Histoire

  • Longtemps, en Occident, le noir a été considéré comme une couleur à part entière, et même comme un pôle fort de tous les systèmes de la couleur. Mais son histoire change au début de l'époque moderne : l'invention de l'imprimerie, la diffusion de l'image gravée et la Réforme protestante lui donnent, comme au blanc, un statut particulier. Quelques décennies plus tard, en découvrant le spectre, Newton met sur le devant de la scène un nouvel ordre des couleurs au sein duquel il n'y a désormais plus de place ni pour le noir, ni pour le blanc : pendant presque trois siècles, ce ne seront plus des couleurs. Toutefois, dans le courant du XXe siècle, l'art d'abord, la société ensuite, la science enfin redonnent progressivement au noir son statut de couleur véritable. C'est à cette longue histoire du noir dans les sociétés européennes qu'est consacré le livre de Michel Pastoureau. L'accent est mis autant sur les pratiques sociales de la couleur (lexiques, teintures, vêtements, emblèmes) que sur ses enjeux proprement artistiques. Une attention particulière est portée à la symbolique ambivalente du noir, tantôt pris en bonne part (fertilité, humilité, dignité, autorité), tantôt en mauvaise (tristesse, deuil, péché, enfer, mort). Et comme il n'est guère possible de parler d'une couleur isolément, cette histoire culturelle du noir est aussi, partiellement, celle du blanc (avec lequel le noir n'a pas toujours fait couple), du gris, du brun, du violet et même du bleu.

  • L'histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes est celle d'un complet renversement : pour les grecs et les romains, cette couleur compte peu et est même désagréable à l'oeil : c'est une couleur barbare.
    Or aujourd'hui, partout en europe, le bleu est de très loin la couleur préférée (devant le vert et le rouge).
    L'ouvrage de michel pastoureau raconte l'histoire de ce renversement. en mettant l'accent sur les pratiques sociales de la couleur (lexiques, étoffes et vêtements, vie quotidienne, symboles) et sur sa place dans la création littéraire et artistique, il montre d'abord le désintérêt pour le bleu dans les sociétés antiques.
    Puis il suit la montée et la valorisation progressives des tons bleus tout au long du moyen age et de l'époque moderne. il insiste notamment sur les enjeux esthétiques, moraux et religieux liés à cette couleur, du xiie au xviiie siècle. enfin il met en valeur le triomphe du bleu à l'époque contemporaine, dresse un bilan de ses emplois et significations et s'interroge sur son avenir.
    Parler du bleu c'est nécessairement être conduit à parler aussi des autres couleurs.
    Celles-ci ne sont donc pas absentes du livre : le vert et le noir, auxquels le bleu fut parfois assimilé ; le blanc et le jaune, auxquels il a fréquemment été associé ou opposé ; et surtout le rouge, son contraire, son complice et son rival depuis le moyen age.

  • Qui est l'homme que Barack Obama cite dans son discours d'investiture et considère comme un exemple à suivre ? Qui est Sévériano de Hérédia, que des esprits chagrins ont surnommé le Nègre de la République ou le député Chocolat pour lui rappeler qu'il n'était qu'un intrus sous les ors de la Troisième République ? Isabelle Dethan et Antoine Ozanam revient sur l'histoire extraordinaire d'un jeune mulâtre chassé de la Havane à 8 ans par une révolte qui menaçait sa famille. La vie parisienne le séduit. Rentier, insouciant jouisseur, il profite de la vie, plaît aux femmes. Sévériano, pour se faire un nom, se pique de critique littéraire, de journalisme pour finir par entrer en politique. Sa carrière le mènera loin : président du Conseil municipal de Paris, député puis ministre des Travaux publics. Ses positions sont souvent en avance sur son temps, il milite pour le vote des femmes, la défense de la laïcité à l'école, il défend les organisations syndicales et fait voter de très importantes lois limitant le travail des enfants. En quittant la politique, Sévériano de Hérédia, qui n'a jamais cessé de faire des affaires, fera la promotion des fiacres à moteurs électriques. Cet album brosse le portrait du premier « maire » noir de Paris comme de la haute société parisienne, au final de celui d'un homme plein de contradictions mais prodigieusement en avance sur son temps.

  • Cuvier reconstituait un squelette à partir d'une dent. Deux siècles plus tard, sur la base d'un minuscule fragment d'os, et grâce à des méthodes génétiques de pointe, la découverte de l'homme de Denisova bouleverse le lignage humain en lui ajoutant une espèce qui ne survit que par les traces laissées dans notre ADN. La paléontologie et l'archéologie sont devenues moléculaires.
    Plus fort que Jurassic Park, où le passé revit dans la fiction, avec le séquençage de l'ADN, la paléogénétique s'est inventé une vraie machine à remonter le temps, inaugurant un extraordinaire voyage scientifique.
    Ludovic Orlando en est un pionnier. Son livre montre comment la génomique, grâce aux progrès fulgurants de la génétique, jette un éclairage inédit sur l'évolution de l'homme - ses migrations, ses sociétés et même ses langues -, mais aussi sur les grandes épidémies du passé, l'évolution du cheval et sa domestication, la naissance de l'agriculture, etc.
    C'est passionnant comme un roman policier : on résout des énigmes, de l'origine de la tortilla au mystère de l'extinction du mammouth et de l'ours des cavernes. C'est politique, aussi : déconvenue des suprémacistes blancs apprenant que l'homme de Cheddar, ancêtre emblématique des Britanniques, avait la peau noire ; usage biaisé de données génétiques contre les Palestiniens ; révélations sur un guerrier viking qui se révèle avoir été... une femme.
    Avec la paléogénomique, science d'avenir révélant un passé qui a des enjeux pour le présent, Ludovic Orlando nous entraîne dans une aventure scientifique éblouissante, aux confins du monde et dans la profondeur des temps.

  • Alors que tous les combattants français de 1914-1918 ont disparu, ce livre s'attache à faire revivre et comprendre leur expérience. Rémy Cazals et André Loez s'intéressent aux hommes des tranchées, aux fantassins, ils explorent tous les aspects de leur terrible quotidien.


    Une telle plongée dans l'univers du conflit est rendue possible par les nombreux témoignages que ces hommes ont laissés, carnets, souvenirs et lettres, et qui sortent depuis quelques années des tiroirs où ils dormaient. Ce livre veut donner la parole à ces hommes directement : ils ne sont pas vus et racontés ici par leurs chefs, par des observateurs prudemment restés à l'arrière, ou par ceux qui étaient sur le front avec l'intention de produire une oeuvre littéraire. Ces hommes ordinaires disent avec précision, parce qu'ils l'ont vécue, l'horrible réalité de la vie matérielle, dans la boue, sous les obus ou face aux balles des mitrailleuses, leurs réactions à la violence commandée et subie, l'expression de leurs sentiments, de leurs espoirs, de leur désespoir. Ce qu'ils pensent de la guerre et de la paix, de leurs chefs et des gens à l'arrière. Comment ils se comportent vis-à-vis de leurs ennemis. Les valeurs qui apparaissent dans leurs récits sont celles de la vie civile en temps de paix, confrontée aux exigences d'une guerre inhumaine.

  • À partir d'un remarquable travail dans les archives de toute la France, pour beaucoup inédites, Ludivine Bantigny restitue l'énergie des luttes, des débats, des émotions et des espoirs portés par les protagonistes de 68 : toutes celles et tous ceux - ouvriers, étudiants, militants mais aussi danseurs, médecins, paysans, artisans, poètes d'un jour, et les femmes à parts égales avec les hommes - qui ont participé au mouvement. Elle s'intéresse aussi à « l'autre côté » : la police, le pouvoir et les oppositions à la contestation.

    À travers la diversité des pratiques, les événements sont ici restitués au vif, dans toute leur intensité : il s'agit de revenir précisément aux faits, aux projets, à l'inventivité, à tout ce qui a été imaginé, de grand et de petit, pour réellement « changer la vie ».

  • Des centaines de livres ont été écrits sur Picasso. Mais rares sont ceux qui lui donnent la parole. Ici, c'est la voix de Picasso que l'on entend parler librement de politique, des femmes, du monde de l'art, d'argent, de la vie.
    Cet immense artiste est aussi - mais qui peut en douter - un intellectuel, à tout le moins un homme hors du commun, qui aime discuter, se confronter et affirmer ses convictions. On découvre qu'il manie redoutablement la formule assassine, le trait d'humour, la maxime et l'historiette. On savoure les propos tenus par Picasso à Braque ou Matisse, à ses innombrables amis poètes comme Cocteau, Éluard, Prévert, et, plus rarement, à des journalistes.
    Les souvenirs et confidences rapportés par sa compagne Françoise Gilot, par son ami le photographe Brassaï, par son principal marchand Daniel-Henry Kahnweiler, par sa camarade Hélène Parmelin et par bien d'autres tissent un livre éclairant et surprenant.
    Sous la plume lumineuse de Laurent Greilsamer se dessine une face méconnue de l'artiste. Le monde de Picasso respire sur les cimaises des musées du monde entier, mais c'est aussi un monde de mots à lire de toute urgence.

  • « Cogito ergo sum », « Fluctua nec mergitur », « Tu quoque fili », « Veni, vidi, vici »... Autant d'expressions latines maintes fois lues ou entendues mais dont le sens demeure finalement assez méconnu. Utilisées avec plus ou moins de sérieux, détournées de manière complètement farfelue ou encore répétées à l'envi, ces expressions prennent une dimension des plus humoristiques dès lors qu'elles sortent de la bouche des personnages de la plus célèbre des BD. Pour la première fois, les expressions latines des albums d'Astérix sont rassemblées, expliquées et illustrées, pour que nos irréductbles Gaulois nous prouvent que le latin n'est pas une langue si morte que cela !

  • Histoire

    Guillaume Mazeau

    • Anamosa
    • 6 Février 2020

    L'histoire est une des plus anciennes activités humaines. Et pourtant, elle est tout sauf immobile : ses formes et son rôle n'ont cessé d'évoluer. Ce qui définit notre temps, c'est que l'histoire est partout : elle s'est démocratisée, investissant tous les domaines de la culture collective. Devant le sentiment d'accélération, de déclin ou de fin du monde, le passé a par ailleurs pris un poids inédit dans nos sociétés. Divertissement, outil de connaissance, l'histoire est devenue un formidable enjeu de pouvoir, faisant l'objet d'instrumentalisations intensives. Or dans le même temps, des conceptions conservatrices de l'histoire tentent de s'imposer : « fin de l'histoire », « roman » ou « récit » national, « crise », « réforme », « fake news » ou « postvérité », autant de mots qui nourrissent de nouvelles formes de confiscation de l'histoire commune. Face à ces discours, il serait contre-productif de réserver l'histoire à l'histoire savante des historiens, ou de prétendre qu'elle devrait se désintéresser du présent. Si toute histoire ne se vaut pas, si l'histoire ne peut pas tout, il ne faut pas céder à l'impression que nous serions impuissants devant elle : il est temps d'en rouvrir les portes et de la ressaisir comme un outil de connaissance et d'émancipation collective, comme une activité critique et partagée de la vie sociale. Dire cela, ce n'est ni l'affaiblir ni exagérer sa puissance, c'est au contraire, et à la condition expresse de respecter quelques règles, lutter contre toutes les formes de dépossession.

  • Alors que l'on ne cesse d'annoncer sa fin, Thomas Legrand décrypte 60 ans d'un régime controversé.
    Notre façon de faire de la politique, la nature de nos débats, tout ce qui anime, au jour le jour, le feuilleton de la politique que les Français aiment détester et détestent aimer est le fruit de la V e République, imaginée par le général de Gaulle il y a 60 ans pour sauver la France.

  • Che

    Jon Lee Anderson

    • Vuibert
    • 13 Octobre 2020

    7 juillet 1953, un jeune médecin tout juste diplômé fait ses adieux à sa mère sur le quai de la gare de Buenos Aires. Ernesto Guevara part pour un voyage qui changera son destin. Deux ans plus tard, au Mexique, il croise la route d'un révolutionnaire cubain, Fidel Castro. Et le voilà embarqué, de nuit, un soir de novembre 1956, sur un bateau de fortune qui le mène à Cuba. Là-bas, dans ce pays qui n'est pourtant pas le sien, Guevara construira sa légende et deviendra le Che : guérillero, comandante, tombeur de la dictature, défenseur du peuple, implacable chef révolutionnaire et ennemi juré de l'impérialisme américain.

  • Fantasmâlgories

    Klaus Theweleit

    • L'arche
    • 3 Février 2016

    Ce livre, encore inédit en France, est devenu un livre incontournable et unique en son genre. Mêlant allègrement histoire, psychanalyse et gender studies, il nous plonge au coeur de l'âme virile et de sa dérive fasciste, avec de nombreuses illustrations (de l'affiche de propagande à la planche de Comics). Un mélange absolument détonant.

  • 4 juin 1968, Los Angeles. La primaire du Parti Démocrate vient de s'achever. Alors qu'il attend les résultats du scrutin de Californie, Robert F. Kennedy, sénateur américain, s'entretient avec un journaliste pour parler de la dynastie Kennedy, et plus particulièrement du destin de son frère, le président John Fitzgerald Kennedy, brutalement assassiné en 1963 à Dallas.

    Par sa jeunesse, son charisme, les moments de l'Histoire qu'il a su incarner et sa fin tragique, JFK fait partie des leaders politiques qui sont entrés dans la légende. Construit en flashes-back successifs, cet album retrace tous les grands épisodes de sa carrière politique, dévoilant la façon dont il a révolutionné l'utilisation de l'image présidentielle (omniprésence dans les médias), mais également son apport à la politique intérieure (lutte contre la ségrégation raciale, la pauvreté...) et extérieure (crises de Cuba, discours de Berlin) de son pays.

  • Cathédrale Cardon

    Cardon

    Un homme nu marche seul, muni d'un modeste baluchon. Le long d'un chemin imaginaire, il a comme unique compagne la pierre taillée de l'édifice, abritant, au détour des coursives de l'immensité minérale, son cénacle personnel, composé tantôt de fantômes du passé, tantôt d'artéfacts mémorables. Introduit par une éclairante préface qui porte sur l'enfance de Cardon sous l'occupation allemande, Cathédrale décortique sur plus de cent-vingt dessins au style précis, fouillé et d'une fascinante intensité, sa vie d'artiste engagé. Ces dessins, commencés dans les années 1980, relatent les moments marquants de la jeunesse avec ses incompréhensions, ses plaisirs et ses peurs, et se muent vers l'âge adulte dans un ensemble composé d'influences artistiques, d'échappées nécessaires et d'un dégoût de la religion, des politiques et leurs fiascos successifs. Mais surgissent parfois également les espoirs. Cathédrale est un projet hors norme qui relève de la geste testamentaire. Synthèse graphique et symbolique du fameux style Cardon du Canard Enchaîné, ce livre crée un pont entre son travail d'auteur de bandes dessinées que les lecteurs ont pu découvrir dans les pages de L'Humanité Dimanche dans les années 1970 et ses dessins grands formats publiés au compte-goutte dans les différentes revues de Frédéric Pajak. À l'image de Notre-Dame de Paris, qui fut le premier choc esthétique de Cardon, Cathédrale est un monument : l'oeuvre d'une vie d'un dessinateur exceptionnel.

  • Elles s'appellent Inessa, Clara, Nadia, Magda... Ils s'appellent Lénine, Mussolini, Staline, Hitler... Ils les violentent et les adulent, mais se tournent invariablement vers elles. Épouses, compagnes, égéries, admiratrices, elles ont en commun d'être à la fois triomphantes, trompées et sacrifiées. À leurs hommes cruels, violents et tyranniques, elles font croire qu'ils sont beaux, charmeurs, tout-puissants. Car la sexualité est l'un des ressorts du pouvoir absolu.
    Diane Ducret raconte par le menu les rencontres, les stratégies de séduction, les rapports amoureux, l'intervention de la politique et les destinées des femmes qui ont croisé le chemin et sont passées par le lit des dictateurs.

  • Empereur, Napoléon légua à la France l'Arc de triomphe, le baccalauréat, Napoléon III et la betterave à sucre. Ce n'est certes pas rien. Mais qui était vraiment l'homme sous le bicorne ?
    Un despote solitaire, un grand romantique ou un facétieux petit plaisantin ? À l'occasion du bicentenaire de Waterloo, levons le voile sur un Napoléon intime, à la vie sentimentale fort agitée, et répondons à la question que tous les Français, petits et grands, se posent : pourquoi diable glissait-il la main sous sa redingote ?. Délicieusement impertinent, Le Petit Napoléon illustré est un sommet de drôlerie. À l'instar des plus grands cartoonistes (on pense à Steinberg et Chaval), la désarmante simplicité du dessin de Pierre Étaix, d'une rigueur savoureuse, fait mouche à tous les coups.

  • Il était une fois les révolutions regroupe les textes que l'historienne Mathilde Larrère a écrits initialement pour ceux qui la suivent sur Twitter ou dans ses chroniques, sur le thème des révolutions. Elle nous fait vivre, à leurs dates anniversaires, le récit des luttes qui ont contribué à émanciper les peuples et les fait résonner avec les combats d'aujourd'hui.
    Il était une fois la Révolution est une merveille d'habileté, mêlant exigence historique et humour. L'énergie communicative de l'autrice redonne toute sa force au courage de ces héros et héroïnes du passé.
    Le lecteur peut piocher, mois par mois, dans les récits : révolutions du XIXe et du XXe?siècles, anecdotes surprenantes, faits historiques méconnus, chansons, slogans, tags, recettes de cuisine... Ces textes nous parlent des révolutions du monde entier et de celles et ceux qui ont lutté pour la liberté, et du devenir de leurs espoirs. Une chronologie et un index permettent des recherches thématiques. L'ouvrage est enrichi d'illustrations.
    Révolution française, Haïti, 1830, 1848, La Commune, Mexique, Russie, Allemagne, Chine, Cuba, mai?1968, Portugal, etc.

  • Dans cette analyse globale variant les échelles géographiques et les regards, une jeune historienne, Bibia Pavard, revient sur les événements de mai et juin 1968.
    S'arrêtant d'abord sur les contextes (locaux, nationaux, internationaux) d'émergence d'une contestation multiforme, elle décrit ensuite comment se sont embrasées les villes, mais également les campagnes. Après le temps suspendu de mi-mai à mi-juin, marqué par les grèves, les occupations, les violences et la créativité, vient le temps de la reprise du travail, des tensions politiques et des élections législatives qui, fin juin, sonnent le retour à l'ordre.
    Or, pourquoi, un demi-siècle plus tard, cet événement suscite-t-il encore autant de polémiques ? Quels en sont les enjeux mémoriels ? Si le souvenir de cette période fondatrice, qui a « changé la vie » de toute une génération, perdure sous des formes politiques et culturelles diverses, c'est que Mai 68, plus qu'une date, est aussi et surtout un « esprit ».

  • Parcours libre, vif et allègre, ce livre se nourrit de la double expérience de l'auteur comme historien de la vie politique et culturelle et comme praticien des médias, investi de plusieurs responsabilités importantes.
    Il raconte comment les sociétés occidentales ont organisé, au cours des âges, leur connaissance d'elles-mêmes et des autres. Il retrace l'essor de la liberté de la presse si difficilement conquise, décrit la diversité des efforts déployés de tout temps par les acteurs, publics ou privés, pour influencer les journaux d'abord, puis la radio et la télévision - jusqu'à Internet. Il offre, enfin, à partir du passé proche ou lointain, une riche matière à la réflexion des citoyens soucieux d'affronter les révolutions qui sont en passe de bouleverser la communication planétaire.

    Quatrième édition revue et augmentée

  • Paris, 1911. Paul Grappe et Louise Landy s'aiment et se marient. Survient la guerre. Paul déserte, se travestit en femme pour ne pas être arrêté et, pendant dix ans, aux yeux de tous, vit avec Louise sous l'identité de ... Suzanne Landgard. En 1925, avec l'amnistie, Suzanne redevient Paul. Pour le couple, les choses commencent à se gâter...
    À partir d'archives étonnantes, Fabrice Virgili et Danièle Voldman racontent la tragique histoire de Paul et Louise, une histoire qui brasse les questions des traumatismes de guerre, de l'homosexualité, de la virilité, des violences conjugales et de la complexité des sentiments amoureux.

  • 2500 ans d'Histoire.
    Depuis sa création, la saga Assassin's Creed® est devenue une porte d'entrée dans l'Histoire pour des millions de joueurs à travers le monde. Les guerres du Péloponnèse, l'Égypte de Cléopâtre, l'Italie du Quattrocento, les pirates des Caraïbes, la Révolution française ou le Londres de la reine Victoria sont des terrains de jeux, mais également des temps forts de notre Histoire.
    Pour la première fois, un livre associe les magnifiques illustrations du jeu vidéo à des textes écrits par des historiens de renom, collaborateurs réguliers du magazine Historia.
    Une plongée dans l'Histoire, aussi belle qu'instructive.

  • Plus de 500 spécialistes ont participé à la réalisation de cet ouvrage de plus de 2400 pages présentant, en un seul volume, l'ensemble des civilisations qui se sont développées autour du bassin méditerranéen. Les 3 200 articles couvrent la période allant de la fin du IVe millénaire avant notre ère jusqu'au règne de Justinien (milieu du VIe siècle après J.-C.). Ils sont autant d'invitations à participer à un périple culturel dans le temps et l'espace, dont les principales étapes sont l'Egypte pharaonique, le Proche-Orient asiatique, la Grèce, Rome et la bordure septentrionale de l'Afrique.
    " La rédaction d'un dictionnaire de l'Antiquité, si elle répond à une exigence intellectuelle, paraît une tâche herculéenne. Une exigence intellectuelle, parce que toutes les civilisations issues de la Mésopotamie, de l'Egypte, de la Phénicie, de la Grèce et de Rome remontent par leurs aïeules à l'Antiquité. Une tâche herculéenne, parce que tout dictionnaire repose sur des choix, et, si la continuité culturelle des civilisations antiques successives est indéniable, comment choisir 3 200 entrées dans un univers si vaste ? L'équipe de chercheurs menée par Jean Leclant a répondu de la façon la plus brillante à l'apparent écueil du choix des entrées par la réfutation d'un lieu commun. On affirme souvent qu'un dictionnaire ne se lit pas, mais se consulte ; or, le Dictionnaire de l'Antiquité repose sur l'unité et la multiplicité des correspondances, qui sont autant d'échanges culturels et de germes de civilisation. Un article ne se lit pas seul, mais dans la perspective des renvois auxquels il invite, qu'il s'agisse de la postérité ou de l'ascendance d'un concept ou bien de la perspective nouvelle que fait naître la découverte ou la redécouverte d'un homme, d'un lieu ou d'un Etat. Aucun ouvrage ne saurait à lui seul définir l'Antiquité dans son ensemble, mais un dictionnaire lu à la manière d'un périple dans la pensée antique peut faire sentir et donner à penser l'unité de l'Antiquité. Outre ce périple intellectuel au gré des renvois, le Dictionnaire de l'Antiquité est le vade-mecum de l'antiquisant, pour des entrées qui présentent les personnages éminents et définissent les notions essentielles de l'Antiquité. Les idées et les noms les plus fréquents et les plus importants, le fonds commun des auteurs de l'Antiquité et de ses commentateurs aident en outre l'antiquisant dans sa découverte des Anciens. " (P. Prigent) Publié sous la direction de Jean Leclant, professeur honoraire au Collège de France, secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vice-président de la Commission nationale française de l'UNESCO, ancien président de la Société française d'égyptologie.
    Comité scientifique : Jean Andreau (Rome) - Pierre Bordreuil (Levant) - Luc Brisson et Monique Canto-Sperber (philosophie) - Michel Humbert (droits grec et romain) - Anne Jacquemin (Grèce) - Luce Pietri (Antiquité tardive) - Olivier Rouault (Mésopotamie) - Monique Tredié (littératures grecque et romaine) - Dominique Valbelle (Égypte).

  • Le 17 novembre 2013, au cours d'un repas en petit comité organisé à Tel Aviv en présence de François Hollande et de Benjamin Netanyahou, une artiste locale interpréta la chanson de Mike Brant « Laisse-moi t'aimer ». Au moment du toast, le président de la République française se refusa à entonner une chanson. Mais il rendit hommage au Premier ministre israélien : « Pour l'amitié entre Benjamin et moi-même, pour Israël et pour la France, même en chantant aussi mal que je chante - car je chante mal -, j'aurais toujours trouvé un chant d'amour - d'amour pour Israël et pour ses dirigeants. » Cet épisode, passé inaperçu à l'époque est révélateur des relations étonnantes que la France entretient avec Israël et, par conséquent, avec la Palestine. C'est cette relation spéciale, faite d'amours et de haines, de tensions et non-dits, de collusions et d'incompréhensions qu'explorent dans cette bande dessinée le journaliste Alain Gresh, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique et spécialiste reconnu du monde arabe, et Hélène Aldeguer, dessinatrice et illustratrice.
    L'ouvrage, qui paraîtra cinquante ans après la guerre des Six-Jours (juin 1967), raconte un demi-siècle de relations franco-israélo-palestiniennes. Il dévoile non seulement comment Paris a joué un rôle diplomatique central dans le conflit israélo-arabe, depuis plusieurs décennies, mais également comment ce conflit est très tôt devenu une « passion française », agitant les milieux politiques, intellectuels, médiatiques, artistiques et militants. Depuis cinquante ans, et plus intensément encore qu'on ne le croit, expliquent les auteurs, la question israélo-palestinienne est au coeur de la société française.
    Le travail d'Alain Gresh, scénariste de l'ouvrage s'appuie sur des recherches approfondies dans les archives de la diplomatie française et dans la production des médias hexagonaux (presse écrite, télévision, radio, cinéma, brochures militantes, etc.). Grâce à la documentation exceptionnelle qu'il a rassemblée, ce livre permet de comprendre les grandes étapes des relations que la France entretient à la fois avec Israël et avec la Palestine tout en revenant sur des épisodes oubliés, méconnus, voire inconnus, mais emblématiques de l'amour que la société française entretient avec le Proche-Orient.
    L'ouvrage est destiné à la fois aux néophytes et aux connaisseurs. C'est dans le but de s'adresser à un public large et exigeant que les auteurs ont choisi de raconter cette histoire sous forme graphique sans pour autant avoir recours à la fiction (les propos des personnages sont tous authentiques). Et pour bien souligner la « passion française » dont il est question dans le livre et les déchirements nationaux qu'elle ne cesse de provoquer depuis des décennies, la dessinatrice Hélène Aldeguer a choisi de restituer cette histoire en jouant sur les effets saturés et contrastés de trois couleurs symboliques : le bleu, le blanc et le rouge.

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