, entre 1991 à 1994, Hugo Pratt choisit d'accompagner d'aquarelles des textes rares d'Arthur Rimbaud, Rudyard Kipling et Giorgio Baffo.

    Ces recueils, devenus depuis introuvables, sont rassemblés pour la première fois dans un coffret et accompagnés de préfaces inédites d'un des meilleurs connaisseurs d'Hugo Pratt, Dominique Petitfaux.

    L'oeuvre de Pratt permet de le deviner, les livres occupèrent une place prépondérante dans sa vie. De sa découverte précoce d'écrivains comme Robert Louis Stevenson et Homère, jusqu'à ses ultimes lectures, souvent très érudites, le célèbre dessinateur n'a eu de cesse tout au long de sa vie de constituer une bibliothèque irradiante, à la mesure de son insatiable curiosité. Au moment de sa mort, cette bibliothèque rassemblait plus de vingt mille ouvrages et avait envahi toutes les pièces de sa maison.

    Mais pourquoi, dans le vaste inventaire de ses livres de prédilection, Hugo Pratt a-t-il privilégié des lettres d'Afrique de Rimbaud, des poésies militaires de Kipling et des sonnets érotiques de Baffo, poète vénitien du dix-huitième siècle ? Comme le souligne dans ses préfaces Dominique Petitfaux, le choix inattendu de ces textes en dit beaucoup des goûts littéraires de Pratt mais révèle aussi l'attirance du créateur de Corto Maltese pour des écrivains dont les destins font écho au sien.

    L'Éthiopie de Rimbaud et son appel de l'ailleurs, l'enfance coloniale de Kipling et sa culture militaire, la Venise de Baffo et son goût immodéré des femmes... En choisissant des auteurs à la façon d'un portrait chinois, Hugo Pratt nous offre, à la croisée de la littérature et de l'art, l'une de ses dernières et plus intimes invitations au voyage.

  • Prenez une locution usuelle dans la langue. Choisissez-la contenant un verbe, ou une forme assimilable à une déclinaison verbale. Par exemple : Flux tendu. Passez cette locution à l'infinitif : Flux tendre, et déroulez la conjugaison complète de ce nouveau verbe : Je flux tends, Tu flux tends, etc. Vous obtenez ainsi une nouvelle table de conjugaison, qui fera apparaître de nouveaux sens, de nouvelles sonorités, de nouvelles poésies : Ça flux tendrait, Que nous flux tendissions, Flux tendant, Flux tendons !, etc. Conjuguez à tirelarigot, puis classez les verbes ainsi créés par thématiques. Commencez par exemple par Le Travail. Y apparaissent, entre autres, les verbes Ressourcer humaines, Préavivre de grève, Masser salariale, Pouvoir d'achat, etc. Réitérez le jeu en envisageant vos verbes selon diverses thématiques, joyeusement hétéroclites : La Chanson populaire , Le Temps , L'Animal , La Migration , Le Sexe , L'Argent, La Gastronomie, etc. Ici, le neuvième opus : Le Corps humain.
    Selon les tables, l'effet constaté va de l'efficacité anatomique la plus clinique à l'invitation au voyage, en passant par le rire bête de l'adolescent ou le dégoût face à la maladie et la mort : Périnaître, Cor au peoir, Anouvoir artificiel, Acner juvénile, Mavoir de Vénus, Ongle incarner, Infarctaire du myocarde, etc. Ceci dit, bien du plaisir !

  • « Je crois que les mots ne sont pas sans importance. Je crois qu'ils sont notre cirque et notre dignité. » Cette épigraphe, tirée du livre Croquis de Jean-Pierre Cescosse, ouvre l'introduction du catalogue de l'exposition « Manuscrits de l'extrême ».
    L'usage des mots dans une situation extrême - détention, mission périlleuse, tournant critique, amour passionnel, deuil, aliénation mentale - prend souvent la forme d'un acte nécessaire, mais se heurte aussi à l'impasse du langage, à la difficulté à exprimer et à transmettre les émotions ou les tourments les plus vifs qui nous animent, sans les dévoyer, les amplifier ou au contraire les subvertir.
    Cet ouvrage présente une centaine de manuscrits touchants, bouleversants et parfois glaçants : les lettres de Sade écrite lors de son emprisonnement à la Bastille, le Livre d'heures de Marie-Antoinette annoté avant son exécution, les notes prises par Victor Hugo sous la dictée des esprits lors de séances de spiritisme, les fragments du Journal de Marie Curie à la mort de Pierre, les dessins des enfants d'Izieu, un billet d'Alice Mangin, arrêtée en 1942, écrit avec son sang, les derniers mots de Pierre Guyotat alors qu'il sombre dans le coma,...
    Il s'organise en quatre sections.
    - « Prison » : ce sont les manuscrits écrits dans des conditions de détention (prisons, camps, interrogatoire, isolement, déportation).
    - « Passion » : les manuscrits écrits dans des états émotionnels extrêmes (transport amoureux, délire mystique, deuil).
    - « Péril » : les manuscrits écrits dans des situations particulièrement périlleuses ou face à un danger de mort imminent (expédition, veille d'exécution, évasion, aventure incertaine).
    - « Possession » : les manuscrits écrits sous emprise, qu'elle soit liée à la prise de psychotropes ou à un état psychique particulier (folie, drogue, délire, transe).

  • Dans les dernières années de sa vie, entre 1991 à 1994, Hugo Pratt choisit d'accompagner d'aquarelles des textes rares d'Arthur Rimbaud, Rudyard Kipling et Giorgio Baffo.

    Ces recueils, devenus depuis introuvables, sont rassemblés pour la première fois dans un coffret et accompagnés de préfaces inédites d'un des meilleurs connaisseurs d'Hugo Pratt, Dominique Petitfaux.

    L'oeuvre de Pratt permet de le deviner, les livres occupèrent une place prépondérante dans sa vie. De sa découverte précoce d'écrivains comme Jules Verne et Charles Stevenson, jusqu'à ses ultimes lectures, souvent très érudites, le célèbre dessinateur n'a eu de cesse tout au long de sa vie de constituer une bibliothèque irradiante, à la mesure de son insatiable curiosité. Au moment de sa mort, cette bibliothèque rassemblait plus de vingt mille ouvrages et avait envahi toutes les pièces de sa maison.

    Mais pourquoi, dans le vaste inventaire de ses livres de prédilection, Hugo Pratt a-t-il privilégié des lettres d'Afrique de Rimbaud, des poésies militaires de Kipling et des sonnets érotiques de Baffo, poète vénitien du dix-huitième siècle ? Comme le souligne dans ses préfaces Dominique Petitfaux, le choix inattendu de ces textes en dit beaucoup des goûts littéraires de Pratt mais révèle aussi l'attirance du créateur de Corto Maltese pour des écrivains dont les destins font écho au sien.

    L'Éthiopie de Rimbaud et son appel de l'ailleurs, l'enfance coloniale de Kipling et sa culture militaire, la Venise de Baffo et son goût immodéré des femmes... En choisissant des auteurs à la façon d'un portrait chinois, Hugo Pratt nous offre, à la croisée de la littérature et de l'art, l'une de ses dernières et plus intimes invitations au voyage.


  • de saigon à aden, d'abou dhabi à port saïd, djibouti, addis-abeba, guillaume de monfreid nous entraîne sur les traces de son illustre grand-père, l'un des écrivains aventuriers les plus admirés du xxe siècle.
    en textes et en dessins, il retrace ici près de cinquante ans de quête, d'errance créatrice sur les pas d'un homme hors norme dont il porte le nom. cinquante ans de notes et de croquis intimes qui rendent intelligible la légende d'un auteur culte dont la gloire ne cesse de grandir. confinée dans les eaux étroites de cette mer rouge qui relie l'afrique à l'asie et ouvre donc les portes de l'imaginaire, l'aventure personnelle qui nous est ici contée incarne la grandeur humaine dans tout sa démesure et sa beauté.


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