Essais / Réflexions / Ecrits sur l'art

  • Histoire de l'art de E.H. Gombrich est l'un des ouvrages sur l'art les plus célèbres et les plus populaires jamais publiés. Depuis quarante-cinq ans, il demeure une introduction inégalée à l'ensemble du sujet, des premières peintures rupestres à l'art d'aujourd'hui. Dans le monde entier, les lecteurs de tous âges et de tous milieux ont trouvé en Gombrich un véritable maître, qui allie la connaissance et la sagesse à un don unique pour communiquer directement sa profonde affection pour les oeuvres qu'il décrit. Cette Histoire de l'art doit sa popularité durable au style simple et direct de l'auteur. Son but, écrit-il, est "d'apporter un certain ordre, une certaine clarté dans l'abondance de noms propres, de dates, de styles qui compliquent quelque peu les ouvrages plus spécialisés". Grâce à son intelligence de la psychologie des arts visuels, il nous fait percevoir l'histoire de l'art comme "un enchaînement ininterrompu de traditions encore Vibrantes" qui "relie l'art de notre temps à celui de l'âge des pyramides". Le succès toujours grandissant de ce classique va se confirmer auprès des générations futures, avec cette seizième édition, révisée et présentée dans un nouveau format.

  • Ce coffret met à l'honneur le thème des fleurs, et plus généralement de la nature, si importants dans l'art japonais, à travers une sélection des plus célèbres estampes du genre ancestral du kachô-ga, ces « images de fleurs et d'animaux », de l'époque d'Hokusai au début du xxe siècle.
    Dès le début du xixe siècle, face à la politique d'isolationnisme du pays, les Japonais aspirent à plus de liberté, et trouvent dans la nature une échappatoire à la claustration ambiante et à l'asphyxie qui les menace à terme.

    Renouer avec la nature, écouter le rythme des saisons, admirer les fleurs de pruniers ou de cerisiers, goûter la fraîcheur du soir, contempler les premières neiges, ou surprendre l'envol des grues ou des oies sauvages sont autant d'occasions de longs voyages ou de simples promenades.
    Hokusai et Hiroshige saisissent cette évolution de la société japonaise, qu'ils transcendent dans leurs magnifiques estampes de fleurs.

    Conjuguant réalisme et spiritualité, observation directe et interprétation tout empreinte de shintoïsme et de bouddhisme, Hokusai (1760-1849), et Hiroshige (1797-1858) portent à sa perfection la représentation d'une nature magnifiée. Partant tous deux de l'observation de la faune et de la flore, ils en expriment, par des styles différents, la permanence et l'état d'éternel recommencement, en même temps que le caractère fragile et éphémère.

    Aucun grand maître de l'estampe n'a capturé aussi bien l'âme de la nature japonaise qu'Hokusai. Pour Edmond de Goncourt, c'est « le peintre universel qui, avec le dessin le plus vivant, a reproduit l'homme, la femme, l'oiseau, le poisson, l'arbre, la fleur, le brin d'herbe [...] qui a fait entrer, en son oeuvre, l'humanité entière de son pays ».

    Ces deux grands noms de l'estampe vont inspirer nombre d'artistes, ceux notamment du mouvement shin-hanga (« nouvelles gravures »), tels Imao Keinen (1845-1924) ou Ohara Koson (1877-1945), qui vont à leur tour célébrer les fleurs et la nature, et se passionner pour leurs plus infimes variations, puisant dans leurs formes et leurs textures une formidable source d'inspiration graphique Cette sélection des plus belles estampes dédiées aux fleurs ne se veut pas simplement descriptive mais elle révèle comment les artistes les rêvent, les fantasment et leur donnent une force symbolique propre. Les fleurs deviennent ainsi l'expression des émotions, mais aussi celle d'un rapport profond avec la nature, plus que jamais au coeur des questionnements actuels.

  • Grands voyageurs et passionnés de nature, Hokusai (1760-1849) et Hiroshige (1797-1858) ont révolutionné l'art de l'estampe japonaise dès la fin du xviiie siècle, en portant à son apogée le genre du paysage. Peuplant leurs vues de scènes de la vie quotidienne, ils se sont largement appropriés le thème des saisons, au coeur de la pensée japonaise depuis la fin de la période Yamato (250-710). Dès le vie siècle, les poètes s'emparent du sujet en lui associant une iconographie propre : la floraison des cerisiers devient le grand symbole du printemps et le soleil celui de l'été. L'automne appelle à la contemplation des feuilles d'érables et de la lune. L'hiver vient avec les premières neiges... Les artistes, largement influencés par le modèle chinois, s'approprieront ensuite cette vision simplifiée du cycle de la nature. Dès l'époque de Heian (794-1185) émergent de nouveaux genres liés au cycle de la nature, comme les peintures des quatre saisons, des douze mois de l'année et des lieux célèbres. Toutefois, c'est à l'époque d'Edo (1600-1868) que le thème de la nature connaît son plus grand succès avec l'estampe, et plus particulièrement avec le paysage, propice à la représentation des saisons. Avec les illustres Hokusai et Hiroshige en chefs de file, les artistes du paysage capturent toutes les variations de la nature, s'attachent aux scènes enneigées comme aux jardins de cerisiers ensoleillés, aux promeneurs luttant contre la pluie ou admirant les feuilles d'érables rougeoyantes. Ce genre leur survivra, au Japon mais également en Occident où il aura une influence considérable sur l'oeuvre des impressionnistes. Il renaîtra au début du xxe siècle, avec les derniers grands maîtres japonais du paysage et de l'estampe, et Hasui (1883-1957) qui s'attacha autant qu'Hokusai et Hiroshige à la représentation des saisons. Désormais, l'immuable cycle de la nature se fond dans un paysage moderne, bouleversé par les grands changements de la seconde moitié du xxe siècle. Hasui réactualise ce thème intemporel, encore aujourd'hui au coeur des préoccupations du Japon d'aujourd'hui.
    Ce petit coffret met à l'honneur ce sujet si cher aux Japonais en proposant une sélection des plus célèbres estampes, issues de l'oeuvre des plus grands artistes du paysage, de l'époque d'Hokusai à celle d'Hasui, et en les accompagnant d'un livret explicatif.


  • De 1960 aux années 1990, Fellini a noté ses rêves et a dessiné ce qu'il avait : scènes érotiques, de la vie quotidienne, relatives au cinéma, etc. Reproduction en fac-similé du manuscrit original.


  • Quelle est cette main inconnue et surpuissante qui attrape Enki Bilal au beau milieu de la nuit et le projette sur un lit de camp ?
    Quel est ce lieu mystérieux et hanté dans lequel il a atterri ?
    Qui sont ces créatures, minotaure, cheval ou humains déformés, que l'artiste rencontre en essayant de trouver son chemin dans ce labyrinthe sombre et inquiétant ?
    Que lui veulent-elles ? Et dans quel état sortira-t-il de cette incroyable nuit ?

    Dans une déambulation hallucinée, Enki Bilal croise tant les personnages de Picasso, ses muses, ses modèles, que le grand maître lui-même et Goya, son idole. Son errance dans les couloirs du Musée Picasso prend la forme d'une rêverie éveillée qui nous fait toucher du doigt l'oeuvre du peintre espagnol d'une façon sensorielle et envoûtante, pour aboutir en épiphanie à la présentation de Guernica, la grande toile du maître.

  • Peintre de l'école ukiyoe, sous l'époque Edo, contemporain et rival de Kiyonaga, Utamaro ou Eishi, Masayoshi (1764-1824) semble avoir trouvé un certain répit après 1795, une fois appointé peintre officiel du daimyo ou gouverneur du domaine Tsuyama de la province de Misamasaka. Les loisirs liés à sa position lui permette d'explorer les voies d'un nouveau style qui lui valut la célébrité : tournant esthétique qui correspond à son adoption du nom de Kuwagata Keisai (en 1794, pense-t-on).

    A partir de 1796, il publia en effet une série d'albums inaugurant un style graphique cursif et minimaliste au dessin virtuose et très suggestif sous le nom de Ryakuga ou style de dessins abrégés, genre qui n'était pas absent de la tradition mais qu'il relança par son talent. L'esprit de simplification de ses compositions, leur tour elliptique et leur veine humoristique rencontrèrent beaucoup de succès. Encouragé par cet accueil, il développa ce genre de croquis, dont devaient s'inspirer ses contemporains à commencer par Hokusai dans sa Manga, à travers un certain nombre d'albums conçus comme des encyclopédies et des manuels d'initiation au dessin.

    Cet ouvrage réunit pour la première fois l'ensemble de ces six albums dont le public français ne connaissait jusqu'ici que deux publications : le premier album de caractère général, Ryakugashiki (1796), puis ceux consacrés aux animaux (Choju ryakugashiki, 1797), aux personnages (Jinbutsu ryakugashiki,1799), aux paysages (Sansui ryakugashiki, 1800), aux proverbes (Kotowazagaen, 1808) et aux douze mois de l'année (Keisai ryakugaen,1823).

    Au XIXe siècle, les amateurs occidentaux prisèrent le style de Keisai, qui était apprécié par Rodin, autre dessinateur virtuose, et par le critique Théodore Duret, favorable aux impressionnistes et en particulier à Manet.

    Dans un livret imprimé à part, les préfaces originales des albums sont traduites du japonais ancien. Les planches sont commentées et l'ensemble introduit par le grand spécialiste Matthi Forrer.

  • Dans Pour une esthétique de l'émancipation, Isabelle Alfonsi emprunte à la philosophe Geneviève Fraisse le concept de « lignée » et exhume des pratiques artistiques du passé, afin de faire émerger une lecture féministe et queer de l'art contemporain. Ce texte cherche à montrer comment l'écriture de l'Histoire de l'art avec un grand H a minoré l'importance des engagements affectifs des artistes, rendant ainsi inopérante la portée politique de leurs oeuvres. Les pratiques de Claude Cahun ou Michel Journiac sont ainsi replacées dans le contexte du militantisme de défense des droits des homosexuel-le-s de leurs époques respectives. L'histoire du minimalisme états-unien est revisitée à travers ses figures les plus périphériques afin de lire Lynda Benglis et ses productions des années 1970 comme les premières représentations d'un féminisme pro-sexe, comprendre Lucy Lippard à travers le prisme de la formation d'une critique sociale radicale et féministe ou encore de voir l'expression de subjectivités féminines dans les recherches filmiques d'Yvonne Rainer. Isabelle Alfonsi entend ainsi participer à l'écriture d'histoires de l'art plurielles, incarnées et affectives, et met l'accent sur l'importance du contexte social, politique et personnel dans l'interprétation des oeuvres.

  • Le destin des images

    Jacques Rancière

    • Fabrique
    • 20 Octobre 2003

    " le moderne dédaigne d'imaginer " disait mallarmé.
    Poètes, peintres, dramaturges ou ingénieurs voulaient alors mettre l'union de la forme et de l'acte à la place de la vieille dualité de la réalité et de l'image. la vie en eût été révolutionnée. nos contemporains ne croient plus en la révolution et chantent à nouveau, fût-ce au passé, le culte de l'image : éclair sublime sur la toile, punctum de la photographie ou plan-icône. l'image devient la présence sensible de l'autre : verbe devenu chair ou marque du dieu irreprésentable.
    A l'une et l'autre vision jacques rancière oppose la nature composée, hétérogène, de ce que nous appelons des images. celles-ci ne sont ni des copies ni des présences brutes, mais des opérations singulières, redistribuant les rapports du visible, du dicible et du pensable. a l'exemple de la phrase-image de godard, étudiée ici, qui superpose un plan de film noir, une image de l'extermination des juifs et un discours de philosophe, ce livre analyse les liens méconnus qui unissent symbolisme poétique et design industriel, fictions du xixe siècle et témoignages sur les camps ou installations de l'art contemporain.
    Un même projet anime ces parcours croisés : libérer les images des ombres théologiques pour les rendre à l'invention poétique et à ses enjeux politiques.

  • À l'occasion de l'exposition « Riad Sattouf, L'écriture dessinée », Allary Éditions, en coédition avec la Bibliothèque publique d'information, publie un catalogue réunissant 200 oeuvres, choisies parmi les pièces exposées. Planches originales, croquis, scénarios refusés ou abandonnés, reportages dessinés, travaux d'étudiants, storyboard de livres et de films, photographies...
    Présentées pour la première fois, ces oeuvres originales offrent une présentation rétrospective des vingt ans de carrière et de l'univers de cet artiste encore jeune - il a tout juste 40 ans - mais déjà consacré en France et à l'international.

    Le catalogue est enrichi de textes inédits de l'auteur : présentation de la genèse de chacun de ses livres et films, et commentaires de certaines des oeuvres exposées. Ce catalogue est le premier consacré à l'oeuvre de Riad Sattouf.

  • Vie ? Ou théâtre ? constitue un cas unique dans le champ de la création du XXe siècle. Il s'agit de la seule ouvre de son auteur, Charlotte Salomon, jeune Allemande juive née en 1916 et assassinée à Auschwitz en 1942. Réfugiée en 1939 dans la région de Nice, elle assiste au suicide de sa grand-mère, qui se défenestre sous ses yeux. Elle découvre alors qu'elle est issue d'une lignée maternelle marquée par les suicides depuis plusieurs générations. Confrontée par ses origines à la double menace du nazisme et d'une tragédie familiale, Charlotte Salomon choisit d'y répondre en créant, entre 1940 et 1942, un roman graphique composé de 781 planches et de plusieurs centaines de calques. L'ensemble - mêlant gouaches, textes et annotations musicales - remet en scène l'histoire de sa famille depuis la Première Guerre mondiale jusqu'à 1940.

    La force graphique de l'ensemble est frappante, d'autant plus qu'elle n'a été composée qu'à partir des trois couleurs primaires. On retrouve dans certaines gouaches l'influence de George Grosz ou de Modigliani, tandis que d'autres sont des préfigurations troublantes de formes les plus contemporaines du roman graphique. Le projet narratif - où tout se nourrit de son expérience mais se retrouve transmuté - est tout aussi sidérant par sa complexité. À la lecture, Vie ? Ou théâtre ? se présente tout à la fois comme un document historique de premier ordre, une réflexion poussée sur la création artistique et le sens de l'existence, une comédie humaine sur le jeu des passions et un bouleversant roman d'apprentissage d'une jeune femme qui sait sa vie menacée. Parcourue de surcroit d'annotations musicales qui ont amené Charlotte Salomon à présenter sa création comme un Singespiel (un opéra-bouffe), Vie ? Ou théâtre ? est une ouvre d'art totale qui ne présente aucun équivalent.

    La vie et l'ouvre de Charlotte Salomon ont été redécouvertes en France grâce au roman de David Foenkinos paru en 2014 chez Gallimard, Charlotte. Le Tripode avait pour sa part initié ce projet depuis 2013, sous le conseil d'un autre écrivain, Jonathan Wable. Cette édition de Vie ? Ou théâtre ? présente, pour la première fois au monde, l'intégrale de l'ouvre dans une forme qui correspond à ce que l'auteur avait imaginé : un roman graphique.

  • Il existe au japon un jeu de cartes, au xvie siècle, appelé hanafuda.
    Un jeu dans lequel il n'y a ni roi ni reine, mais des iris, des cerisiers et des saules, et aussi des poèmes et des légendes, qui ne sont pas écrits mais que les motifs de fleurs d'arbres, associés à la pleine lune ou à un cerf, font aussitôt surgir à la mémoire de tous les japonais. c'est une véritable mémoire collective des saisons et de la poésie la plus ancienne qui se transmet ainsi, comme un herbier merveilleux révélant tout un réseau de paysages familiers et de référence littéraires.
    Un jeu très populaire, auquel on joue en famille, particulièrement au nouvel an, si unanimement apprécié des japonais qu'une petite société se constitua tout exprès pour le développer. cela se passait en 1889, et ce fut le premier jeu de la maison nintendo.


  • Etudie l'histoire des mouvements artistiques apparus en France depuis 1965 et analyse leurs caractéristiques.


  • « Écrire l'histoire des arts de la Restauration aux premières décennies du XXIe siècle, c'est écrire l'histoire d'une révolution sans fin », écrit Philippe Dagen. En moins de deux siècles, métamorphoses et ruptures, réminiscences et résurrections, innovations et créations, loin de se succéder selon un ordre chronologique linéaire, s'entrechoquent, se superposent, s'affrontent et se brisent.
    Du romantisme à la scène internationale du XXIe siècle, en passant par l'impressionnisme, les avant-gardes, le minimalisme, le pop art et les formes d'art apparues dans les dernières décennies du XXe siècle, cet ouvrage propose :
    - Une introduction revue par Philippe Dagen qui explore la diversité des approches méthodologiques propres à l'étude de la période.
    - Une approche chronologique par grand ensemble avec introduction détaillée exposant le contexte.
    - Une thématique développée par double-page constituée d'un texte courant, d'illustrations et d'encadrés.
    - Un appareil scientifique très précis qui rassemble cartes, plans d'architecture, chronologie, glossaire, index.
    Cette nouvelle édition, augmentée de plusieurs études sur l'architecture, le design, la performance et l'émergence de la scène internationale offre un panorama complet de la période.

  • Qu'est-il arrivé au Désespéré de Courbet ? La chambre de Van Gogh était-elle si bien rangée 30 minutes avant ? Que faisait la Joconde juste avant de poser pour Léonard de Vinci ? ?Mais que s'est-il passé avant le tableau ?

    Les deux tomes des Vraies Histoires de l'art réunis en un seul volume avec plusieurs strips inédits et une nouvelle série de détournements par Marie-Fred Dupré.

    Sylvain Coissard, Alexis Lemoine, Marie-Fred Dupré, Yannick Robert, Céline Guérin.

  • Dans un article paru en 1999 dans Le Débat, Nathalie Heinich proposait de considérer lart contemporain comme un genre de lart, différent de lart moderne comme de lart classique. Il sagissait den bien marquer la spécificité un jeu sur les frontières ontologiques de lart tout en accueillant la pluralité des définitions de lart susceptibles de coexister. Quinze ans après, la "querelle de lart contemporain" nest pas éteinte, stimulée par lexplosion des prix, la spectacularisation des propositions et le soutien dinstitutions renommées, comme lillustrent les "installations" controversées à Versailles.
    Dans ce nouveau livre, l'auteur pousse le raisonnement à son terme : plus quun "genre" artistique, lart contemporain fonctionne comme un nouveau paradigme, autrement dit "une structuration générale des conceptions admises à un moment du temps", un modèle inconscient qui formate le sens de la normalité.
    Nathalie Heinich peut dès lors scruter en sociologue les modalités de cette révolution artistique dans le fonctionnement interne du monde de lart : critères dacceptabilité, fabrication et circulation des uvres, statut des artistes, rôle des intermédiaires et des institutions... Une installation, une performance, une vidéo sont étrangères aux paradigmes classique comme moderne, faisant de lart contemporain un objet de choix pour une investigation sociologique raisonnée, à distance aussi bien des discours de ses partisans que de ceux de ses détracteurs.

  • La Manga d'Hokusai, commencée en 1814 par l'artiste, est un ensemble de 15 volumes réunissant plus d'un milliers de dessins illustrant la vie quotidienne, la faune, la flore, des paysages, et toutes les facettes de l'imaginaire japonais lié au surnaturel. Imprimés sur bois en trois couleurs, noir, gris, et couleur chair, ces volumes de dessins constituent une véritable encyclopédie du monde nippon au début du XIXe siècle mais en même temps reflète un regard souvent humoristique ou fantaisiste caractéristique du génie de Hokusai insurpassable par la vivacité et l'acuité de son trait.
    Pour la première fois, la totalité de ces dessins est reproduite à l'identique de l'édition originale et commentée planche après planche ici par le spécialiste de Hokusai Matthi Forrer, du point de vue anthropologique, artistique et culturel.
    Jusqu'ici cet ensemble n'était connu qu'à travers une sélection de dessins, reproduits le plus souvent en un seul ton, contrairement à l'édition originale, et surtout sans commentaire identifiant le sujet exact de chaque planche. Cette publication fac-similé comprend aussi les trois derniers volumes publiés à titre posthume, dont l'authenticité fait débat.

  • Qui n'a pas éprouvé, devant un tableau, ce sentiment de ne pas posséder les clés pour le décrypter ? Nous ressentons des émotions, mais l'oeuvre semble se dérober. Tournant résolument le dos à l'enseignement traditionnel de l'histoire de l'art, Françoise Barbe-Gall prend pour point de départ les impressions ressenties face à la toile et nous entraîne dans une exploration passionnante. Quel rapport le tableau entretient-il avec la réalité ? L'artiste a-t-il idéalisé la nature ? l'a-t-il déformée ? Le peintre a-t-il voulu provoquer un choc chez le spectateur ? Lui apporter une vision réconfortante ? Grâce à la clarté du propos et à la simplicité de la démonstration - pour subtile que l'analyse soit en réalité - tout devient lumineux et accessible : l'oeuvre s'offre progressivement comme une évidence. Aux textes consacrés aux oeuvres, anciennes ou contemporaines, s'ajoutent des " repères " qui précisent en quelques lignes certains points de référence. Très abondamment illustré, l'ouvrage est aussi un magnifique livre d'art.

  • La Revue Hors Cadre[s] créée en 2007, est unique dans le paysage éditorial. Centrée sur l'album et les littératures graphiques, elle offre des dossiers thématiques de grande qualité, réunissant les meilleurs spécialistes du domaine, dans une écriture accessible, agréable et claire et mis en pages avec une iconographie riche et dynamique. Rien ne prédisposait l'album pour la jeunesse ou la bande dessinée à s'intéresser au réel, contrairement au roman par exemple.
    C'est pourtant aujourd'hui un axe émergeant de la production, y compris dans ses aspects très novateurs, en témoigne le catalogue des éditions Magikon (Norvège), Baobab Books (République Tchèque) ou encore La Ville brûle (Montreuil, France), trois éditeurs qui sont interrogés dans ce numéro sur le rapport de leurs fictions au réel. De ses aspects esthétiques (hyperréalisme, photographie...) à ses implications sociétales (la représentation de la violence ou de la pauvreté), le prochain numéro d'Hors Cadre[s] abordera les oeuvres de Christophe Honoré, d'Olivier Douzou ou encore de Gilles Bachelet, et consacrera une large place à l'utilisation de la photographie.
    La rubrique "World of image" sera consacrée aux publications danoises et la couverture signée Fanny Pageaud.

  • Maîtriser les règles de la perspective est essentiel pour obtenir un dessin crédible. Combiner ces règles à une bonne compréhension du cadrage et de l'éclairage peut s'avérer d'une efficacité redoutable pour créer des images sensationnelles.

    Perspective : dynamisez votre narration vous permettra d'apprécier chaque courbe et chaque élément du réel et de traduire cette vision dans un dessin fondé sur une solide compréhension de la profondeur et des proportions, avec précision.

    Destiné aux artistes dessinateurs (BD, illustration, animation...), cet ouvrage vous livrera étape par étape toutes les connaissances dont vous avez besoin pour construire une narration visuelle captivante : de la compréhension de l'espace dans lequel nous sommes immergés et de la manière dont nous le percevons, jusqu'à la création d'environnements complexes et réalistes.

    Grâce aux explications méticuleuses de Marcos Mateu-Mestre et à ses magnifiques illustrations, ce livre occupera certainement une place de choix près de votre table à dessin - et votre approche de la perspective en sera à jamais changée.

  • Qui aurait donc bien pu prévoir, au soir du 31 décembre 1899, que cent ans plus tard, la peinture et la sculpture ne seraient que des supports artistiques possibles et non plus incontournables. Le mot "art" a été défini et redéfini tant de fois ces 100 dernières années qu'il s'est enrichi de connotations sociales, politiques et techniques tout à fait nouvelles.

    Ce superbe ouvrage encyclopédique, très agréable à lire, couvre tout le spectre des disciplines artistiques, dont la photographie et les nouveaux médias; organisé thématiquement par chapitre, pour mettre en évidence les relations entre oeuvres et mouvements, il remplit parfaitement son objet. Que vous recherchiez le surréalisme, le Land Art, le Fluxus ou le Bauhaus, voici le guide qui vous dispense de tous les autres guides consacrés à l'art du XXe siècle.

    Une entreprise aussi ambitieuse que celle-ci méritait d'être accessible au plus grand nombre, c'est pourquoi nous avons décidé de proposer ce classique dans une édition spéciale en deux volumes plus compacte pour fêter notre 25e anniversaire.

  • Fullmetal Alchemist est indéniablement un grand nom du manga. Grâce à sa version papier et ses deux séries d'animation, cette oeuvre singulière est parvenue à charmer plusieurs générations d'amateurs de mangas dans le monde entier.

    Dans le genre shônen, l'oeuvre d'Hiromu Arakawa fait figure d'exception. Loin de se cantonner aux habituels voyage initiatique et autres quêtes de puissance, elle aborde des thématiques profondes et matures, comme la culpabilité, le stress post-traumatique, la solidarité, les relations familiales, ou encore l'horreur de la guerre et du totalitarisme. Par le biais de personnages hauts en couleur, Arakawa explore ces sujets avec subtilité, dans un monde inspiré de l'Europe du début du XXe siècle, où se côtoient alchimie et industrie.

    Cet ouvrage revient sur la carrière d'Arakawa, détaille les processus de création du manga et des séries d'animation, puis décrypte en profondeur les personnages et thèmes du récit. Il aborde également les produits dérivés, dont les romans et les jeux vidéo.

  • Chefs d'oeuvre ? L'exposition d'ouverture du centre Pompidou-Metz.

  • Limbes

    Rebecka Tollens

    Comme les voies du Seigneur qui nous demeurent impénétrables, celles de la création peuvent l'être aussi parfois. Ainsi de Rebecka Tollens, née à Stockolm, en 1990, que rien ne destinait somme toute à la création artistique. En e?et, se destinant en premier lieu au droit international, et après une mission humanitaire au Ghana et un long voyage en Amérique du Sud, Rebecka Tollens entame une profonde conversion et se lance à Paris dans des études d'illustratrice pour entamer bientôt un parcours artistique personnel et des plus prometteurs, notamment remarqué, en 2015, avec l'exposition Viens ! à la galerie Arts Factory.
    Lorsqu'on l'interroge sur sa pratique, Rebecka Tollens peut répondre : Mes dessins, comme mes rêves, vien- nent donc de moi tout en étant également d'ailleurs. Les mots semblent lâchés : ailleurs et rêves.
    Les dessins de Rebecka Tollens ont le poids, le nombre et la texture du rêve, en e?et. Il ne s'agit pourtant en aucune manière d'une interprétation de rêves (au sens freudien de Traumdeutung), mais bien d'une expérience de rêves, d'un espace occupé, travaillé, dessiné, qui permet l'incarnation de scènes de rêves dès lors que Rebecka Tollens les accompagne et les capture et disparaît dans cette capture pour leur laisser la place. Toutefois, malgré leurs caractères étonnants et presque angoissants, ces rêves ne tournent jamais aux cauchemars. Ils peuvent en posséder, c'est vrai, certaines tournures, certains accents, quelques colorations, sans cependant cesser d'être des désirs réalisés de rêves, des désirs accomplis. Ainsi, ces réalisations dessinées à la mine de plomb, en noir et blanc, laissent-ils comme remonter, à la surface, au jour (très gris), des atmosphères étranges : des extérieurs chargés d'une luminosité blafarde, livide, presque gelée (qui sont peut-être comme des rappels de la Scandinavie natale), des paysages frisant l'inquiétante étrangeté, des intérieurs où des scènes douloureuses semblent se jouer sous nos regards plus qu'impuissants.
    En somme, une énergie tout onirique qui fait de chaque dessin un théâtre qui devient de manière singulière à la fois parfaitement silencieux et bruyant. Tendons l'oreille et ce n'est que silence ; puis bouchons-la et le vacarme et la torture se font entendre dans le lointain, dans ces là-bas ou ces ailleurs qui ne sont pas sans rappeler les limbes, ces territoires à peu près insituables, ces états incertains ou ces régions mal dé$nies, où toutes ces ribambelles d'enfants qui envahissent les dessins de Rebecka Tollens semblent pencher sans $n entre mort et vie.

  • Paris vu par 130 artistes.
    Imaginez un magazine parisien, THE PARISIANER.
    À quoi pourraient ressembler ses couvertures, et quelles histoires originales raconteraient-elles sur Paris ?
    À travers une image, la couverture de ce magazine imaginaire, plus d'une centaines d' illustrateurs ont été invités à exprimer leur vision de Paris : poétique ou caustique, décalée ou réaliste... Paris est abordé sous  tous ses aspects dans ce livre passionnant et surprenant. Les couleurs du Pompidou, la pluie sur Notre-Dame, les touristes et les parisiens, le métro bondé... The Parisianer célèbre de façon inédite et audacieuse la beauté de cette ville éternelle, dont on tombe toujours amoureux.
     

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